mercredi 27 février 2013

20284: Montréal 5 Toronto 2

En première, les Leafs semblaient étrangement passifs. Concentrés à bloquer l'enclave et incapables de garder le CH hors de leur zone, ils systématiquement joué la bombe et ça leur a réussi! Ainsi, si le CH domine largement aux tirs vers le filet (+24 / -14), ce sont les Leafs qui ont eu l'avantage aux chances de marquer à forces égales ( 4 contre 2 pour le CH). Si aux tirs les choses semblent s'égaliser en deuxième, à mon sens ce n'est qu'en troisième période que les Leafs ont fini par s'établir dans le territoire du CH.

Therrien a joué dans ses duos de défenseurs entre la première et la deuxième période. Après n'avoir fait jouer Bouillon et Kaberle pour un peu plus de 4:36 en première, il a finalement décidé de jumeler Kaberle à Subban et Gorges à Bouillon en deuxième. Fait important à mes yeux: c'est Gorges qui a pris le flanc droit avec Bouillon, position que ce dernier occupait pourtant avec Kaberle. Il n'a que peu utilisé Subban et Kaberle en deuxième (un peu moins de 3 minutes contre près de 5 pour les deux autres duos) pour ensuite les intégrer systématiquement dans la rotation en troisième, leur donnant même un peu plus de glace que Bouillon et Gorges (5:29 contre 4:49).

J'aurais aimé qu'il s'en tienne à Emelin/Markov et Subban/Gorges en rotation lourde, mais de toute évidence le risque n'en valait pas la chandelle aux yeux du coach. En fait, j'aurais voulu voir Weber à la droite de Bouillon. La commotion de Diaz implique qu'il ne reviendra pas de si tôt, on est donc encore voués à quelques expériences. C'est pourquoi je crois que Gorges à droite n'est pas une mauvaise nouvelle: il y est probablement supérieur à Emelin, ce qui ne devrait pas tarder à ressortir.

Le Tank et le Général se sont encore fait bruler en descente ce soir, notamment sur le deuxième but des Leafs. Carlyle savonnait vigoureusement ses joueurs au banc un peu avant ce but et le CH dominait complètement jusqu'à ce point. Si Montréal colle un 3e but avant que les Leafs n'égalisent, Toronto se serait effondré. Si Emelin comme Markov sont deux défenseurs de qualité, on commence à voir de manière assez nette que leur lenteur combinée met l'équipe à risque. Jusqu'ici, Therrien semblait chercher à compenser en donnant de plus grandes responsabilités à Diaz et Gorges qui semblaient tous deux bien répondre. Sans ce duo, ce pourrait bientôt être la fin du rideau de fer.

  • Premier match difficile aux chances pour Prust, Plekanec et Gionta. Lorsque réunis, ils ont fait +1/-5 aux chances. Pourtant, l'avantage territorial était là: 6 mises en jeu en territoire défensif, 5 en zone offensive, 14 tirs tentés pour 11 accordés et surtout 13 entrées de zone en possession de rondelle et seulement 3 accordées à l'adversaire. 3 des 5 chances accordées l'ont été avec Emelin et Markov, avec qui ils n'ont pourtant joué que 4:42 sur un total de 12:31 à forces égales. À surveiller.
  • Therrien a joué l'avantage territorial au possible en faveur de Pacioretty, Desharnais et Gallagher, qui ont été réunis pour 8 mises en zone offensive contre aucune en zone défensive. La réponse fut étincelante sur toute la ligne, mais j'attire votre attention sur les 13 entrées en possession générées par ce trio, contre 7 accordées à l'adversaire. Un trio qui commence toujours en zone adverse n'aura forcément pas autant d'occasions de transporter la rondelle en territoire ennemi, il y est déjà! De maintenir malgré tout un différentiel aussi largement positif indique ici que si d'aventure les Leafs réussissaient à sortir de leur zone, le trio de Desharnais ne leur laissait que rarement la possibilité de se rendre à la ligne bleue du CH. C'est une tendance que ce trio affiche depuis sa réunion et c'est ce qui me porte à croire qu'on n'est pas en présence d'un feu de paille, mais bien d'un redoutable trio d'exploitation.
  • Galchenyuk, Eller et Ryder ont d'abord été dysfonctionnels sans jamais sombrer. Therrien s'est impatienté un moment en deuxième, envoyant Galchenyuk réfléchir sur la 4e et montant Moen à gauche d'Eller pour le reste de la période. Évidemment, c'est Moen, Eller et Ryder qui se trouvaient sur la glace lors du deuxième but des Leafs. Galchenyuk est revenu à son poste en 3e, le trio terminant bien le match.
  • Soirée ingrate pour la 4e, une autre. Grabovski et Kulemin leur ont collé 3 chances en un peu plus de deux minutes et Moen, en enlevant la rondelle au gros McLaren, s'est trouvé à lui tirer dessus, la rondelle rebondissant ensuite derrière Price. Ben coudon.











