dimanche 29 décembre 2013

20586: Montréal 1 Floride 4

Oh le beau match frustrant. On peut faire 2000 mots à faire l'exégèse des carences de chaque unité et un autre 2000 à faire le procès des entraineurs et du DG, après avoir regardé un match comme celui-là. Mais on va faire ça short and sweet.

Le fait est que le match a quand même bien commencé avant que le Canadien ne s'effondre totalement en deuxième. Pourquoi?

En première période, Barkov a joué deux minutes contre Subban, soit près de la moitié de son temps de glace total. En deuxième et en troisième, 1:21.

Aleksander Barkov, monstrueuse recrue de 18 ans, a joué 13:13 à forces égales. Lorsqu'il était sur la glace, le CH a été déclassé +0/-12 aux chances de marquer, +4/-19 aux tirs vers le filet, +5/-16 aux entrées de zone en possession de rondelle.

Lorsqu'il n'y était pas, en 34:13 le CH a fait +8/-6 aux chances, +26/-25 aux tirs, +19/-12 aux entrées de zone en possession de rondelle.

Barkov a éviscéré les deux derniers duos de défenseurs du CH, totalement et irrémédiablement. C'est encore un test de minutes dures manqué par le duo Emelin/Markov et à un moment donné, Therrien, s'il veut voir l'équipe prendre définitivement du mieux, va devoir accepter de revenir avec les duos de défenseurs qui ont fait le succès du club: Subban/Markov, Diaz/Gorges. Une fois ces deux duos passés dans les minutes dures, Emelin peut probablement s'en tirer sans problèmes avec Bouillon.

On en revient toujours à la même chose: les entraineurs s'entêtent à assigner à Emelin des tâches qu'il n'est pas capable d'accomplir. J'ajouterais: dans des tâches qu'il a accomplies pendant les 20-25 premiers matchs de la saison dernière, et encore là, lui et Markov commençaient à avoir l'air lents certains soirs quand le gros 74 s'est pété le genou. 20-25 matchs, une longue convalescence et un gros contrat plus tard, le gars ne fournit tout simplement pas. Qu'on lui laisse le temps de récupérer et qu'on donne son job à Diaz, qui est certainement plus apte à le faire. On aimerait tous que Bergevin échange Mike Blunden contre Tom Gilbert, mais ça n'arrivera pas. Faut simplement mettre les bons joueurs au bon endroit.

C'est à mon sens tout ce qu'il y a à retenir de ce match: Barkov est déjà capable de dominer outrageusement et Emelin n'est toujours pas capable de tenir son bout contre les meilleurs éléments adverses. La principale faiblesse (absence d'une deuxième paire de défenseurs capable de tenir son bout en minutes dures) a donc encore une fois été exposée.

Je ne marquerai le match contre les Hurricanes que mercredi ou jeudi. J'en profite donc pour vous souhaiter une bonne et heureuse année. Ben de la joie et ben du bonheur pour vous et ceux que vous aimez.





samedi 28 décembre 2013

20578: Montréal 2 (F) Tampa Bay 1

Le Lightning avait les deux pieds dans le même patin en première période et c'est bien au fait que le CH était incapable de mettre ses chances sur le filet qu'on devait un score nul de chaque côté après 20 minutes. Tampa a trouvé ses marques en deuxième période et s'est remis à travailler de manière plus serrée en zone défensive. Leurs entrées de zones sont devenues plus incisives et ils ont pu recommencer à appliquer leur échec avant (qui ressemble à celui du CH l'an dernier: deux attaquants qui poussent et les défenseurs qui "pinchent" allègrement).

Puis, en première moitié de 3e, le Canadien a calé le moteur. Sur une séquence d'une douzaine de minutes et des poussières, Tampa a généré 5 chances de marquer à forces égales, trois autres en avantage et douze entrées de zone en possession de rondelle. Un vrai déluge. Après la deuxième pause publicitaire, les rouges ont retrouvé l'embrayage et ont bien terminé le match.

Reste que Cooper, le coach du Lightning, a de toute évidence joué avec ses trios à partir de la deuxième période, notamment parce qu'il jouait à 7 défenseurs et 11 attaquants.

