vendredi 31 janvier 2014

20807: Montréal 4 Boston 1

Le graphique suivant (provenant de l'excellent site extraskater.com) fait régulièrement le tour de la place sur Twitter et il mérite d'être examiné. Il s'agit d'une représentation de l'utilisation des joueurs des Blackhawks de Chicago croisant les départs en zone offensive (axe horizontal), la qualité des adversaires affrontés (axe vertical) et le différentiel des tirs au but (grosseur et couleur du cercle; bleu = positif, rouge = négatif).
Comme on le voit, la quatrième ligne des Blackhawks remplit un rôle précis: prendre des mises en jeu en zone défensive lorsque les meilleurs éléments de l'adversaire ne sont pas sur la glace. La formule semble fort bien réussir à Chicago. Le schéma n'est pas étranger à ce qu'on retrouvait l'an dernier chez le CH:
On voit comment White, Armstrong et Moen remplissaient un rôle similaire. Cette saison, le graphique est complètement différent:
La prépondérance du rouge et le tassement des pourcentages de départs en zone offensive illustrent pleinement l'effondrement territorial du CH. Outre White, on constate que le 4e trio de l'an dernier a été démantelé en personnel et en responsabilités, désormais il s'agit d'un repaire pour joueurs en sursis (Brière) et pour pylône inutile (Parros). À droite, en bas, pointe un cercle rouge vif: Douglas Murray, de loin le joueur le plus favorisé en mises en jeu en zone offensive, aussi le défenseur affrontant le moins possible les meilleurs éléments adverses.

Ces deux graphiques illustrent parfaitement le problème bien réel que semble avoir Therrien. Son alignement, l'an dernier construit pour favoriser la production offensive de certains éléments doués, mais vulnérables en défensive (Desharnais, Galchenyuk, Gallagher), en transférant la job de bras vers un 4e trio construit pour les tâches ingrates (Moen, White, Armstrong) est désormais utilisé pour protéger les éléments les plus faibles des meilleurs éléments adverses. Et c'est le résultat de choix conscients! On a laissé partir Armstrong, on a acquis Parros et signé Murray.

Pendant ce temps, un joueur comme Brière crève aujourd'hui la gueule ouverte en jouant des minutes semi-défensives contre de très bons adversaires, alors qu'il est fait pour les minutes de Desharnais. Qu'on aie construit volontairement le club d'une façon qui s'est avéré être une réussite pour ensuite renverser les tâches suite à une défaite en séries due, au fond, aux blessures et à un gardien transcendant, n'en finit plus de me surprendre.

Therrien est revenu hier à un mode d'utilisation (Eller et Pleks braqués en zone défensive, Desharnais en zone offensive, les défenseurs qui "pinchent") qui lui a bien réussi par le passé. Pourquoi s'en être éloigné pendant 20 matchs? Les choses semblent maintenant se replacer, Therrien ayant notamment renoncé aux expériences les plus stupides (Murray contre Ovechkin, je n'en reviens toujours pas...). Mais combien de temps cela durera-t-il, avant que le coach ne reparte sur une balloune?
  • Plekanec a donc été enterré en zone défensive hier soir. Sa soirée fut rendue plus pénible par le fait que Therrien a décidé d'envoyer Bergeron constamment contre lui. Peu de chances générées, donc, et un déficit substantiel au temps de possession. Peu de chances accordées aussi, par contre, seulement 3 en 15 minutes. On va le prendre. Bournival peut mettre son excellent échec avant en valeur avec Pleks et Gionta, j'espère donc qu'on le gardera à là pour un moment.
  • Desharnais a hérité d'une part importante de mises en zone offensive, ce qui a d'autant accentué le fait que son trio connaissait un match du tonnerre: 4 chances à leurs 4 premières présences, 10 au total contre une seule concédée. Le grand Chara n'a jamais réussi à s'imposer contre eux et Pacioretty (4 chances) et Gallagher (5) menant la charge.
  • Performance en dent de scie pour Eller avec Bourque et Prust, mais une fois le #8 banni sur la 4e au profit de Moen, les choses ont décollé. 5 chances pour le pauvre Bourque, incapable d'acheter un but. Loin des défenseurs de premier plan, le gros Rene peut encore générer des choses. Faut juste pas le mettre dans les minutes dures.
  • Non seulement la 4e a-t-elle généré un but (un snap de la ligne bleue, mais un bel écran de Parros, quand même), mais Parros a eu une chance de marquer. Y gèle en enfer. Ça veut surtout dire que Therrien va s'enhardir dans leur utilisation (on les a vu longtemps en 3e). Que du bonheur en perspective.
  • Gorges et Subban ont eu moins de glace qu'à l'habitude, est-ce que Therrien en avait marre des pénalités de PK? Je ne saurais dire. Mais chose certaine, ils ont fort bien travaillé lorsqu'on a fait appel à eux. Des 11 tirs accordés lorsqu'ils sont ensemble sur la glace, deux seulement sont bloqués et un seul est une chance de marquer. Bref, ils ont limité les Bruins à des tirs en périphérie, et ce, malgré 3 dégagements refusés en leur présence.
  • Markov et Emelin ont ramassé le gros du travail, prenant 8 mises en zone défensive et passant le trois quarts du match contre le top-6 de Boston. S'ils ont donné beaucoup de temps de glace à l'adversaire dans leur zone (notamment avec Eller et Prust) et beaucoup de tirs, encore une fois c'était souvent en périphérie: sur 29 tirs (!), 7 furent bloqués, 6 des 22 autres étant des chances de marquer. Pas super efficace, mais ils ont fait ce qu'ils ont pu dans des circonstances un peu trop difficiles pour eux. Reste que le fait qu'Emelin semble enfin avoir trouvé ses marques est un immense soulagement.
  • Murray et Beaulieu ont joué contre le fond d'alignement des Bruins qui, il faut le dire, n'est plus ce qu'il était. Ajoutons une bonne dose de mises en zone offensive, et les résultats furent fort convenables. Beaulieu prend du poil de la bête, une chance de marquer et on l'a vu appuyer l'attaque avec plus de ferveur. Mais c'est Murray qu'on va encenser, lui donnant le mérite de jouer au "mentor" pour l'autre, je suppose. Alors on continue à être pris avec ce piochon et Beaulieu de son mauvais côté alors que Diaz pourrait pousser le jeune du bon bord et lui donner un meilleur partenaire. Diaz n'est pas Yannick Weber, il a quand même prouvé (sous 3 entraineurs, quand même) qu'il peut prendre des minutes de deuxième paire dans la LNH. Or, il semble bien qu'il ne sera plus utilisé et échangé quelque part. C'est absurde et c'est le genre de choses qui fait stagner un club: un jeune émerge, on tasse un joueur utile pour lui faire de la place et on garde en place un joueur nuisible parce qu'il est gros. On l'a fait avec Parros, Armstrong et Bournival, on le fait maintenant avec Murray, Diaz et Beaulieu. C'est bête à manger du foin.







mercredi 29 janvier 2014

20800: Caroline 0 Montréal 3

Les Hurricanes complétaient avec le match d'hier soir une séquence de 5 matchs en 7 soirs et deux matchs en deux soirs. On parle aussi d'une défensive comprenant John-Michaels Liles sur sa deuxième paire et Komisarek sur la 3e, donc pas précisément une puissance de la ligue. Il y a un mois, on aurait surtout craint que le CH ne prenne cet adversaire à la légère. C'est dire à quel point la crise qui secoue le club présentement est profonde: ils ont commencé le match le pied au plancher.