mardi 26 février 2013

Ryder revient, Cole s'en va.

Il est toujours un peu difficile de se faire une idée sur un joueur qu'on n'a pas vu régulièrement depuis plusieurs années. Voici quand même quelques petites données concernant Michael Ryder à forces égales.


En jaune, les données qui me semblent les plus importantes. L'ami Ryder, à 32 ans, est encore durable, obtient une quantité décente de tirs au but pour un ailier de deuxième ou troisième trio, a la plupart du temps été dans un top-9 et n'a jamais été protégé outre mesure aux mises en jeu. À 10-15 buts à forces égales par saison, on parle d'une production honorable.

Ce que ce tableau ne nous dit pas, c'est la façon qu'à Ryder d'atteindre ces résultats. On sait de lui qu'il est surtout un finisher, mais après ça, faudra voir à l'usage.

J'ai beaucoup parlé de Cole cet été, à travers mon résumé de la saison de Desharnais d'abord, puis un autre couche au sujet de ce que lui et Pacioretty ont apporté au club. Son début de saison 2013 a été plus pénible, mais ça n'est pas faute d'avoir essayé:


Les décrochages entre ratios de chances de marquer et tirs vers le filet sont rarement durables et je crois qu'au total, Cole aurait comme d'habitude été chercher l'avantage aux chances et aux tirs si on avait continué à lui donner l'avantage qu'on lui a donné aux départs territoriaux. D'ailleurs, si tant est que la saison ne démarrait pas vite côté production, il n'était probablement pas à blâmer. Ainsi, voici la distribution individuelle des chances de marquer et des transports en possession de rondelle lorsque Cole était sur la glace à 5 contre 5:


Ainsi, plus du tiers des transports et des chances de marquer portaient sa touche personnelle. Pas exactement le signe d'un ailier sur le déclin.

M'est avis qu'on doit, en partie du moins, regarder du côté de Gallagher pour expliquer cet échange:



Si Gallagher, aujourd'hui à la droite de Desharnais, n'a pas la présence défensive de Cole, il a certainement démontré sa capacité à tirer pleinement parti de la protection territoriale que Therrien lui a donnée depuis le début de la saison. Et de ce que j'en ai vu contre les Rangers et les Sénateurs, Gallagher et Desharnais vont continuer à être gavés de mises en zone offensive.

Si le trio de Plekanec continue à courir les meilleurs éléments adverses et celui de White continue à prendre ce que Plekanec ne peut prendre en zone défensive, ça laisse un rôle relativement neutre au trio d'Eller. Cole aide certainement Eller dans ce contexte, mais le grand Danois est certainement moins dépendant de l'appui défensif de ses ailiers que ne l'est Desharnais dans le même contexte. En ce sens, ce que Cole apporte au-delà du rendement offensif n'a plus l'impact qu'il avait l'an dernier.