  • Cooper est un bon "bench boss" et Therrien, le sachant bien, ne s'est pas cassé la tête avec les confrontations, demandant plutôt à Plekanec de prendre un maximum de mises en zone défensive. Le premier trio du CH termine avec le seul but des siens et +5/-3 chances de marquer. Beau boulot.
  • Pacioretty a perdu quelques dents en première et semblait sur la morphine deuxième. En 3e, le trio de Desharnais a fini par sonner le réveil, notamment sur deux chances de Pacioretty qui semblait avoir fini de métaboliser sa dope. Les quelques présences de Galchenyuk en remplacement de Pacioretty ont été éclatantes, ce trio générant quatre chances en 3 minutes de jeu.
  • Pour tout dire, j'aurais aimé que Therrien garde Galchenyuk avec Desharnais et envoie Pacioretty avec Eller. Le trio du grand Danois, comme celui du petit Québécois, est poussé aux mises en jeu en zone offensive et Eller manque présentement d'élan. La combinaison du trio d'Eller avec le duo Diaz Bouillon a tourné en eau de boudin à quelques reprises, ce qui n'est pas très bon signe.
  • Une vraie quatrième ligne, ça aide toujours. Ils ont bien eu des soucis contre Saint-Louis jouant le 3e homme avec Crombeen et Pyatt, mais qui n'en a pas? Du bon travail.
  • Subban et Gorges m'ont semblé hésitants toute la soirée. On sent que Subban s'ajuste encore à la perte de Markov et doit réapprendre à composer avec le jeu beaucoup plus limité du #26. Ils ont levé beaucoup de fonte ensemble en 2011-12 et en 2013, alors on n'aura pas à patienter trop longtemps avant qu'ils ne reprennent leurs marques.
  • Markov et Emelin ont été positivement intégralement dominants. 8 chances du CH en leur présence contre 2 petites concédées à l'adversaire. Performance on ne peut plus rassurante, le CH semble de nouveau avoir un top-4 défensif stable. On touche du bois. Emelin qui se tape une chance de marquer en échappée en prolongation, c'était du bonbon.
  • Diaz et Bouillon ont été tenus très loin des trios de Filppula et Saint-Louis, ce dernier leur collant aux patins lorsqu'il prenait son tour sur la 4e de Tampa. Contre ce dernier, donc, des moments très pénibles avec Eller. Mais outre ça, c'était relativement correct. Bouillon, pour peu qu'on s'assure de ne pas laisser l'adversaire arriver à la ligne bleue de son côté à pleine vapeur, est immensément plus mobile et habile avec la rondelle que Murray. Sachant qu'Emelin et Markov ont pris leur tour sur le désavantage et que Diaz a remplacé Subban lors de la pénalité à Pacioretty en 3e, je me demande si on va revoir Crankshaft bientôt. Probablement, hélas.





samedi 21 décembre 2013

20548: Montréal 4 (P) Nashville 3

La deuxième période, mon dieu, la deuxième période... The horror, the horror, comme dirait l'autre. Et un match comme celui-là, c'est tentant de parler de "l'équipe". C'est d'ailleurs probablement ce que Therrien va faire, que voulez-vous qu'il fasse d'autre? Parler de l'équipe pour bien travailler la cohésion du groupe, sur le mental, sur l'esprit de corps. Je lui souhaite bien du plaisir, mais étant blogueur je n'ai pas à m'astreindre à ce genre de jérémiades.
  • Tout comme à Saint-Louis (les chiffres de ce match-là sont à la suite de ceux du match contre Nashville, au bas de la page), Therrien a systématiquement envoyé Plekanec sur les mises en zone défensive, 10 au total contre 2 en zone des Preds. Inélégant aux tirs, mais son trio a fait jeu égal aux chances et un beau but pour Pleks. Deux matchs en ligne que Galchenyuk joue avec Pleks jusqu'à la fin, c'est une belle marque de confiance du coach. On a senti le 27 angoissé et brouillon dans sa zone lors du grand coup donné par Nashville en 2e, mais il s'est repris.
  • Desharnais était au fourneau pour l'attaque. Un but et 4 chances pour Pacioretty, une chance pour Gallagher et un avantage confortable pour le trio aux chances (+6/-2) et aux tirs (+16/-6). Le but en prolongation, c'est la cerise sur le sundae.
  • Dans les 43:36 minutes passées à forces égales sans que le trio Eller, Brière et Bourque ne soit sur la glace (ce qui comprends donc un tas de fois où ces gars-là étaient, individuellement ou par paire, en train de jouer), le CH a généré 13 chances de marquer et en a accordé 8. Raisonnable. En 10:56, ces trois-là ont laissé l'adversaire prendre 7 chances de marquer, sans jamais en générer une seule. Ce trio-là a lamentablement écrasé et, outre le premier but des Preds, aurait pu en couter bien d'autres. Stalberg, Cullen et Bourque, c'est pas les Red Wings, là...
  • La position du trio d'Eller était d'autant plus intenable que White n'était pas là. Sans son centre défensif, Therrien a tenu sa 4e loin de toute responsabilité défensive. Alors que sa 3e et sa 4e avaient relativement bien tenu contre les Blues, contre Nashville ce fut l'effondrement total. Le CH a besoin de Ryan White comme 4e centre et un joueur comme Bournival complète mieux Eller et Bourque. Il n'y a tout simplement pas de place pour Brière dans cet alignement.
  • Bouillon et Subban ont été surutilisés, 20 minutes au total ensemble à 5v5. Leurs seuls vrais moments de faiblesse sont survenus avec le trio d'Eller, un résultat qu'ils partagent avec les autres duos de défenseurs.
  • Emelin et Markov ont été lourdement enterrés aux mises en jeu (+3/-10) et ont terminé dans le rouge aux tirs, mais dans le vert aux chances (+6/-4). Ils n'ont pas bloqué un nombre absurde de tirs, ce qui nous indique qu'ils ont bien réussi à tenir l'adversaire loin de la zone payante plus souvent qu'à leur tour. Les performances de ce duo sont encourageantes, mais attendons encore un peu.
  • Murray semble faire un très bon travail sur le désavantage numérique. Mais à forces égales, il est effroyable malgré une protection de tous les instants. Qu'après un match comme celui-ci, où Bouillon démontre à quel point il lui est supérieur, on continue à s'acharner à le mettre dans l'alignement soir... Ça me dépasse, tout simplement. Marc Denis laissait entendre à RDS que n'eût été la blessure à Gorges, ç’aurait été Diaz qu'on aurait laissé de côté. La chose me semble parfaitement ridicule, mais en même temps Therrien a donné à Subban le job de Diaz en désavantage numérique...






