mercredi 29 octobre 2014

Montréal-Calgary: Parfois, c'est politique

Oui, bon, deux matchs en deux soirs et Carey Price a été fumant, les Flames lui collant 13 chances en avantage numérique et 15 autres à forces égales. Le match n'était pourtant pas hors de contrôle après une période, les rouges n'ayant que deux chances de marquer à forces égales et une seule accordée à Calgary. La clé se trouvait donc dans la discipline.

Ben, jusqu'à ce que Michel Therrien fonde un plomb contre Eller. Je dis fondre un plomb, mais ça sent le calcul politique à plein nez. Faut comprendre, tous les coachs d'expérience font de la politique de vestiaire. Les recrues ne savent pas s'y prendre dans ce rayon et se font habituellement passer au sabre par des guerres de cliques quelque part dans leur deuxième saison, mais ceux qui reviennent à quelques reprises finissent par comprendre la game et trouvent un moyen de la jouer à leur façon. Therrien, qui a dirigé son 600e match il y a quelques jours, la joue à coup de tesson de bouteille, dans le fond d'une ruelle.

On peut chipoter sur la manière, mais c'est la sienne et c'est comme ça. Toujours est-il, concrètement, la méthode est simple: tu en ramasses un gros, un important et tu le pince. Ça a été Subban, ça a même été Desharnais un moment au début de la saison dernière, et je soupçonne que les montées en grade de Murray avaient quelque chose à voir avec ça aussi. Batinse, il a même benché Subban sans vraie raison et perdu un match à cause de ça l'an dernier. Le gars a des antécédents.

Contre les Flames, c'est Eller, qui avec son joli contrat et son travail acharné donne à lui seul une troisième ligne au Canadien qui s'est fait clouer au banc. Un match en demi-teintes hier, une présence de merde avec Bourque menant au but de Giordano et Therrien a fondu son plomb.

Ça n'est ni une question de justice, ni une question de mérite. C'est une question de pouvoir: quand les choses vont bien, les joueurs prennent leurs aises. Therrien a dû sentir le besoin de mettre quelques bûches dans le feu et c'est le 81 qui a ramassé. 

Desharnais a terminé le match +4/-3 aux chances, Pleks +2/-2, Eller +2/-1, donc +8/-6 pour les trois premiers centres. Et le Canadien a terminé +11/-15. Faites le calcul.

C'est toujours un peu risqué, de réunir volontairement les conditions de la défaite lorsque la victoire est clairement possible. Si Price voit ça et perd ses marques, si Pacioretty et Subban lèvent le pied, si... faut avoir confiance en ses leaders, bien avoir le pouls de son vestiaire. Mais surtout, et ça Therrien nous a montré qu'il l'est, faut être gambler. Si un jour il perd sa chambre et sa job, ce sera à cause de ça. Tous les coachs finissent congédiés, plus tôt que tard. Aussi bien faire les choses à sa façon. Après tout, c'est ce qui les a menés au sommet.


Ceci étant fait, si on pouvait donner des ailiers à Eller, ça ne serait probablement pas une mauvaise idée...





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