Rien de ce que je retrouvais dans les tableaux statistiques sur Prust ne m'avait annoncé le style de joueur qu'il était, la contribution qu'il pouvait apporter (je pense notamment à ce qu'il fait avec Plekanec et Gionta). Pour des joueurs comme Prust et Ryder, qui ne sont pas des ailiers de premier trio, mais sont quand même capables de remplir des rôles précis dans un top-9, c'est à l'usage qu'on voit vraiment ce qu'ils apportent.

À 34 ans et deux autres années à son contrat, Cole n'est plus une prime jeunesse. Ryder, deux ans plus jeune et libre comme l'air à la fin de la saison, donne donc encore plus de marge de manoeuvre à Bergevin pour la période des agents libres de l'été 2013. Si, instinctivement, Cole me semble être le meilleur joueur impliqué dans la transaction, les aires sur lesquelles il gagne sur Ryder (vitesse et surtout jeu défensif à 5 contre 5) ne me semblent pas être des pertes injustifiées vu ce que Bergevin gagne en flexibilité future. Il n'est pas dit que le #72, qui ne fait pas dans la dentelle, n'est pas à une blessure de devenir un albatros. Et puis bon, Bergevin semble insister sur les aptitudes de Ryder sur le jeu de puissance. Encore là, on verra.

lundi 25 février 2013

20271: Montréal 1 Ottawa 2(F)

Tu parles, Price qui se fait passer un ballon de plage et 3 poteaux frappés au cours des deux premières périodes. Le CH a semblé baisser un peu de régime en 3e, mais je ne saurais dire pourquoi. MacLean a semblé vouloir coller Turris à Eller à partir de la deuxième, alors que Therrien cherchait manifestement à lui opposer Plekanec.

Mais globalement, ils les ont enfoncés. Mais bon, 3 poteaux (et un arrêt fantastique contre Prust en 2e), un ballon de plage... C'est la vie. Pour le reste, peu de commentaires à faire:
  • Prust semble bien à l'aise à l'aile de Pleks et Gionta et les deux autres le lui rendent bien. Faisant jeu égal contre Turris, ils ont saigné le reste de l'alignement.
  • Desharnais n'a eu qu'une mise à prendre en défensive et les chances ont été à la clé. Je ne sais pas si c'est une simple variation ou un changement tactique, mais voilà, encore ce soir, Desharnais (4) a pris charge des entrées de zone. Ça lui va bien et il a réussi à coller 3 chances, trois autres revenant à Gallagher et une Pacioretty.
  • Eller s'arrangeait pour amener à la ligne bleue adverse et, de là, ils y allaient avec celui qui était en élan. Deux chances chaque pour Cole et Galchenyuk, ce dernier collant en plus trois transports en zone ennemie. Therrien, après avoir vu le trio de Plekanec noyer le moteur sur la première vague du premier jeu de puissance, les a ensuite promus sur l'avantage.
  • Outre une présence difficile contre Alfredsson, Turris et Silfverberg en fin de deuxième, match impeccable de la 4e, qui n'ont pris qu'une mise en zone adverse contre 4 en zone défensive, faisant jeu égal malgré tout.
  • J'ai laissé Emelin et Markov en premier, mais ils ont joué contre la 3e ligne, qu'ils ont dominée. La première, par contre, leur a fait des misères. La régression par rapport au début de saison se confirme donc. Je ne l'avais pas trop souligné contre les Rangers, mais c'est Gorges et Diaz qui avaient pris charge de Gaborik et Richards le samedi soir à Montréal. Même chose ce soir. Therrien, au-delà des louanges qu'il chante à Markov par médias interposés, ajuste donc ses confrontations.
  • Gorges et Diaz contre la première ligne des Sénateurs, donc. Pour ce soir, ça a fonctionné, le duo étant dans le positif contre la totalité de l'alignement adverse. Reste à voir comment ça va tourner à Toronto et, surtout, contre Pittsburgh.
  • Subban veut tellement sortir de la dernière paire... Parce qu'il veut trop en faire, il prend quelques risques en zone adverse qui causent quelques revirements qui vont certainement en amener quelques-uns à ramener le vieux discours sur sa "propension" à faire des erreurs. J'avoue être pas mal plus dérangé de voir Markov se faire déborder tout rond à sa ligne bleue par Slifverberg. Subban et Bouillon, pendant ce temps, dominent de façon outrancière le fond d'alignement adverse.