Et pour les masochistes, voici les tableaux du match contre Saint-Louis.






mardi 17 décembre 2013

20513: Phoenix 1 Montréal 3

C'était bien parti, 3 chances en quelques minutes, puis le train a déraillé. Les deux désavantages numériques subis en première avaient en fait tout l'air de moments de repos et de stabilité, c'est dire le chaos qui s'était emparé de l'équipe. Après une double mineure à Prust en deuxième, Therrien s'est mis à brasser la soupe dans la défensive et l'effet a été immédiat. On l'entrevoit aux différentiels de tirs tentés par période (-13, -1 et +5) et aux chances (+1, +3 et +2 avec 6 minutes de protection d'avance). Il était temps. Reste à voir si ça tiendra.

  • Plekanec a connu une première période effroyable: +0/-13 aux tirs, +0/-2 aux chances, outrages subis à parts égales aux mains de Vermette et Ribeiro (!), avec un peu tous les défenseurs du CH. Je ne sais pas trop ce qu'ils se sont dit à l'entracte, mais faudrait se le dire plus souvent: +14/-8 aux tirs, +7/-3 aux chances au cours des 2 dernières périodes. Ben coudon. Galchenyuk aura joué jusqu'à la fin (ou presque, Pacioretty lui a volé les 15 dernières secondes du match), ce qui en dit long lorsqu'on sait qu'il remplaçait Brière par Moen en 3e pour aider Plekanec à fermer les matchs. Bientôt (l'an prochain?), ce sera Galchenyuk lui-même qui pilotera les missions de fin de match.
  • Vermette était censé couvrir Desharnais ce soir et franchement, il aurait quasiment mieux fait de rester à l'hôtel. En plus de ses deux buts, Pacioretty a deux tiges horizontales et le trio au complet a vissé les Coyotes encore et encore. Comme centre tout usage, Desharnais est plus ou moins efficace. Mais quand vient le temps de convertir une surdose de mise en jeu en zone offensive en chances de marquer, lui, Gallagher et Pacioretty savent y faire.
  • Pénalité de Brière en zone offensive sur sa première présence. Therrien n'a pas aimé et après avoir donné un peu de temps à Eller, Bournival et Brière, il s'est tanné et a démantelé le trio. Brière et Bournival, qui n'ont l'un comme l'autre pas franchi la barre des 5 minutes jouées, terminent quand même avec un solde neutre aux chances et une chance de marquer chacun, malgré deux mises en zone défensive contre rien en zone offensive. C'est pas les chars, mais c'est pas Parros non plus.
  • Bourque, Prust et Moen ont tourné aux ailes d'Eller toute la soirée et c'est Prust et Moen qui ont fait la 3e. Le gros Bourque s'est quand même fendu de quelques belles entrées de zone et ne m'a pas trop semblé embêté. Ne serait pas surpris de voir Brière entre Bournival et Prust pendant un moment. Ça va probablement le tanner et on va râler sur notre 4e centre de 4 millions, mais dans les faits c'est le genre de trio qui peut faire très mal aux fonds d'alignements adverses.
  • Markov et Subban s'emmêlaient de plus en plus et je crois que c'est ce qui a poussé Therrien à bouger. Subban et Gorges, donc. Combinaison éprouvée, probablement supérieure en défensive à ce que Subban peut donner avec Markov.
  • L'autre partie du brassage de soupe, c'est donc le retour de Markov avec Emelin. J'ai de très sérieux doutes, ce duo commençait à pomper l'huile lorsqu'Emelin s'est pété le genou l'an dernier. Mais l'équipe demande cette saison à ses défenseurs de faire moins de "pinch", d'être moins agressifs dans leurs appuis aux attaquants. Ça devrait les aider à garder les choses sous contrôle, leur grande faiblesse étant l'an dernier leur propension à accorder quantité de 2 contre 1. Ça ne règle pas le problème de la présence d'Emelin contre les meilleurs attaquants adverses, mais si ça tient, on aura alors un exemple éloquent des qualités défensives de Markov. Parce que Gorges, lui, n'a jamais réussi à installer quelque chose avec le gros #74.
  • Fascinante utilisation de Murray et Diaz: beaucoup de temps contre Hanzal et Vrbata, deux monstres physiques et offensifs, mais très peu de mises en jeu prises au total. On leur demandait de couvrir de "gros bonhommes" (oyoyoye, les figures de style, des fois c'est dissicile de se renouveler!) mais on ne cherchait surtout pas à les exposer inutilement à l'environnement plus préparé des situations de mises en jeu.





lundi 16 décembre 2013

La défensive, vrai problème du Canadien

Je l'ai souligné hier dans mon résumé du match contre la Floride, le CH est en train d'enfoncer, ce qui se traduit notamment par un effondrement de la capacité du club à générer plus d'entrées de zones en possession de rondelle que l'adversaire. Le graphique suivant montrait la chose assez explicitement.


En gros, on y constate que le club a bien commencé l'année, s'est brusquement effondré (en fait, c'est un match au Colorado qui fait basculer la moyenne tournante) pour ensuite se tirer graduellement du trou. Mais depuis une quinzaine de matchs, ils s'enfoncent rapidement.

Un deuxième histogramme, un peu plus complexe, nous permet de mieux prendre la mesure de ce qui se passe avec le club depuis le début de la saison dernière:

Les tirs au but et tirs manqués, donc tous les tirs susceptibles d'être des chances de marquer, sont en rouge et les mises en jeu sont en vert. L'histogramme affiche les +/- par heures passées sur la glace. On voit comment l'équipe de l'an dernier, au-delà des victoires et des défaites, était une bonne équipe de possession de rondelle: après un début de saison difficile, les choses ont embrayé et tous les indicateurs sont généralement restés positifs. Cette saison, l'équipe prend toujours plus de mises en jeu dans sa zone qu'en zone adverse et, sauf de rares exceptions, accorde plus de tirs qu'elle n'en prend.