À défaut d'habiller ses meilleurs joueurs, Therrien a cette fois-ci eu la décence de faire jouer les meilleurs ensemble et de donner un minimum de glace aux autres. Encore ici, je suis surpris de voir à quel point ce simple fait m'a rempli d'allégresse. La barre est rendue franchement basse.
  • Bournival réuni avec Plekanec et Gionta, donc. Jouant contre les frères Staal (donc contre les deux premiers trios) et ne prenant que des mises en zone défensive ou presque, ils sont eu l'avantage aux tirs et fait un score parfait aux chances de marquer, +5/-0. Et encore, c'était plus ou moins aligné. On les a souvent vus amorcer des séquences de carrousel en fond de zone offensive, séquences qui n'aboutissaient à rien parce que personne n'allait dans l'enclave. C'était surtout patent en début de match. En deuxième et en troisième, on les a vus prendre graduellement le contrôle du centre de la glace. Bournival est à sa place avec les deux autres, j'espère qu'on ne le déplacera que pour y mettre Eller chassé du centre par Galchenyuk.
  • Légère poussée aux mises pour Desharnais (+5/-3) qui a lui aussi solidement vissé les 'Canes (+7/-1 aux chances). Fait à noter, ils ont franchement ramassé les frères Staal, mais se sont fait planter dans leur zone par la 3e ligne adverse. Explication? Je ne sais pas. Ils ont joué avec Markov et Emelin contre les Staal, avec Beaulieu et Murray contre la 3e, mais ils ont aussi eu leur lot de difficultés avec Gorges et Subban. Coudon.
  • Eller de retour au centre, ce qui à court terme était inévitable. Match passablement difficile pour ce trio qui, avec Markov et Emelin, a surtout semblé souffrir contre le cadet des Staal. Ça n'augure rien de bon pour les missions défensives contre les clubs ayant de la profondeur (hello, Boston!), mais on peut espérer que ça se tasse.
  • Moen a fait un job exceptionnel en compagnie de Pleks en désavantage numérique. Brière a fait une belle passe à Parros qui n'a pu tirer au but en première, mais outre ça, le 15 et le 48 ont eu l'air d'effroyables piments tout au long de la soirée.
  • Ils n'ont pas donné beaucoup de chances, mais Subban et Gorges se sont fait planter dans leur zone tout au long de la soirée. Inhabituel, mais, à moins que Gorges ne soit soudainement devenu inefficace (ça existe, les morts subites de défenseurs au tournant de la trentaine, hélas), ça va se tasser plus tôt que tard.
  • Tout un match de Markov et Emelin. Si ces deux-là montent en régime, c'est un immense poids qui s'enlève des épaules du reste de la défensive. C'était une équipe de fond de classement et, avec Eller, ils se sont fait éviscérer aux tirs, alors attendons un peu.
  • Beaulieu, depuis son rappel, avait fait +12/-12 aux chances et, outre un +1/-4 avec Bouillon à son premier match, a fait de très belles choses, notamment avec Gorges. Parce qu'ils ont bloqué 8 tirs et que 4 des 6 tirs tentés par le CH en leur présence se sont avérés des chances, le décompte des chances fait mirage. Ils se sont fait planter par la 3e et ont souvent, au-delà des nombres, eu l'air perdus et dépassés. C'est le genre de match qui pousse les observateurs superficiels (et les mauvaises organisations) à dire d'un jeune comme Beaulieu, qui joue avec un pylône sur son mauvais côté, qu'il a l'air "hésitant", qu'il est "inconstant". Partout où il passe, Douglas Murray sème le chaos et les chances de marquer contre son club et il semble que la seule chose qui puisse arracher Therrien à cette pulsion autodestructrice qui le pousse à faire jouer le gros suédois soit une blessure. Or, force est de l'admettre, le gros Douglas semble indestructible et prive ainsi le CH d'un troisième duo (Diaz et Beaulieu sur son bon côté) qui mettrait certainement à profit le solide dosage de mise en jeu en zone offensive que leur réservent les entraîneurs pour mettre à feu et à sang les fonds d'alignements adverses. Quelle horreur, quelle désolation, quel gaspillage.






dimanche 26 janvier 2014

20777: Washington 5 Les Misérables 0

Oh la belle crise...

La première période n'était pas si mal, mais l'équipe n'arrivait pas à convertir ses belles poussées en chances de marquer. C'est souvent le signe d'une équipe dont les actions offensives sont trop rares, ce qui en retour pointe vers un jeu désarticulé en zone neutre. Les Capitals ont cassé la nuque du club avec quatre buts en deuxième, dont deux (le deuxième et le quatrième) n'étaient pas des chances de marquer. Ça arrive.

Le problème n'est pas selon moi à chercher du côté des joueurs qui ont "abandonné". Même lorsqu'ils essayaient en première, les chances ne venaient pas. Le problème, depuis quelques mois maintenant, est dans l'utilisation du personnel et l'assignation des responsabilités. La situation n'est pas aussi désespérée qu'on pourrait le croire, parce que s'il s'acharne sur certains appuis qui ne fonctionnent pas, Therrien continue aussi à apporter des ajustements qui sont prometteurs à court terme.