samedi 23 février 2013

20255: Rangers 0 Montréal 3

Si tant de gens à Montréal haïssent Gomez, c'est un peu beaucoup à cause de Ryan McDonagh. Jeune défenseur envoyé à New York contre le mal-aimé, McDonagh joue aujourd'hui une minute sur deux pour les Rangers. Après avoir passé 9:29 sur la patinoire en première période, il en avait passé 3:30 lors des 7:20 écoulé depuis le début de la deuxième lorsqu'il a terminé sa dernière présence du match, aplati contre la bande par Pacioretty. Cette mise en échec était une pure vengeance de la part de Pacioretty, lui-même aplati par McDonagh quelques instants plus tôt. Le plaquage de McDonagh me semblait mériter au moins une mineure et celui de Pacioretty... Bien honnêtement, j'ai cru qu'il serait expulsé.

Mais l'arbitre lui a simplement donné une mineure, McDonagh n'est jamais revenu et le CH a écrasé les Rangers. Si en plus la LNH ne le suspend pas, avec Girardi qui semble s'être fait briser une cheville par Subban, Tortorella n'a pas fini de sacrer contre Montréal.

Il est intéressant de constater que si le CH a mené aux chances au cours des deux premières périodes, ils ont été dominés au temps de possession en première, comme en attestent les tirs vers le filet et les entrées de zone en possession de rondelle. Avec des changements de personnel sur les 3 premiers trios, ça manquait un peu de synchronisme.