Oui, le calendrier est difficile, mais toutes les équipes passent par là. Le club coule et Therrien va devoir revenir à certaines combinaisons qui ont fait le succès de l'équipe l'an dernier. En fait, la chute de productivité du club par rapport à l'an dernier s'accompagne d'une modification importante des rôles attribués aux différents trios. On peut illustrer cette modification en observant le différentiel des mises en jeu selon la zone dans laquelle elle est prise. On constate que certains joueurs, relativement au reste de l'équipe, sont passés d'un rôle offensif à un rôle défensif, et vice versa.


En 2013, White et Plekanec sont généralement ceux qui sont sollicités sur les zones de mises en jeu, alors que Desharnais va rester relativement avantagé tout au long de la saison. Eller va passer d'un rôle défensif à un rôle offensif. Halpern va prendre une partie du job de White, et va aussi devenir l'assistant de Desharnais alors que ce dernier va prendre un plus grand nombre de mises en zone défensive (tout en gardant un solde positif).

En 2013-2014, il est plutôt surprenant de constater que Desharnais va longtemps conserver un solde de mises en jeu négatif, entre autres lorsque Pacioretty (pourtant seul véritable joueur capable de faire une différence en défensive sur ce trio) est blessé. De même, Therrien semble s'appuyer beaucoup moins sur Plekanec. En fait, il semble bien que Therrien ait délaissé son système de gestion des mises en jeu pour plutôt aller vers un système de gestion des confrontations.

Le même graphique appliqué aux défenseurs est beaucoup plus difficile à lire, mais mérite d'être montré.


Alors que les centres ont des rôles clairement définis et se font attribuer des ailiers en fonction de leur rôle, les défenseurs voient leur rôle changer en fonction de leurs partenaires du moment. Tous les défenseurs sur ce graphique passent d'un bord à l'autre de la ligne, selon les blessures et les combinaisons.

Les choses deviennent plus claires lorsqu'on regarde la distribution du temps de glace en fonction du nombre de "top-9" (soit les 6 attaquants et les 3 défenseurs adverses ayant le plus de temps de glace au cours d'un match donné). Une barre rouge indique que le joueur est sous-exposé à un degré de compétition donné, une barre bleue indique qu'il y est surexposé:


Subban joue tellement qu'il est exposé à un peu tout le monde. Markov le rejoint en 2013-14 après avoir eu un rôle plus spécifique aux minutes dures en compagnie d'Emelin la saison précédente. Emelin conserve ce même rôle d'une saison à l'autre alors qu'on constate que Diaz a moins systématiquement été exposé aux meilleurs attaquants adverses. En fait, Gorges et Diaz jouent contre un peu tout le monde en 2013 et Diaz garde ce profil en 2013-14. Bouillon, Murray et Tinordi sont clairement tenus loin des meilleurs éléments adverses.

Mais qu'en est-il des résultats? Le différentiel de chances de marquer par heures passées sur la glace à 5 contre 5 est révélateur du résultat des changements dans la brigade défensive, ce qui doit se comprendre en regardant du même coup l'impact de la qualité des adversaires affrontés.

Le premier tableau indique un +/- de chances de marquer par heures passées sur la glace. Le deuxième tableau indique le % du temps de glace passé contre 4 ou 5 joueurs du top-9 adverse. Dans les deux cas, j'ai classé les duos de défenseurs en 1er, 2e et 3 duo.


Les choses commencent à se préciser:

  • Markov et Subban sont beaucoup plus dangereux que Markov et Emelin, mais ils sont aussi passablement moins exposés aux meilleurs éléments adverses. Il faut souligner qu'au moment de la blessure à Emelin, les deux Russes en arrachaient et étaient en train de perdre leur statut de premiers défenseurs aux mains de Gorges et Subban.
  • Gorges et Diaz ont maintenu leur niveau de performances. En fait, leurs résultats de 2013-14 sont un peu dopés par un nombre particulièrement élevé de tirs bloqués. Reste qu'ils sont capables de prendre des minutes dures et de sortir avec un bilan positif.
  • Gorges et Subban étaient, comme je le disais plus haut, en passe de prendre la place de Markov et Emelin, bref de reprendre le rôle qui était le leur en 2011-12. Gorges et Emelin ont été écrasés sous la pression, littéralement. Therrien les a envoyé dans les minutes dures et ils y crèvent comme des chiens, ça en est sordide. Le match contre les Islanders a laissé entrevoir une embellie, mais ils ont recalé contre les Panthers.
  • Si Gorges et Emelin sont sordides à voir aller, Bouillon et Murray le sont aussi. J’ai regroupé les différents duos constitués avec Bouillon (dont Murray, avec qui il fait -12 chances de marquer à l'heure) pour montrer à quel point le pauvre #55 ne fait tout simplement pas le travail. Ancré à droite la plupart du temps, il s'y trouve dans une position qu'il ne peut tenir correctement et les résultats sont effroyables. On dira ce qu'on voudra de Drewiske, mais au moins il permettait au "Cube" de jouer à gauche. Murray et Diaz coulent aussi de concert. Sachant que Diaz fait depuis un an un très bon job de minutes dures lorsqu’à la droite de Gorges, on réalise à quel point le gros Douglas torpille le jeu à forces égales du club, et ce contre les pires éléments adverses.
Un problème tactique?
Lorsqu'on observe les matchs, il est assez clair que le club demande désormais à ses défenseurs de "pincher" avec moins de vigueur. En descendant moins agressivement en zone adverse, les défenseurs plus rapides sont plus disponibles pour épauler leurs compagnons plus lents lors des contre-attaques. Ça se tient et, il faut le dire, le club compense en demandant au 3e attaquant de descendre plus bas en zone offensive, ce qui fait qu'on voit souvent les 3 attaquants en bas des points de mis en jeu en zone adverse.