  • L'ajustement majeur des derniers matchs, c'était Eller à gauche de Plekanec. Les résultats ont été moyens hier, mais je dois dire qu'au-delà des chiffres, ce trio est prometteur (Eller a encore obtenu deux chances hier). Mais le reste de l'alignement souffre trop, en l'absence de Galchenyuk, du retrait du grand Danois de la ligne de centre. On a donc ramené Bournival à sa place en 3e. Ce dernier a fort bien fait.
  • La principale arme offensive du CH est présentement enrayée. C'était avant-hier dû à une confrontation avec le grand Zetterberg en étant appuyé d'un duo défensif effroyablement dépareillé. C'était hier dû à une explicable décision prise par Therrien: à Plekanec, surtout avec Bournival, les mises en zone offensive et à Desharnais les mises en zone défensive. On peut croire que l'incurie défensive du 3e trio et la nécessité de protéger la 4e y est pour quelque chose. Toujours est-il, utilisé dans un contre-emploi absolu, le trio de Desharnais n'a rien cassé aux chances, malgré une belle performance aux TVF et aux entrées de zone, signe qu'au moins ils remontaient la pente.
  • Brière, encore une fois, a été envoyé au centre de la 3e ligne et, encore une fois, il a implosé. Suprême insulte pour ce joueur autrefois formidablement dangereux contre les fonds d'alignement adverse, c'est Prust qui l'a d'abord remplacé. Une fois Prust sorti du match (Prust qui, alors, jouait au centre!), Therrien a ramené Eller au centre. Entre Brière et Bourque, le grand danois a immédiatement fait parler la poudre contre le médiocre fond d'alignement des Caps. C'est dire à quel point Brière est fini. Les blessures à White et Galchenyuk le gardent dans l'alignement, mais la fin approche.
  • Tenu loin des choses sérieuses, le 4e trio a fort bien fait. Encore une chance de marquer pour Louis Leblanc et un jeu plus assuré le long des bandes. White en a encore pour un moment et c'est la petite ouverture à travers laquelle le #71 doit se faufiler pour convaincre le coach de sortir Brière ou Bourque. Pas évident, mais pas impossible. Autre chose: je pense, je dis bien, je pense, que cette défaite, en précarisant la position du coach, nous débarrasse définitivement de Parros.
  • Ovechkin, qui joue sur une jambe, a dû hurler de rire en apprenant qu'il ferait face à Murray. Therrien a fini par entendre raison et est revenu à Subban/Gorges en deuxième, mais l'équipe a quand même implosé. C'est la fin, espérons-le, d'une expérience stupide et nuisible.
  • Le point d'origine des déboires du CH, je l'ai souvent écrit, se trouve dans la décision de donner à Emelin la tâche de défenseur droitier sur un duo qui couvre les meilleurs éléments adverses. Les horribles résultats obtenus avec Gorges ont contrait Therrien à séparer Subban et Markov et depuis, l'équipe s'enfonce. Hier soir, ils n'ont pas si mal fait, connaissant une ou deux présences pénibles en compagnie de la 4e, mais aidant constamment Desharnais à remonter en zone offensive sur des mises en zone défensive.
  • Beaulieu semble bel et bien prêt et c'est la raison pour laquelle on est en droit de rester optimiste pour la suite des choses. Si Therrien remplace Murray par Diaz, outre une paire Diaz-Subban, n'importe quelle combinaison de défenseurs laisse entrevoir une forte amélioration de la relance de l'attaque par les défenseurs. Eller au centre en attendant Galchenyuk, Diaz à droite de n'importe qui sauf Subban. Allez Michel, sauve ton job, veux-tu?






samedi 25 janvier 2014

20771: Montréal 1 Detroit 4

On ne regarde que les différentiels de tirs et de chances et on se dit qu'au total, le Canadien n'a pas été chanceux. On y regarde de plus près, on voit bien qu'ils n'ont réussi à ouvrir la machine qu'une fois que les Red Wings avaient pris les devants.

C'est d'autant plus gênant que, outre un Zetterberg passablement amoché (il a passé la moitié de la deuxième période au vestiaire), l'attaque des Red Wings ne rappelait pas exactement les grandes années de Scotty Bowman.
  • S'il y a un point positif de tout ce match, c'est la prestation du trio de Plekanec. Ils ont dominé outrageusement et, fait à noter, sont capables d'user de manière continue du carrousel en zone offensive (le fameux cycling), une stratégie que bien peu de trios du CH ont su exploiter au fil des années. Faut pas virer fou non plus; Babcock a roulé les dés et fait le pari que le trio de Eaves, Miller et Glendening (qui?!) saurait stopper Plekanec appuyés de Quincy et, heu, "Danny Dekeyser". D'où sortent ces joueurs, je ne le sais pas, mais si les buts ne sont pas venus, c'est parce que ça ne rentrait pô. 4 chances de marquer pour Eller, deux pour Pleks...
  • Babcock a tout misé sur la nécessité de bloquer le trio de Desharnais. Il leur a donc systématiquement opposé son meilleur trio, articulé autour de Zetterberg, ainsi que ses deux meilleurs défenseurs, Kronwall et l'immense Ericsson. Je pense que Therrien a cherché à séparer (sans succès) Desharnais de cette chape de plomb, ce qui explique le peu de glace obtenue par ce trio; l'embuscade n'a pas fonctionné et ils n'ont pas su générer ne serait-ce qu'une chance contre leurs principaux tourmenteurs malgré 8 mises en zone offensive contre 3 en zone défensive.
  • Contre Alfredsson, Helm et Cleary, Brière n'a pas tenu, perdant l'avantage aux tirs et aux entrées de zone en possession de rondelle malgré une dose légèrement positive de mises en zone offensive.
  • Pas beaucoup de glace pour la 4e, limitée à des apparitions contre leurs vis-à-vis du Detroit. Quelques belles séquences (une chance de marquer pour Leblanc) pour un work in progress que l'on souhaite voir se perpétuer.
  • Résumons. Non seulement Therrien a-t-il jumelé Subban à Murray, il les a utilisés dans un rôle strictement offensif, leur donnant 7 mises en zone offensive, principalement avec le trio de Desharnais. Bide total et complet. Si on était pour déployer Subban de cette façon, pourquoi, au nom du ciel, ne pas lui adjoindre Beaulieu? La réponse est évidente: parce que Murray ne peut être utilisé dans un rôle défensif. Alors voilà, on en est rendu à faire régresser les meilleurs éléments à l'attaque dans le but de mettre le gros Douglas dans une situation qui ne le fera pas trop mal paraitre, et ce alors que *toutes* les alternatives disponibles, absolument *toutes* sont susceptibles d'offrir au club une meilleure production offensive et une plus grande stabilité défensive.
  • Markov et Emelin ont tenu contre le "haut" de l'alignement des Wings et furent appelés à prendre plusieurs mises en zone défensive contre le 4e trio de Detroit. Les Wings ne font pas comme les autres, leur 4e ligne est constituée de jeunes joueurs instables, mais talentueux que l'on gave de mises en zone offensive. Contre eux, les deux Russes se sont fait ouvrir de la gorge au nombril.
  • Jouant principalement derrière Plekanec, Gorges et Beaulieu ont connu une belle soirée. Le grand "Nate" est capable de tout faire sur la glace. Espérons qu'on l'installe à demeure dans le groupe de 6 défenseurs réguliers.







jeudi 23 janvier 2014

20756: Montréal 1 Pittsburgh 5

C'était prévisible et c'était prévu. Partir avec une pareille brigade défensive contre les Penguins ne pouvait que tourner en eau de boudin. L'utilisation de Murray et Bouillon est symptomatique de choix fait quant au personnel à employer, choix qui mènent une équipe aux fondations saines à s'enfoncer graduellement.