  • Honnêtement, je me demande s'il n'y a pas un bogue quelque part dans mes sorties de données. +13 / -1 aux chances de marquer, je n'ai *jamais* vu ça. Encore moins de la part d'un trio chargé de surveiller Gaborik en prenant 2 mises en zone offensive pour 8 en zone défensive. Batinse. Le fait est que si Prust n'a ni le coup de patin, ni le tir de Bourque, ce genre de mission lui est familière, puisqu'il a fait son beurre chez les Rangers comme séide de Brian Boyle, centre ultra-défensif. De travailler avec Plekanec dans un rôle de minutes dures est donc une tâche qui lui est plus familière que celle d'essayer de suivre de jeunes surdoués dans des assignations strictement offensives. Prust n'est pas un transporteur de rondelle ni un marqueur, mais il sait couper les jeux et il sait aussi protéger et passer correctement la rondelle (héritage d'une autre vie? le gars ayant été centre jusqu'à la fin du junior). J'ajouterais que Stephan Cooper, de l'excellent site awinninghabit.com, a déjà souligné que si Bourque est un bon marqueur, il semble avoir un drôle d'effet chez ses coéquipiers, qui verraient systématiquement leur production de tirs au filet décliner en sa présence. Bref, un joueur qui peut tirer, mais ne peut ni transporter ni passer la rondelle. Je dis ça, parce que depuis le début de la saison, Gionta se démarque par le peu de chances de marquer qu'il obtient ainsi que le grand nombre de transports de rondelle en zone offensive qu'il effectue. Après avoir obtenu 25 chances en 15 matchs, Gionta en a collé 6 ce soir. Un hasard, peut-être, mais ça m'a frappé. On verra pour la suite.
  • Desharnais, Pacioretty et Gallagher ont eu de très beaux instants, mais au total Stepan, Callahan et Hagelin leur ont mis des claques. Très heureux de voir ce trio réuni, mais je pense que Therrien aurait intérêt à leur donner encore plus de protection, au détriment du trio d'Eller s'il le faut. Quand même, c'est une nouvelle combinaison, attendons voir. Un autre élément digne de mention: Desharnais semble avoir changé de rôle, au sens tactique du terme. Alors qu'il ne transportait que peu la rondelle en zone adverse depuis le début de la saison, il a collé 5 entrées de zone ce soir, contre 4 pour Gallagher (qui en effectue beaucoup) et 3 pour Pacioretty. Je ne serais pas surpris de constater que l'émergence de Pacioretty-le-buteur coïncide un peu avec celle de Desharnais-le-transporteur de rondelle. Comme Gionta, Pacioretty est bon, mais ne peut faire les deux à la fois.
  • Le trio d'Eller a été plutôt choyé aux mises en jeu, mais une part du mérite leur revient. Cole et Galchenyuk (manifestement plus à l'aise à l'aile, le kid) excellent en échec avant, mais c'est surtout le travail d'Eller qui m'a saisi. Ça fait deux ans qu'on parle de lui comme successeur de Plekanec et entouré d'un bon ailier défensif et d'un jeune talentueux au possible, on l'a vu assurer tant en zone défensive que neutre des replis défensifs féroces et efficaces. 
  • La 4e a bouché les trous comme il se doit. Parfois un peu difficile lorsqu'envoyés contre Callahan, mais c'est leur rôle.
  • Un peu tout le monde s'inquiète pour Markov et Emelin et force est d'admettre que ça n'assure pas tout à fait. Malgré des départs territoriaux favorables, ils se sont fait enfoncer par Callahan, leur principale responsabilité. En fait, lorsque jumelés à Plekanec, tout baignait, mais avec Desharnais et White, tout partait au diable. Therrien est conscient de la chose, je n'en doute pas. Reste à voir ce qu'il prendra comme décision et, surtout, quand il la prendra. Pas facile de jouer dans ces affaires-là quand tu trônes au sommet de la division...
  • Collés au top-6, Gorges et Diaz ont beaucoup joué avec Plekanec et s'en sortent avec une jolie fiche. Rien d'autre à signaler. Ah si: le fait que Tortorella colle Gaborik au banc en 3e les a certainement aidés. Plekanec aussi, en fait...
  • Duo le plus utilisé après Markov et Emelin, Subban et Bouillon ont ramassé le bas de l'alignement des Rangers.








20227: Montréal 3 Rangers 1

La capacité qu'à un club de déclasser son adversaire aux tentatives de tirs vers le filet lorsque le score est serré (un but de différence ou égal) reste un des meilleurs indicateurs que l'on possède de la qualité d'un club. En ce sens, ramasser les Rangers au Madison Square Garden sur un deuxième match en deux soirs et un troisième en quatre soirs représentait un vrai test:


Comme d'aucuns l'ont remarqué, le match fut plutôt défensif, mais je suis quant à moi fort heureux de constater que le club aura tenu le coup jusqu'en 3e, alors qu'ils se sont repliés suite au but de Galchenyuk. Le déroulement des présences pour la seule première période nous permet de constater que les deux coachs ne semblaient pas partager un grand souci des confrontations, du moins pour les joueurs d'attaque:

Les données que publie la LNH nous permettent de distinguer deux façons qu'ont les coachs de gérer leurs trios: par le suivi des confrontations (ex: Plekanec et Markov sont toujours sur le dos de Gaborik) ou par celui des zones de mise en jeu.

Il arrive parfois que des entraîneurs se contentent de "rouler leurs lignes": ils envoient leur premier, deuxième, troisième et quatrième trio dans l'ordre jusqu'à ce que sonne la dernière sirène (allô, Randy!). C'est plus rare avec les défenseurs; on a toujours au moins un duo assigné à la surveillance du meilleur trio adverse.