À mon sens, le problème du CH n'est pas là. La première séquence difficile, marquée par l'enlisement au Colorado, s'explique à mes yeux par les blessures au fond d'alignement (Sérieux, Holland/White/Blunden...). On peut grincer des dents en voyant comment Therrien s'est appuyé sur Desharnais (et Brière!!!) en zone défensive tout en poussant Eller en zone offensive, mais ça n'est pas un drame absolu et les résultats, surtout dans une séquence contre des clubs de l'Ouest, restent relativement tolérables.

Le problème du club me semble plutôt être dans l'assemblage dysfonctionnel que constituent les deux derniers duos de défenseurs. Ceux-ci ne peuvent plus sortir la rondelle de la zone avec régularité et c'est ce qui étrangle complètement l'attaque. À regarder les vidéos d'entrées de zone en possession de rondelle, on constate rapidement que ces entrées de zones sont la plupart du temps créées en sortie de zone défensive: le joueur d'attaque prend son élan et son défenseur lui remet la rondelle avant qu'il n'atteigne la ligne du centre. Le défenseur adverse n'a alors d'autre choix que de concéder la ligne bleue.

C'est exactement ce qui arrive au CH présentement: privés de cet élan initial, les joueurs flagossent en zone neutre et ne peuvent que domper la rondelle en fond de zone. Privés de vitesse, ils ne peuvent faire de pression sur les défenseurs, qui refilent la rondelle à leurs attaquants en plein élan et zou, entrées de zone en possession de rondelle de la part de l'adversaire.

Emelin va-t-il finir par retrouver ses marques? Je suppose que oui, mais à court terme, j'en doute. La solution passe d'abord par une réorganisation du quatuor défensif principal autour de Gorges, Subban, Diaz et Markov (qui joue avec qui dépend de la distribution des tâches que souhaite l'entraineur). Ensuite, il faut trouver un compagnon à Emelin pour le 3e duo. Si Bouillon n'est pas ce joueur, alors il est temps de regarder à Hamilton ou ailleurs.

20501: Floride 2 Montréal 1

Avant de passer au résumé du match, un petit quelque chose. J'écris depuis deux mois maintenant une chronique hebdomadaire sur le site français de la LNH. Je ne sais pas jusqu'à quel point le lectorat de ce blogue recoupe ceux qui me suivent sur Twitter, mais je pense ne jamais l'avoir formellement annoncé ici. La dernière chronique porte spécifiquement sur PK Subban, vous pouvez la lire ici. Pour résumer: j'y montre à quel point Subban a démontré sa polyvalence au cours des premières saisons de sa carrière, polyvalence qui servirait selon moi fort bien son équipe nationale aux prochains Jeux olympiques.

Les autres chroniques, qui portent sur la LNH en général, sont recensées ici. Maintenant, place au résumé du match le plus plate de l'année.

Sérieux, j'ai dû aller me faire un café avant d'écrire ce billet.

J'aime bien Michel Therrien. Mais ce soir, il a un peu dormi sur la switch et le premier but des Panthers me semble être directement lié à cet assoupissement. En fait, je dis "endormi", mais on pourrait aussi bien l'accuser d'avoir voulu jouer au smatte et de s'être fait prendre. Sur une mise en jeu en zone défensive contre la 3e des Panthers, il a décidé d'envoyer White prendre la mise avec Desharnais et Brière. Qu'il décide de donner la mise à White, je comprends. Qu'il la donnes à White en remplacement d'un joueur du trio de Desharnais, bon, pourquoi pas. Mais qu'il choisisse d'envoyer White à la place de Pacioretty? Ce dernier joue en désavantage numérique et pas les deux autres, un signe parmi tant d'autres que des 3, c'est lui le meilleur en défensive. Qu'on choisisse de le laisser lui sur le banc et qu'on laisse Brière, effroyable dans sa propre zone, prendre la mise comme ailier (une position où il n'est guère confortable), c'était une crampe au cerveau. Laisser Pacioretty ou, encore plus simplement, envoyer White avec ses sbires de la 4e, Moen et Prust, aurait fait immensément plus de sens et Therrien ne s'enfarge habituellement pas dans les fleurs du tapis sur ces questions-là. Mais ce soir, oui.

Si le but a semblé assommer ses joueurs, ça a semblé le réveiller, lui, et il s'est par la suite mis à travailler ses lignes pour faire démarrer le moteur. C'est pourquoi, au bout du compte, j'aime bien ce coach.