En fait foi la comparaison des chances de marquer entre la saison dernière et cette saison. Si on prend les chances à 5 contre 5, lorsque le score est serré, ça donne ce qui suit:


Or, quelles sont les différences entre l'équipe de la saison dernière et celle de la présente saison? Andrew Berkshire en a fait un long (et pénible) examen, mais on peut résumer ça comme suit: Cole et Ryder ont été remplacés par Brière, Colby Armstrong par George Parros, David Drewiske et Tomas Kaberle ont été remplacés par Douglas Murray (et un peu Tinordi en début de saison).

C'est tout. Le problème n'est donc pas, à mon sens, au fait qu'on aie une "pire" équipe, pour l'essentiel c'est le même personnel et la rotation d'effectifs s'est faite dans le personnel de soutien. On dirait bien que, si l'équipe vivote désormais péniblement (et elle semble maintenant en phase de couler), c'est dans la façon d'utiliser le personnel qu'on doit chercher les explications.

Pour tout dire, on demande à des joueurs de remplir des rôles qu'ils ne peuvent pas remplir. Si tant est qu'hier Therrien a laissé Diaz et Emelin de côté pour leur faire comprendre que leur jeu ne répond pas aux attentes, on est en droit de poser la question: et si les attentes sont déraisonnables, on fait quoi? Parce qu'à regarder les tableaux que j'ai publiés hier, il est parfaitement clair que lorsqu'on a demandé à Diaz de remplir un rôle de deuxième duo défensif avec Gorges, il s'est acquitté de sa tâche correctement et il est aussi parfaitement clair que lorsqu'on a ramené Emelin, on l'a assigné à des tâches d'une difficulté sans pareil. Emelin est un bon défenseur, mais il n'est pas Subban. D'espérer le voir tenir en passant presque deux fois plus de temps que le reste de l'équipe contre les top-6 adverses, en jouant de son mauvais côté, c'est irréaliste.

C'est ce que la glissade actuelle du club a de vraiment inquiétant: elle ne semble pas découler de blessures ou d'autres facteurs externes, mais bien d'un décrochage graduel, mais irrémédiable entre les attentes des entraineurs et les capacités des joueurs. Si c'est vraiment le cas, on n'est pas sortis du bois.
  • On va dire les choses poliment, Plekanec n'a pas tenu le coup contre Malkin, échouant à tenir en zone neutre un contrôle suffisant, ce qui a donné beaucoup de vitesse au grand 71 et à ses ailiers en entrée de zone. Ça n'aide pas Markov à avoir l'air smatte.
  • Le trio de Desharnais a produit l'essentiel des menaces en attaque, notamment contre la (faible) 3e des Penguins. Mais Crosby et Malkin leur ont taillé les oreilles en pointe. Therrien leur a donné charge des mises en zone offensive, ce qui n'a pas toujours aidé (parce que ça voulait dire être accompagné de Bouillon et Murray).
  • Au bout du compte, le trio de Brière aura eu quelques beaux élans en zone offensive et un but pour Bourque, mais je ne vois pas comment on peut espérer à long terme en leur donnant 60% de mis en jeu en territoire défensif. Bourque et Prust ne sont pas Datsyuk et Zetterberg, ça ne tiendra pas éternellement. Quand je parle de décrochage entre les attentes et les capacités des joueurs, c'est particulier que de demander à Brière de faire le job d'Eller. Mais bon, ça ne fait qu'un match, attendons.
  • La 4e s'est fait visser par Malkin en première et Therrien a semblé prendre peur, les clouant au banc pendant un bon moment. Une fois le match hors de portée, ils ont repris de la glace et n'ont pas semblé trop déphasés. Un beau work in progress, j'espère qu'on va leur donner quelques matchs.
  • Implosion complète de Markov et Subban, séparés à partir de la deuxième période. Je ne crois pas que Markov soit fatigué. Comme lors de la saison dernière, j'ai plutôt l'impression qu'on voit son manque de mobilité et sa propension à prendre des risques en zone neutre mener à des "cassures" lorsque le club ne contrôle pas bien le milieu de la glace. Aussi, on ne doit pas se méprendre: Markov et Subban excellent en offensive, mais ils ont besoin d'être appuyés par un bon deuxième duo défensif pour leur laisser la possibilité d'aller allumer des feux en zone ennemie. Enfoncés dans leur zone comme hier soir pour appuyer tous les trios aux mises en jeu, ils sont moins efficaces.
  • La meilleure nouvelle du match reste la tenue de Nathan Beaulieu. Therrien a choisi (on devait s'y attendre) de limiter son utilisation, mais on a bien vu comment sa mobilité et son aisance à manier la rondelle lui permettent de tirer son épingle du jeu, même pris sur son mauvais côté. En fait, ça le force peut-être à simplifier les choses, jamais mauvais pour une recrue.
  • Bouillon et Murray ont fini par jouer pas mal, prenant bien des mises en zone offensive. Et on se demande pourquoi l'attaque écrase... Leurs chiffres sont beaux, mais le job de bons joueurs de soutien, c'est de survivre sans l'aide des fers de lance de l'attaque. Pas de prendre des mises en zone offensive avec le trio de Desharnais, Pacioretty et Gallagher.







mercredi 22 janvier 2014

Chronique d'une mort annoncée

Ainsi donc, Therrien s'en va-t en guerre contre les Penguins en usant des paires de défenseurs suivantes:

Markov - Subban
Gorges - Beaulieu
Murray - Bouillon

Je ne vois pas comment tout ça peut finir autrement qu'en catastrophe. J'aimerais expliquer la chose par le truchement d'un bref retour sur la constitution de la défensive du CH en la divisant en 3 éléments distincts, les duos ayant constitué les trois paires de défenseurs au cours de la saison.

La première paire
Le Canadien a utilisé deux premiers duos de défenseurs au cours de la saison, Subban / Markov et Gorges / Subban. Les deux duos ont eu des rôles sensiblement différents.