Si la plupart des entraîneurs gèrent leurs défenseurs en fonction des confrontations, la gestion des attaquants est beaucoup plus variée. De ce que les données nous permettent de voir, Therrien a généralement utilisé un système hybride depuis le début de la saison:
  • Plekanec est géré de manière complètement hybride: contre le meilleur trio adverse et de toutes les mises défensives possible dans les 10 dernières minutes du match.
  • Desharnais était généralement envoyé contre le deuxième trio, mais Therrien lui faisait sauter quelques mises en jeu en zone défensive (pas toujours).
  • Galchenyuk était complètement protégé aux mises en jeu; combiné à la gestion des deux premières lignes, ça lui donne essentiellement de la glace contre les deux derniers trios adverses.
  • La 4e ligne bouche les trous: elle joue 8-10 minutes par match (ce qui est beaucoup pour un 4e trio) et prend les mises en zone défensive enlevées à Galchenyuk et Desharnais; ça donne une distribution à deux pôles de leur temps de glace: soit contre le fond d'alignement, soit contre les meilleurs. On parle souvent, au baseball, du contexte d'utilisation des lanceurs de relève en termes de levier: un releveur qui se pointe avec un retrait et deux joueurs sur les buts et une avance de deux points en 6e manche a à faire face à une situation beaucoup plus critique que le "closer" qui arrive en début de 9e avec cette même avance de deux points. C'est la même chose pour la 4e ligne de Therrien: ils ne jouent pas beaucoup et on leur demande souvent de s'en revenir au banc sitôt la rondelle sortie de leur territoire, mais quand ta mise en jeu est faite à la droite de Price contre Turris, qu'Alfredsson est devant le filet et Karlsson 12 pieds derrière lui... Si Therrien était en maudit après White, je crois que c'est beaucoup parce qu'il attend de ce dernier qu’il reconnaisse l'importance du rôle qu'il a à jouer dans l'équipe.
Tortorella, lui, gère son banc de manière totalement différente:
  • Gaborik et Richards jouent tout le temps. Les séquences Gaborik - Richards - Gaborik qu'on voit dans le graphique ci-dessus se répètent constamment.
  • La 4e ligne ne joue presque pas. Ils ont 10% du temps de glace à forces égales et les 3 premières lignes se séparent ça environs 33% - 30% - 27%.
  • Boyle, le 3e centre, joue comme la 4e ligne du Canadien: une tonne de mises en zone défensive, mais Torto lui donne pas mal de glace. C'est compréhensible, le gros Boyle prends depuis quelques saisons de 60 à 70% de ses mises en jeu en zone défensive, mais obtient quand même de 10 à 12 tirs tentés à l'heure et marque ses 10-15 buts à forces égales. Un joueur sous-estimé s'il en est un.
  • Gaborik, plus encore que Richards, est gavé de mises en zone offensive. Dans un match où le CH multipliait les dégagements refusés, c'était encore plus évident.
Il sera intéressant de voir si les mêmes modèles se répètent ce soir alors que Therrien aura le dernier changement.

Autre élément: les assignations de Therrien ne sont plus tout à fait les mêmes depuis qu'Eller a gradué entre Galchenyuk et Prust. Gallagher reviendrait au jeu ce soir, il sera donc intéressant de voir qui descend sur la 4e. J'aimerais que ce soit Prust et que Therrien réunisse Gallagher, Pacioretty et Desharnais sur un trio gavé de mises en zone offensive. Cole, Eller et Gallagher auraient alors simplement à jouer contre les 3e et 4e lignes. Ma seule crainte serait que Prust déloge White au centre. Ce dernier est bien plus efficace à cette position, mais le coach adore le #8, alors...


On reviendra sur les défenseurs une autre fois ;-).









mercredi 20 février 2013

20222: Caroline 0 Montréal 3

Au cours de la saison 2009-2010, Jacques Martin a eu besoin d'un bon 3 mois avant de prendre la pleine mesure de son club. C'était un peu long, mais le club était décimé par les blessures, ce qui n'aide pas la chose. Qui plus est, si le CH disposait d'éléments intéressants au sommet de l'alignement, le fond d'alignement, lui, était un peu bizarre, avec Metropolit et Lapierre comme centres #3 et #4 et une série d'ailiers aux rôles plus ou moins définis: Moen, Laraque, D'Agostini, Latendresse, Chipchura, et un certain Pacioretty.