Ceci étant dit, l'équipe dérive. Écrasement physique suite à l'exigeante séquence traversée précédemment? Peut-être. Fatigue mentale? Peut-être. Mais qu'importe, le problème est réel et massif. J'en veux pour preuve ce petit histogramme au titre à coucher dehors et à la tendance manifeste:
Après un début de saison prometteur, l'équipe pique brusquement du nez. Ça coïncide en partie avec l'arrivée de Douglas Murray et les blessures à Moen, Prust et Pacioretty. Le club se pète notamment un match effroyable au Colorado, où après un match au Minnesota la veille (match perdu à cause de Parros, au fait), même Subban et Markov ne l'ont pas. L'équipe termine alors avec un ronflant différentiel de -19 avec le score serré. C'est assez net comme plantage et le club remonte la pente immédiatement après, repassant même au positif lorsque le -19 sort de la fenêtre de 10 matchs. Puis ça repart à la renverse, suite à un beau -18 au New Jersey. On est au coeur de la série victorieuse, alors personne ne pipe mot, mais le club coule alors définitivement; depuis le match du 22 novembre à Washington, le CH a connu exactement deux matchs avec un différentiel positif aux entrées de zones à forces égales avec le score serré (bref, quand ça nous parle vraiment de la force du club). Deux matchs chaque fois contre les Sabres de Buffalo.

Bref, l'équipe dérive. Et les gardiens et la poudre de perlimpinpin et surtout la chance ne compensent plus. Alors, que va faire Therrien? Il a déjà commencé à bouger, Galchenyuk semble installé à demeure sur le trio de Plekanec et Gallagher est revenu aux côtés d'Eller. On attend la suite et je crois qu'on a eu, après le deuxième but des Panthers, une idée de ce qui s'en vient.
  • Deuxième match en deux soirs, une défensive flageolante derrière lui, 6 mises en zone défensive pour 3 en zone offensive... On a plein d'éléments nous permettant de se dire "oh, un mauvais match, ça arrive".  Mais en même temps, Pleks jouait contre Scottie Upshall, Tomas Fleischmann et Nick fucking Bugstad. De bons joueurs de la LNH, mais comme premier trio on parle d'une méchante gagne de piments. Et Plekanec termine avec une soirée en demi-teinte contre eux? Mais non. C'est bien Campbell et Gilbert, probablement le premier duo de défenseurs le plus sous-estimé de la ligue, qui leur a collé des claques.
  • Si Pleks a terminé en demi-teinte contre Gilbert et Campbell, Eller et ses comparses ont complètement écrasé, au point où Therrien les a séparés après le deuxième but des Sabres pour envoyer Gallagher avec Desharnais et Pacioretty. Brière a réussi une chance avec Eller, en plus d'une avec Desharnais. Il est incapable de faire autre chose que des gaffes en défensive et s'il n'a pas la rondelle il ne fait rien qui vaille, mais Brière me semble avoir trouvé une fraction de seconde supplémentaire, un brin d'accélération et d'explosion qui lui permettent désormais de rapiner 2 chances à forces égales par matchs. Ça n'a l'air de rien comme ça, mais à 15% de taux de conversion moyen, ça finit par monter. Reste à voir si on continuera à lui donner du temps de glace lorsque Bourque reviendra.
  • Curieux de voir si Gallagher est retourné pour de bon à la droite des deux autres. Ça reste la meilleure combinaison d'exploitation disponible. Therrien a poussé sur eux côté temps de glace et ils ont généré des tirs, mais aux chances c'est le bide: +0/-3. Je les garderais ensemble, Brière est mieux aux côtés d'un centre nord-sud comme Eller et d'ailiers comme Bournival.
  • J'ai trouvé la 4e terriblement regrettablement sous-utilisée. Une fois le retard de deux buts consacré, c'était aux joueurs offensifs de retourner plus souvent qu'à leur tour au charbon. Dommage quand même.
  • Markov et Subban ont souffert des coups de cognée donnés par le premier duo de défenseurs des Panthers, souvent envoyés sur les mises en zone du CH. Pas d'assignation de couverture très précise, beaucoup de glace et de mises en zone défensive... Tout ça sent le roussi: Therrien a simplement cherché à éviter le pire en envoyant ses meilleurs défenseurs couvrir tout ce qui pouvait être couvert. Ça n'a pas suffi, évidemment.
  • Les deux derniers duos de défenseurs ont cassé. Pris individuellement, Emelin et Gorges semblent mieux s'en tirer, mais c'est en grappillant aux marges des changements de ligne. Réunis, ils ont fait +2/-5 aux chances, +13/-16 aux tirs, malgré 5 départs offensifs contre 4 défensifs. Diaz et Murray ont implosé totalement (Murray, surtout, constamment débordé), +1/-5 aux chances malgré un solde positif aux mises (+4/-3). C'est une position impossible et Therrien le sait. On a vu Diaz et Gorges alterner avec Markov et Subban lors des 5, 6 dernières minutes du match alors qu'Emelin et Murray restaient au banc. J'espère de tout coeur que ça signifie qu'on aura au prochain match Diaz et Gorges comme spécialistes des mises en zone défensive, Emelin et Bouillon comme 3e duo et qu'ainsi Therrien se redonne la capacité d'utiliser Markov et Subban comme créateurs offensifs et non comme éteignoirs défensifs, ce qui laisse alors le club sans aucune contribution offensive de ses défenseurs. Diaz a des aptitudes, mais la lenteur excessive de Murray le force à jouer celui qui reste en retrait, sans quoi les échappées se multiplient.





samedi 14 décembre 2013

20493: Montréal 1 Islanders 0

L'équipe continue à en arracher, mais les Islanders ne sont pas une puissance de la ligue. Après un début de match chancelant, ils ont donc graduellement repris le contrôle du match, finissant en force en 3e période. Reste que côté chances, c'était plutôt maigre.

Je ne peux m'empêcher de noter qu'au cours du match le CH s'est fait royalement planter sur les entrées de zone en possession de rondelle. Ça semblait particulièrement évident contre les deux premiers trios, notamment Tavares et Grabner. Mais c'était aussi, dirait-on, tout ce que les Islanders avaient dans le corps. Des 11 chances accordées aux New-Yorkais, 9 l'ont été moins de 3 secondes après une entrée de zone, signe d'une attaque qui ne savait pas s'installer en territoire du CH. C'est toujours ça de pris, je suppose.