Une explication sur les tableaux qui suivent: la colonne "# de top-9" exprime la présence de joueurs parmi les 6 avants et les 3 défenseurs adverses ayant eu le plus de temps de glace à forces égales. Lorsque 3 ou plus de ces joueurs sont présents, je considère qu'il s'agit d'une situation de "minutes dures". On parle ici en tout temps de situations à forces égales. Le pourcentage en bout de ligne représente le taux d'exposition relativement au reste du club. On comprendra que 85% signifie qu'un duo a été exposé à 85% de ce que le reste du club a vu d'une situation donnée.



  • Markov et Subban n'ont pas été aussi systématiquement utilisés en minutes dures que Gorges et Subban et je considère que c'est là une des raisons pour laquelle ils ont, globalement, généré tant de chances de marquer. Therrien, s'il les utilisait souvent contre les meilleurs joueurs, les envoie aussi souvent mettre le feu aux poudres en zone offensive.
  • Subban et Gorges sont, quant à eux, plus systématiquement utilisés pour couvrir les meilleurs éléments adverses, on le voit dans ce taux de 132% d'exposition aux situations où 3 joueurs de top-9 ou plus sont sur la glace. 
La deuxième paire

3 duos ont clairement occupé ce rôle depuis le début de la saison et c'est ici que se trouve la source des soucis prolongés de l'équipe. On n'a jamais trouvé de duo capable de remplir le mandat correctement après avoir séparé Gorges et Diaz.



  •  Gorges et Diaz ont beaucoup joué contre les meilleurs adversaires et eu à le faire dans des circonstances particulièrement hostiles. Ils prennent beaucoup de mises en zone défensive, mais réussissent tout de même à faire un excellent score contre les fonds d'alignements, non seulement parce qu'ils renversent l'avantage aux tirs, mais aussi parce qu'ils bloquent beaucoup de tirs. Reste qu'on comprend ici ce qui a pu rendre Therrien frileux face à ce duo: ils ont beaucoup plus de difficultés à tenir contre les top-9 adverses. Mais, encore une fois, faut prendre en compte la lourde quantité de mises en jeu prises en zone défensive dans ces situations.
  • Emelin et Gorges ont remplacé Gorges et Diaz et furent immédiatement jetés aux lions. Si les résultats ne payent pas de mine contre les fonds d'alignement, ils sont carrément catastrophiques contre les top-9 adverses. Qu'on leur ait donné presque autant de glace qu'à Gorges et Diaz, avec ce genre de responsabilités, dépasse l'entendement.
  • Emelin et Markov ont succédé à Gorges et Emelin. Leur charge de travail est considérablement allégée, conséquence des plus grandes responsabilités données à Gorges et Subban. Mais les résultats restent moyens contre les meilleurs éléments adverses et, outre les chances de marquer, très moyens contre les fonds d'alignement. Malgré des tâches plus "faciles" que Gorges et Diaz, ils font pire.
La troisième paire

Normalement, le troisième duo devrait être protégé et utiliser cette protection pour tenir l'adversaire en joue, le temps de laisser souffler les gros canons du club.


  • Les performances de Bouillon et Murray sont, globalement comme dans le détail, effroyables. Malgré une forte protection territoriale contre les fonds d'alignements adverses, ils se font rétamer. Contre les top-9, c'est l'apocalypse.
  • Bouillon et Subban ont tenu contre les fonds d'alignement et converti un avantage territorial réel en chances de marquer contre les top-9.
  • Je mets les autres paires pour donner une idée des combinaisons possibles pour le match de ce soir.
En conclusion
Le CH s'en va affronter Pittsburgh, sans l'avantage du dernier changement, avec un excellent duo de défenseurs, un duo constitué de Gorges et Beaulieu (une recrue qui n'a jamais joué à droite) et un duo, Murray et Bouillon, qui a été systématiquement effroyable. Murray ne jouant jamais à gauche, lorsque Subban sera sur le banc, c'est Bouillon, Beaulieu ou, peut-être, Gorges qui auront à couvrir le flanc droit, c'est-à-dire les ailiers gauches des Penguins, au premier chef Kunitz (alimenté par Crosby) et James Neal (alimenté par Malkin).

Rien de bon ne peut sortir de tout ça, rien. Qu'est-ce qui pousse Therrien à envoyer une défensive aussi profondément dysfonctionnelle contre une des attaques les plus redoutables du circuit, je ne le comprends pas. Les rouges s'en vont à l'abattoir.

lundi 20 janvier 2014

20727: Montréal 3 Toronto 5

Certaines victoires ont un gout de défaite (jeudi, contre Ottawa), certaines défaites ont quelque chose d'une victoire (samedi, contre Toronto). Le match a commencé tout croche et Therrien a dû se résigner à brasser la soupe en deuxième. Revenu à des combinaisons d'attaquants plus habituelles, le CH a immédiatement embrayé et a collé 14 chances à forces égales aux Leafs au cours des deux dernières périodes, en accordant 8.

Ça n'était donc pas terriblement étanche sur le plan défensif et on pourrait aussi chicaner sur le plan offensif. Les tirs dangereux étaient nombreux, mais ils étaient aussi "dans l'axe", entendre par là qu'il n'y avait pas nécessairement beaucoup de mouvement latéral précédant la plupart des chances de marquer. Ça reste des tirs pris de la zone rouge, mais un bon gardien de la LNH est très dur à battre lorsqu'on lui permet de se télescoper sur le tireur parce qu'on ne lui donne pas de raison de s'inquiéter de l'option de passe. Price, lui, a effectué quelques miracles, justement sur des tirs suivant des passes latérales.

Un mot sur l'avantage numérique. J'ai expliqué il y a quelques semaines, dans une chronique sur LNH.com, en quoi le jeu de puissance du CH était devenu prévisible et quel type d'ajustements on était en phase d'apporter. En gros, l'équipe s'est mise depuis un certain temps à utiliser le haut de l'enclave comme point de tir, usant de ce fait de l'espace libéré par la couverture serrée pratiquée sur Subban par tous les clubs de la ligue. On a vu contre Toronto que cet ajustement à été poussé plus loin, plus précisément sur deux aspects.

