vendredi 17 octobre 2014

Canadiens-Bruins: Ginette 1 Lucic 0

C'était une de ces fins de match qui ont un petit goût de miel. Le gros Lucic est un joueur que les Montréalais aiment détester et, partant de là, qu'on tend à sous-estimer. S'il est, au mieux, un tâcheron sans réel impact en zone défensive et qu'il ne participe généralement pas aux relances de l'attaque, une fois passée la ligne du centre, il peut devenir terrifiant. Il possède un excellent tir du poignet et on célèbre encore et toujours ses mises en échec percutantes. Pour moi, c'est surtout sa capacité à franchir la ligne bleue adverse en contrôlant le disque qui me fascine. Encore et encore, Lucic arrive à plein vapeurs, puis bifurque, crée un espace dans le haut de la zone offensive et distribue la rondelle en faisant des choix souvent brillants. On admire trop son profil de matamore et de ce fait, c'est un très bon joueur de hockey qu'on oublie d'admirer.

Ceci étant dit, l'ami Milan est aussi la plus récente incarnation d'une longue et fière lignée de têtes en plomb à avoir porté les couleurs de Boston. Sa charge épaisse sur Emelin en fin de match a cloué le cercueil qu'il avait brillamment contribué à entrouvrir quelques minutes plus tôt.

Sacré Milan.

Une chance, quand même, parce que les Bruins sont un foutu bon club. Le CH a fait jeu égal avec eux et, sachant que du côté montréalais on en est encore à ajuster certaines choses, il y a lieu d'être optimistes même si on a profité hier d'un adversaire manifestement fatigué. La formidable poussée des Bruins en deuxième (10 chances de marquer, dont 9 en un peu plus de 9 minutes de jeu) rappelle que ce club n'est pas à prendre à la légère.

Élément intéressant, sur les entrées de zone: tant le Canadien que les Bruins ont allègrement dompé la rondelle en fond de territoire ennemi, les deux clubs générant ainsi 60% de leurs entrées de zone. Ça jouait serré en zone neutre!

  • Travaillant surtout contre Krejci, Lucic et Griffith (dont j'ignorais même l'existence jusqu'à ce soir; pas facile, le plafond salarial), le trio de Plekanec a bien fait contre ses principaux opposants et s'est fait carrément poivrer par Kelly, Eriksson et Soderberg, le "3e" trio des Bruins. En regardant le détail des événements croisés entre défenseurs et attaquants du CH, on comprend plus précisément que les choses se sont particulièrement gâtées entre Pleks, Markov et Gilbert. Ça sent les changements de ligne foireux, mais ils ont clairement échappé leurs chiffres contre le trio de Kelly. Parenteau semble quand même bien s'amuser. Alors que Gallagher se tenait fidèle au poste devant le filet adverse, Parenteau ne s'y aventure guère, maraudant plutôt dans le haut de l'enclave, magasinant les appuis à Pleks et Galchenyuk qui eux se chargent du gros de la circulation de la rondelle. Le 15 finit souvent par trainer entre deux eaux, un peu plus haut que les points de mise en jeu. S'il reste avec les deux autres, on va probablement le voir marquer plusieurs buts similaires à son premier de la soirée.
  • Desharnais, Gallagher et Pacioretty ont rapidement retrouvé leurs vieilles habitudes. Le territoire que patrouille Parenteau est sur ce trio celui de Pacioretty et Gallagher était heureux comme tout à fourrager dans les jambières de Rask. Ce trio a rendu de fiers services à Therrien depuis deux ans; pourquoi se priver de ce qui fonctionne si bien?
  • Encore 8 mises en zone défensive pour Malhotra, moins pour ses deux compagnons de trios. Therrien ne semble pas nécessairement intéressé à avoir un 4e trio défensif pur jus; Marc Denis l'a bien souligné pendant la diffusion, il envoie plutôt le #20 prendre des tours de garde sur les autres trios lorsque ceux-ci ont à disputer une mise en zone défensive.
  • Oh, un premier but pour Sekac! Avec Eller et Bourque, ces trois-là prennent tranquillement leurs marques. Parce qu'on ne les voit jamais sur le jeu de puissance et qu'on ne leur donne pas une dose particulière de mises en zone offensive, la production offensive ne sera jamais celle des deux premiers trios, mais quand même, 4 chances de marquer à 5v5, c'était très bien. Plus difficile contre Hamilton et Chara, mais sitôt jetés contre Seidenberg et McQuaid, ils ont fait quelques dégâts.
  • Emelin était donc de retour avec Subban. À terme, j'ai de sérieux doutes sur la viabilité de ce tandem, on leur confie (Subban oblige) beaucoup de mises en zone offensive et Emelin, qui n'est pas manchot avec la rondelle, n'a quand même pas d'affaires là. Mais ils ont bien tenu, tant contre Krejci que Bergeron.
  • Markov et Gilbert ont connu une très mauvaise deuxième période et un premier match difficile. Gilbert en particulier a mangé ses bas contre un peu tout le monde. C'était bien parti pour lui, mais contre Boston, c'était pénible.
  • Weaver et Tinordi ont été, comme il se doit, soigneusement éloignés du top-6 de Boston et ont répondu par une splendide performance. 8 mises en zone défensive, mais sur ça, 3 dégagements refusés, donc on ne doit pas non plus y chercher la marque d'un désir particulier d'assignations défensives de la part des entraineurs du CH. Mais bon, du beau travail et de quoi garder la pression sur Beaulieu.





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