  • Plekanec était couvert par Nielsen, sur commande de Capuano qui usait de son avantage de la patinoire à cet effet. Therrien semble avoir répondu, en haussant les épaules, "Ok, d'abord". Poussés en zone offensive (6 mises près de Nabokov contre 3 près de Price), Pleks et ses sbires ont méthodiquement tabassé Nielsen. Le but n'est jamais venu, mais on note un vol en plein jour de Nabokov en 3e.
  • Therrien voyait bien de Capuano cherchait à coller Tavares contre ses 2e et 3e trios. C'est donc Moen (et non Bournival) qui a pris l'aile gauche d'Eller et Gallagher, avec quelques tours de roue pour Prust. Au total, Eller a relevé le défi contre Tavares et contre le jeune Strome, passant même à quelques centimètres de décapiter Tavares en 3e. Faudra voir si Bournival finit par tasser les deux vétérans, mais en attendant, c'est un très bon trio de minutes moyennes que Therrien vient de se trouver là. Il s'en trouvera pour chicaner sur la baisse de production de Gallagher, mais il remplit dans ce trio un rôle essentiel aux succès de l'équipe.
  • Le gros work in progress de l'alignement, c'est évidemment Desharnais, Brière et Pacioretty. On les attend depuis le camp d'entraînement et, pour la première fois hier, je les ai vu capables de se parler en zone offensive. Ça reste encore malaisé: Desharnais et Brière sont tous deux habitués à travailler dans les mêmes talles, ce qui fait parfois un grand vide devant le filet. Mais Brière peut être un joueur subtil et comme marqueur, son tir est d'autant plus redoutable que celui de Desharnais. Je l'ai vu hier plus rapide, plus agile qu'à l'habitude, peut-être est-ce simplement les Islanders remarquez. Mais le gars joue sa carrière et on lui offre deux joueurs offensifs et bien des mises en jeu en zone adverse. Attendons voir.
  • Parros a patiné 30 secondes, s'est pogné avec le taupin de service et a ramassé une droite en pleine poire. Le CH a donc terminé à 11 attaquants. À court terme, y'a pas 100 façons de le dire: c'est une excellente nouvelle. Ryan White, centre qui excelle dans conciergerie défensive, va aider (avec Bournival, Moen et Prust) à dégager le chemin pour Desharnais et, qui sait, peut-être aussi Eller. La défensive souffrira elle aussi moins par le seul fait de sa présence.
  • Tournant contre les deux premiers trios, Markov et Subban ont fini par égaliser les comptes. En fait, c'est en compagnie de Desharnais et ses sbires que les choses se sont gâtées, autrement, tout était sous contrôle.
  • Emelin et Gorges ne m'ont pas paru particulièrement remarquables, mais voilà: +7/-2 aux chances, +20/-10 aux Tirs, +4/-5 aux mises en jeu, tout ça en passant 35% de leur temps contre Tavares et 35% contre Nielsen. Du beau travail. S'ils se renchaussent enfin, ça va faciliter l'existence de tout le monde.
  • Lourde protection territoriale pour Diaz et Murray. Ce dernier a eu l'air d'un maudit pylône toute la soirée. Sur les 12 entrées de zone en possession de rondelle des Islanders en sa présence, ils ont bien dû en faire 10 de son côté. M'enfin.





vendredi 13 décembre 2013

20474: Montréal 1 Philadelphie 2

L'heure des choix approche-t-elle? Le CH doit en grande partie sa récente série de succès aux excellentes performances de ses gardiens et de ses unités spéciales. À forces égales, l'équipe a souvent peiné à prendre sur ses adversaires un avantage décisif et constant, notamment victime d'un alignement en continuel déséquilibre.

La défaite aux mains des Kings pouvait être expliquée, rationalisée: voilà une puissance de la ligue qui a ramassé le club sur une mauvaise soirée, notamment une mauvaise sortie de son gardien-vedette. Soit. Mais perdre aux mains des Flyers, club moyen sinon médiocre, jouant qui plus est un deuxième match en deux soirs, avec dans les filets l'effroyable Steve Mason?

L'heure des choix approche peut-être, donc. Avec seulement deux buts de retard, dès le début de la troisième, Therrien a ajusté ses trios. L'expulsion d'Emelin (sur un coup de coude réflexe qui ne lui vaudra probablement pas de suspension) a retardé l'amorce des mouvements de personnel dans le corps défensif, mais ce n'est pour moi qu'une question de temps. Le club vient d'amasser un considérable trésor de guerre sous forme de points au classement, dans une des portions les plus denses de son calendrier. Il serait dommage de dilapider ce capital en continuant à confier des missions à des joueurs qui ne sont pas les plus qualifiés du club pour les mener à bien.