Premièrement, Markov descend désormais au sommet des cercles de mises en jeu, voir plus bas, pour prendre des tirs sur réception de passes reçues de Subban. À la bonne heure! Le Général possède un tir très précis et, à ces distances, ça va finir par payer. Deuxièmement, et c'est l'ajustement le plus significatif, on inverse désormais l'installation des attaquants, entendre par là que l'on concentre les échanges de rondelle du côté droit de la glace. Ça a le double avantage de faciliter les tirs au but pour Pacioretty et de donner de meilleurs angles de passes à Brière lorsque ce dernier joue contre la bande. L'innovation est marquante, mais en fait c'est une simple et belle astuce: on a simplement transposé le patron de jeu éprouvé depuis un an et on l'a simplement renversé. Les joueurs ne se cherchent donc pas et tout ça produit des chances.

  • J'aimais bien Eller à gauche de Pleks. Il n'était pas encore complètement arrimé et semblait parfois hésitant, mais par sa vitesse et son style, il s'imbrique merveilleusement au style et aux missions des deux autres. Aussi, les jérémiades sur le bonheur de Brière au centre ne doivent pas faire illusion: ce dont on parle vraiment, lorsque Eller passe à l'aile, c'est bien du passage de Galchenyuk au centre, événement attendu et nécessaire à la progression du club. À 92 matchs d'expérience, on y est arrivé. En attendant, Pleks, Eller et Gionta se sont fait passablement brasser par les deux premiers trios des Leafs. Les choses se sont corrigées avec Brière, mais c'était au total plutôt moyen.
  • Desharnais a pris beaucoup de mises en zone offensive contre Bozak et Kessel et il leur a collé une grosse louchée de chances (8 contre 4). Mais ça ne rentrait pô.
  • Animé d'abord par Brière avec plus ou moins de bonheur, le 3e trio a été redonné à Eller en deuxième. C'était plutôt curieux. Eller termine la soirée avec un beau différentiel de -3, gracieuseté du but dans un filet désert, d'un but en première alors qu'il jouait à l'aile de Plekanec et d'un but en deuxième alors qu'il centrait Pacioretty et... Parros! Prust, Bournival et Eller ont vraiment bien fait. Je suppose donc qu'on les reverra au prochain match, en attendant Galchenyuk.
  • Pourquoi rappeler Nattinen si on ne lui donne que 2 présences en première période? Je ne comprends pas, mais qu'est-ce que j'en sais. On a donné 3 minutes à Parros et ça a encore fini par un but accordé à l'adversaire, on ne me fera pas croire que le CH a à perdre de donner ces 3 minutes d'ailier droit de fond de tonne à un jeune finlandais reconnu pour sa défensive, un jeu qui s'adonne à être droitier? Parros coûte des matchs. On semble déterminé à l'ignorer. Venant d'un personnel d'entraineurs autrement capables de discernement, ça n'en finit plus de me sidérer.
  • Subban et Gorges ont abattu le boulot défensif sans coup férir. Subban et Markov ont passé près de 4 minutes ensemble, surtout en 3e, et les résultats étaient là, 7 chances de marquer générées par le CH et aucune accordée. Faudra qu'on finisse par les réunir.
  • Markov et Emelin ont eu quelques moments péniiiibles. Emelin a eu l'air d'un abruti complet sur deux des buts des Leafs et je n'en démordrai jamais, il n'a pas d'affaire à droite.
  • Diaz malade, c'était donc Bouillon et Baulieu. Ça n'a pas toujours été évident, mais le talent de Beaulieu ressort gros comme ça. Son principal défaut est de parfois attendre un peu trop longtemps avant de faire un jeu, une faiblesse qui ne peut qu'être accentuée si on continue à le laisser moisir dans la ligue américaine. Therrien l'a utilisé avec Subban, mais aussi en fin de match avec Gorges. Markov-Subban, Emelin-Diaz, Beaulieu-Gorges? Allez Michel, pourquoi pas?





jeudi 16 janvier 2014

20712: Montréal 5 (P) Ottawa 4

En matière de faits saillants, c'est une erreur que de se limiter à ce que les réseaux de télévision passent aux bulletins de nouvelles. Contraints à respecter des limites de temps extrêmement serrées, on n'y montre que l'événement isolé, sans contexte. Le site de la LNH, au contraire, a tout le loisir de montrer comment un jeu se construit, d'où vient vraiment le but.

Un défenseur incapable de suivre le jeu va toujours se réfugier dans l'enclave. C'est normal. Dans le cas du but vainqueur marqué par les Devils mardi, il est sidérant de voir à quel point Murray est à la fois seul et carrément planté devant Price:


Et ce gars-là joue encore et toujours à la place de Francis Bouillon ou d'un jeune de Hamilton. Ça me sidère.

Contre Ottawa, c'était le match de Price, bien entendu. 14 chances de marquer concédées dans la seule deuxième période, un jeu d'ensemble inexistant, l'horreur sans nom. Le CH vient de se faire mettre une volée par deux clubs qu'il devance confortablement au classement, mais deux clubs qui, depuis une vingtaine de matchs, roulent à plein régime (comme je l'explique d'ailleurs dans ma chronique de dimanche dernier sur lnh.com). Des ajustements sont nécessaires pour rehausser le jeu d'ensemble et je ne vois rien, présentement, qui me porte à croire que les coachs s'en vont vers ça. On continue à donner de la glace aux effroyables Murray et Parros et on se prive de la contribution de Bouillon et de joueurs faisant présentement leurs classes à Hamilton. C'est nuisible et lorsque les blessures s'accumulent, c'est carrément toxique.