  • Le trio de Plekanec s'affirme plus que jamais comme un des piliers sur lequel une possible relance du club devra être bâtie. On lui a demandé ce soir une part considérable de l'effort défensif, conséquence directe d'une configuration initiale des lignes d'attaques faisant de son trio le seul habilité à ces missions. En 3e, Prust a été remplacé par Galchenyuk, ce qui a immédiatement donné un élan offensif supplémentaire à ce trio. Les surdoués carburent aux défis et le jeune #27, si on ne le laisse pas encore toucher sérieusement au poste de centre, est rendu aux minutes dures. C'est avec Plekanec et Gionta qu'il en aura la plus grosse louchée, espérons que les entraîneurs le laissent s'y essayer pour quelques matchs. Contre les Flyers, c'était lui le meilleur.
  • Galchenyuk parti, c'est aussi un gavage systématique aux mises en jeu en zone offensive qui fut perdu pour Eller. Prust s'est joint à eux, parfois aussi Moen. On verra à l'usage, mais je note que ce trio donne, à travers les branches, à entrevoir une possible collaboration avec Bournival (si on finit par laisser ce dernier récupérer des coups à la tête subis ces derniers temps).
  • Pour le meilleur et pour le pire, il semble bien que Desharnais, Pacioretty et Brière soient destinés à travailler ensemble. C'était le plan en début d'année et on y revient maintenant. Après leur avoir donné une distribution normale de mises en jeu au cours des deux premières périodes, Therrien les a gavé de mises en zone offensive en 3e. Un rôle qui leur sied mieux. Collés à Claude Giroux, ils en ont été quittes pour une soirée parfois pénible. Quand même deux chances pour Brière. Sur un soir pareil, ça compte.
  • Je n'arrête pas de chigner sur le fait que Bournival semble aux prises avec une commotion cérébrale. Je serais donc bien malvenu de râler sur la présence de Parros. Mal nécessaire en attendant Michaël, ça coupe quand même les jarrets au 4e trio, condamné à l'insignifiance.
  • Deux jours de repos et Subban et Markov sont repartis pour la gloire. Ajoutons qu'avec du retard, les mises en jeu se sont fait nombreuses en zone des Flyers, ce qui a dopé d'autant leur fiche. Subban a joué plus de 23 minutes à forces égales, probablement son plus haut score en carrière.
  • Emelin et Gorges ont encore mangé une volée. Emelin semble maintenant définitivement perdu. Je parlais de choix à faire. Le gros Emelin n'a pas d'affaire là ou il est présentement, c'est un travail pour Diaz.
  • Diaz, justement, a couru un peu partout ce soir, alors que Murray courait la grosse mise en échec. Ça explique la fiche anormalement mièvre, notamment de mauvais moments passés avec le trio de Desharnais.





mercredi 11 décembre 2013

20461: Los Angeles 6 Montréal 0

Comme dirait Benoit Brunet:

Oyoyoye.

En première période, les choses étaient vaguement sous contrôle, à l'exception de deux séquences, au cours desquelles le CH a laissé Kopitar bardasser sans que Plekanec ne soit sur son cas. Bref, le gros Anze a profité des 1:53 passées loin de Pleks pour coller 4 chances (et deux buts, yo) au CH. Sinon, je le répète, c'était relativement sous contrôle.

Mais en deuxième? Oyoyoye. Les troisièmes et quatrièmes buts des Kings n'avaient pas d'affaire à être accordés, c'est un fait. L'un comme l'autre était un cas clair d'obstruction délibérée du gardien de but. Mais tout ça ne doit pas masquer un fait bien simple: le CH s'est fait rétamer, se faisant coller pas moins de 10 chances de marquer en deuxième période. Rendu là...

  • Plekanec est le seul à avoir tenu sans problèmes pendant les deux premières périodes (et je dis ça en étant conscient du fait que le 3e but est sur son chiffre). Il aura collé 3 chances à Kopitar et n'en a donné qu'une au meilleur centre des Kings. Le but fut concédé à Stoll (et Emelin a eu l'air d'un pylône sur ce but-là), alors qu'il a aussi pété la face à Richards.
  • Eller, Bournival et Brière étaient formidablement dysfonctionels. Je refuse d'ailleurs de croire que Bournival n'est pas encore dans les vapes de commotion cérébrale après avoir mangé deux coups à la tête en deux soirs la semaine dernière. Mais c'est le hockey, faut pas se plaindre et continuer. Bah. Réuni à Galchenyuk et Gallagher en 3e, ça s'est bien passé, comme de raison. Mais je trouve ça regrettable. Galchenyuk était remarquable avec Pleks et le CH a besoin d'un trio "marteau". Malheureusement, tout ça semble parti pour ne pas arriver.
  • Mauvais match pour DD, qui n'a jamais pu traverser Doughty (c'est pas Stoll qui lui donnait du trouble). Therrien lui a donné beaucoup de mises en zone défensive, ce qui n'est jamais très productif. Les brefs épisodes contre Kopitar se sont terminés dans le sang et les larmes.
  • Prust, Moen et White n'ont presque pas joué ensemble. Dommage.
  • Markov et Subban ont regarni leur fiche en 3e, mais ce fut pénible en deuxième, alors que Therrien a du les bardasser un peu. Pris sur une fin de chiffre sur le 4e but, sur un dégagement refusé sur le 2e, Markov sur un changement sur le 3e... Berk. Ils avaient commencé sur le cas de Richards mais ont été envoyés sur Kopitar en 2e.
  • Emelin et Gorges ont encore cassé. Accotés à Kopitar en première, ils ont mangé leurs dents sitôt que Pleks s'absentait. Ça ne tient pas, tout simplement. Le Canadien a un calendrier relativement facile d'ici Noël, il est donc possible qu'on donne encore du temps à Emelin dans les minutes dures, mais honnêtement, je ne vois pas comment ça peut valoir la peine. Qu'on le laisse trouver ses marques sur la 3e paire et qu'on réunisse Gorges et Diaz.
  • Jouant principalement contre la 4e ligne, Diaz et Bouillon ont connu un match sans histoires.