Ils ont eu la vie sauve parce qu'Ottawa, allez savoir pourquoi, a décidé d'arrêter de jouer en 3e. Deux jeux dignes de Douglas Murray de la part de Jared Cowen ont donné la victoire au CH, qui s'en tire à bon compte.
  • J'étais le premier à m'énerver contre Therrien pendant le match, mais il avait une situation difficile entre les mains. Après une période, les trios de Pleks et d'Eller se faisaient complètement ramasser. J'ai été surpris de voir Eller migrer à l'aile gauche de Pleks un soir où les joueurs de centre efficaces n'étaient pas légion, disons. Mais ce fut fait (présage du passage Galchenyuk au centre au retour des olympiques?) et, après quelques présences pénibles, ils ont tenu leur bout, faisant jeu égal aux chances et aux tirs malgré 8 départs en zone défensive et un seul (à 20 secondes de la fin de la 3e) en zone offensive. Du beau boulot.
  • Desharnais a retrouvé ses ailiers et les trois sbires ont constitué la seule unité capable de menacer systématiquement le gardien des Sénateurs. Le but de Pacioretty en avantage numérique était un bel exemple de ce qu'on voit apparaitre, inégalement, mais quand même, depuis quelques semaines, soit une utilisation plus intensive du haut de l'enclave par les attaquants du CH pour compenser la couverture accentuée sur Subban.
  • Prust, Bourque et Brière ont bien essayé de former la 3e ligne, mais ce fut effroyable. Brière ne semble tout simplement plus capable de jouer au centre, Bourque ne sait pas vraiment contrôler la rondelle et Prust est trop lent pour "challenger" offensivement. Bref, un trio qui n'avance pas. Qu'est-ce que Therrien peut faire avec ça... Eller va probablement retourner au centre dès samedi.
  • Moen, Bournival et Parros se sont fait démolir lors de leurs rares présences, Parros et Bournival terminant avec un différentiel aux chances de +0/-6 en quelque 5 minutes de jeu. Effroyable, tout simplement. Ils ont d'ailleurs couté un but.
  • Gorges et Subban ont eu la vie dure au cours des deux premières périodes avant de profiter du recul d'Ottawa pour ramener leurs chiffres à un niveau acceptable. Beau but de PK en prolongation, histoire de bien enrager les fans de l'Outaouais... C'est Zibanejad qui les a le plus magané, souvent braqués contre les deux pires trios du CH. Avec le haut d'alignement, ça baignait à peu près, sauf contre l'extraordinaire trio Ryan/Turris/MacArthur, un des trios, sinon *le* trio le plus sous-estimé de la ligue.
  • Comme Gorges et Subban, Markov et Emelin étaient de corvée en zone défensive. Comme Gorges et Subban, ils ont relativement tenu avec les deux premiers trios et ont mangé une volée avec les deux derniers. Au sujet d'Emelin qui joue à droite, je vous conseille ce papier fort instructif de Mathias Brunet sur les défenseurs. On y cite notamment longuement Jean-Jacques Daigneault, entraineur des défenseurs, qui explique en quoi le gaucher à droite n'est pas pour lui une hérésie. En tout respect, je crois que le jeu a tellement accéléré depuis le lock-out de 2005 qu'il n'est plus possible de faire jouer des joueurs sur leur mauvais côté, la fraction de seconde qui permettait ça s'est tout simplement envolée au fil des saisons. On le fait lorsqu'on y est contraint par la pénurie de droitiers, mais de faire explicitement reposer des minutes dures sur les épaules d'un défenseur comme Emelin me semble une erreur.
  • J'ai dit ce que j'avais à dire sur Murray. Diaz fait ce qu'il peut, mais il n'y aura pas de miracles.






mardi 14 janvier 2014

20700: New Jersey 4 Montréal 1

C'est un match où le Canadien n'a jamais su prendre l'avantage. Incapables de contrer le maillage défensif des Devils en zone neutre, les rouges se sont laissés repousser le long des bandes lorsqu'ils n'avaient pas la rondelle. Lorsque leurs défenseurs avaient la rondelle en zone défensive, les attaquants se faisaient trop prendre à aller attendre la passe trop haut, parfois même de l'autre côté de la ligne du centre, mais encore là toujours le long des bandes. Rendus là, ils ne pouvaient qu'attendre patiemment la longue passe en se laissant glisser, ce qui en faisait des proies faciles pour la défensive adverse et interdisait toute entrée de zone avec de la vitesse. Si on ajoute à ça leur incapacité à contrôler le centre, jamais ils ne pouvaient contrer ce manque de vitesse par des passes diagonales, alors que le New Jersey a multiplié les actions latérales en entrée de zone du CH, fort de l'espace acquis un peu plus haut.

Je le montrais dans mon article de la semaine sur LNH.com: les Devils sont une excellente équipe de possession de rondelle que Brodeur risque de faire couler à tout moment par son incapacité de plus en plus évidente à garder le rythme..
  • Match en hauts et en bas pour Plekanec, qui a par moment semblé avoir de la difficulté à se cadrer en zone défensive. Pas glorieux, donc, mais soulignons que ce coup-ci, le coach adverse utilisait ses meilleurs trios pour prendre des mises en zone offensive, ce qui a a compliqué la tâche. J'ajouterais que Therrien m'a semblé commencer par un jeu de confrontations, mais s'est ravisé en deuxième, ce qui brouille le tableau des affectations.
  • Eller a fini la première période +0/-3 aux chances, mais il a fini par trouver ses ailiers, et a fait de très belles séquences par la suite. Eller n'est pas le passeur le plus imaginatif, mais il sait protéger la rondelle, compétence dont la valeur a été mises en évidence sur le but refusé à Gallagher.
  • Brière m'a semblé fort bien faire au centre et, de manière plus générale, a continué à créer. J'aime le voir sur l'avantage numérique. Parce qu'il est droitier, le jeu se structure à gauche, ce qui peut contribuer à faire oublier PK. De manière plus générale, on le sent plus rapide. Était-il blessé? À suire, comme dirait l'autre.
  • Parros était, comme toujours, médiocre. Bournival a été envoyé avec Pleks et Gionta en 3e. L'un va dans une direction, l'autre non.
  • Subban et Gorges ont eu beaucoup de bons matchs, mais contre les Devils, ils ont mangé leurs bas. Je veux bien, ils ont pris leur mal en patience, mais au bout du compte se sont fait rétamer. Qu'est-ce qu'on fait, là?
  • Markov et Emelin n'ont pas pris beaucoup de mises en jeu, préservés pour plus de flexibilité dans les assignations? Je ne sais pas, mais hier ils ont su finir dans le positif. C'est un point encourageant.
  • On a terminé avec Diaz et Bouillon après que Murray, par une crampe au cerveau, ait complètement voilé Price sur le 3e but des Devils. Ils m'ont semblé relativement efficaces contre la 3e des Devils. Si on en vient à ne plus faire jouer Murray, il aura couté de l'expérience à Tinordi. À regarder Bournival aller et reprendre son rythme (quand on le laisse jouer) après certaines séquences difficiles, je suis plus que jamais convaincu que l'embauche du gros 6 était une erreur surtout parce qu'il enlevait de la glace aux jeunes.





samedi 11 janvier 2014

20676: Chicago 1 Montréal 2 (P)

Le meilleur match de la saison. Si vous l'avez manqué, tant pis pour vous. Les Blackhawks, champions défendants, sont une superbe équipe qui a perdu un peu de son lustre, mais si peu. Leur premier trio est un extraordinaire assemblage, 3 joueurs ayant tous les talents capables de dicter le rythme dans toutes les phases et dans toutes les zones. Il est d'ailleurs significatif que Quenneville se soit appuyé si lourdement sur Toews, lui donnant plus de 17 minutes de temps de glace et 7 mises en zone des Hawks pour 3 en zone du CH.

La mission était donc claire: survivre à Toews et tenter de faire son beurre contre les autres trios, ayant tous des faiblesses, mais aussi tous, sans exception, capables de construire en zone offensive et de convertir. Un groupe d'attaquant effroyablement doué pour l'attaque, donc, appuyé de deux excellents duos de défenseurs. Keith et Seabrooks ont la réputation, mais Hjalmarsson et Oduya, plus effacés en attaque, sont de vrais leveurs de fonte en défensive.

Et ils les ont eu. Avant de passer aux joueurs, je soulignerai que Therrien a, contre les Hawks, déployé méthodiquement ses joueurs sur le strict mode de la confrontation. Plekanec et Subban contre Toews, Desharnais contre Kane, etc... Ça n'est pas habituel depuis son arrivée chez le CH, on l'a plutôt vu braquer épisodiquement Plekanec (et la 4e, lorsque constituée de 3 joueurs de hockey de la LNH) contre les meilleurs et, autrement, tenter de maximiser les présences de certains éléments en zone offensive.

Rien de ça hier soir, donc. Ça implique que le coach a totale confiance en la capacité de chaque unité à, au besoin, prendre des mises en zone défensive et s'en sortir. Je suis curieux de voir si le coach, qui est moins assis sur son ancienne façon de faire depuis le démantèlement de l'unité Eller/Galchenyuk/Gallagher, n'est pas en train de prendre une nouvelle approche.

Therrien a les défauts de ses qualités: il fait des scènes et bardasse inutilement ses combinaisons lorsque les choses dérapent, et lorsque les victoires s'accumulent on l'a vu complètement indifférent au dérapage du jeu d'ensemble du CH. Tout ça le mène, semble-t-il, à perdre de vue ce qui fait le succès de l'équipe, bref à ne pas toujours reconnaître ce que lui-même fait de bien. Mais il a aussi les qualités de ses défauts: il change ses façons de faire. Je reste mystifié par l'acharnement qu'il met à donner de la glace à l'effroyable Murray et je suis plus que jamais convaincu qu'il a précarisé son statut depuis le début décembre. Mais c'est un coach qui, s'il les délaisse parfois, sait trouver des solutions qui marchent. Avec un gardien comme Price et un bon noyau de joueur, on peut espérer qu'il trouve un nouvel élan. On verra.

  • Plekanec a été magistral, ce qui n'a pas empêché le trio de Toews de coller 4 chances et un but, c'est dire. Mais parlons du #14. Incluant les prolongations (qui ne sont pas incluses dans les grands tableaux ci-dessous, faudra que je règle ça...), Plekanec a obtenu 6 chances de marquer et 9 entrées de zone en possession de rondelle. Et il termine à -1!!! Gionta a collé deux chances et 5 entrées de zone. Le gros Moen n'a rien inscrit dans ces disciplines, mais il m'a semblé comme un poisson dans l'eau. Il a vraiment gagné en agilité depuis l'an dernier; a-t-il décidé de diminuer sa masse musculaire au profit de plus de souplesse et de vitesse? Kovalev avait procédé comme ça pour donner un deuxième souffle à sa carrière.
  • Ne pas forcer les présences aux mises en jeu, ça laisse de fait à Desharnais la tâche de tenir contre Kane en étant couvert par Hjalmarsson et Oduja. On ne les a pas vu entrer souvent en possession de rondelle, mais, vu la tâche et leur pedigree, on ne peut que souffler en les voyant s'en tirer sans dommages. Reste qu'ils ont parfois peiné à fermer le milieu de la glace, ce qui a donné bien des entrées de zones et beaucoup de temps de possession en zone défensive.
  • Brière a aussi connu un match remarquable. Employé, comme Bourque, sur son aile inversée, il a obtenu 5 chances de marquer. Si son jeu physique et sa présence défensive sont, au mieux, des entités dénuées d'existence, sa vivacité et son habileté avec la rondelle laissent encore Brière apte à la rapine, ce qu'il a su faire contre un peu tout le monde. Au total, ces trois joueurs réunis ferment le match avec un différentiel de +5/-0 aux chances, mais Brière, de minutes volées avec Plekanec en minutes volées avec Desharnais, termine le match avec un différentiel de +10/-0 aux chances à 5 contre 5. Tout ça repose quand même beaucoup sur le grand Eller qui, s'il n'est pas Plekanec (le sera-t-il jamais? Est-ce juste de lui demander de l'être? À voir l'autre ferailler avec Toews, ça mérite d'être noté), a planté Handzus, le 3e centre vieillissant des Hawks. Formidable machine offensive que celle des Hawks, mais un peu molle dans sa zone une fois Toews sorti. La 3e ligne du CH l'a démontré. Ils ont été merveilleux avec Markov et Emelin, plus ordinaires avec Diaz et l'ancre à bateau.
  • On a peu vu Parros, qui a presque récolté un but (déviation sur son genou du tir de Markov?). Surtout, Bournival et Prust ont joué tour à tour avec Pacioretty, Desharnais et Eller. Foutu bonne 4e ligne, ça.
  • Subban et Gorges ont tenu le fort contre Toews. Outre une hésitation regrettable de Gorges sur le but des Hawks (pas un reproche; Sharp effectue une récupération sensationnelle en entrée de zone), du sans bavure.
  • Markov et Emelin ont pris charge de Kane, ont torché quelques coins de table contre Toews et tenu le jeune Saad loin de la coutellerie lorsque Quenneville l'a envoyé avec Kane en 3e. Sans bavure ou presque. On ne joue pas 20 minutes contre les Hawks sans y laisser quelques morceaux, mais ils ont eu l'avantage, +9/-5. On a beaucoup vu Emelin se promener du côté gauche, ce qui est inhabituel et bienvenu, parce qu'il y est meilleur. M'est avis que Markov a beaucoup profité de la présence de Subban pour laisser ce dernier courir les rondelles en zone défensive et s'offrir en option de passe. Avec Emelin, ça n'est pas possible et on a vu hier soir le résultat d'un ajustement de Markov, qui me semble désormais plus enclin à quitter son côté. C'est une impression et c'est peut-être un hasard. On verra à l'usage. Pour ce qui est du reste: les deux buts de Markov ont le mérite d'illustrer ce dernier morceau tactique que Subban n'a pas encore acquis: le bon tir, c'est souvent celui qu'un défenseur prend du poignet en descendant dans le haut du cercle de mises en jeu. Lorsque PK aura ajouté cette arme à son arsenal, il va en compter 25 par année.
  • Diaz a sauvé beaucoup de rondelles libres à la dernière minute. Je n'ai pas envie de parler de Murray. Eller non plus, si ça se trouve.