Martin a pendant un certain temps flagossé avec Lapierre et Latendresse comme base de 3e trio, puis s'est fixé sur Moen, Metropolit et Pacioretty tout en travaillant à faire de Latendresse un joueur un peu plus "à la Holmstrom". Certaines décisions prises dans ces 3 mois ont été respectées par Martin tout au long de son séjour à Montréal, notamment l'utilisation de Plekanec comme premier centre défensif, adjoint de Cammalleri, pourtant fort mal outillé pour ce genre de travail.

Inversement, le trio de Metropolit / Moen / Pacioretty a abattu une solide besogne, puis s'est effondré lorsque Pacioretty a subi une blessure à l'épaule. Parce que Paicoretty ne marquait pas et qu'il était blessé, on a décidé qu'il n'était "pas prêt" et qu'il devait retourner à Hamilton. Ce n'est que lorsque Dominic Moore s'est amené en février que le CH a enfin retrouvé un troisième trio fonctionnel. C'est la suite des choses qui me permet de déclamer ainsi, sans me lancer dans de grandes démonstrations statistiques que, si Pacioretty ne marquait pas encore avec régularité, il était déjà un joueur qui poussait le jeu en zone adverse, ce que Moen et Metropolit n'étaient pas. Et je passe outre le cas de Latendresse (que les problèmes de dos semblent avoir fait dérailler).

Bref, un coach qui arrive en ville apprend à connaître ses joueurs sur le tas et va nécessairement en échapper quelques-uns entre les craques du plancher. C'est une crainte que j'avais vis-à-vis d'Eller; Therrien lui a donné de la glace, mais persiste depuis le début de la saison à le garder sur la 4e ligne. Mais voilà, la blessure à Gallagher et le hasard semblent avoir forcé la main de Therrien.

D'abord, la blessure de Gallagher a forcé Therrien à monter Eller dans le top-9, donnant son job de 4e centre à Ryan White (qui est fait sur mesure pour ce genre de travail). Envoyé à la droite de Desharnais pour remplacer Gallagher, donc. La séquence des présences à forces égales nous montre que les trios Prust / Galchenyuk / Cole et Pacioretty / Eller / Desharnais ont pris leur tour régulier, sauf quelques anicroches en fin de première pour cause d'unités spéciales. C'est important pour la suite des choses: Eller et Prust jouent en désavantage, Cole remplace Eller à la droite de Desharnais en avantage numérique:


Les présences à forces égales en deuxième période nous réservent toute une surprise:


Cole, Desharnais et Pacioretty ayant eu à travailler dans plusieurs avantages numériques, ils disparaissent de la rotation régulière! Rendu en fin de période, Therrien décide d'envoyer Eller, Galchenyuk et Prust prendre deux chiffres ensemble, histoire de ne pas complètement geler, je suppose.

Enfin employé au centre, Eller s'est immédiatement imposé. Libéré des tâches de centre qu'il ne sait pas encore accomplir et appuyé d'Eller dont la grande force reste la récupération de rondelles en zone défensive et le charroyage de puck jusqu'à l'autre bout, Galchenyuk s'est retrouvé à la position qu'il a occupée dans le junior depuis le début de la saison, poussé vers la zone offensive contre des 3e duos de défenseurs.

Therrien a rapidement constaté la chose et n'a plus retouché à ces combinaisons en 3e période:


On verra ben, mais j'ai vraiment l'impression (j'écris ces lignes après le match contre les Rangers) que tant Eller que Galchenyuk ne regarderont plus en arrière. Prust ne pouvait manifestement, aux yeux de Therrien, perdre sa place au profit d'Eller, mais le grand #81 a enfin pu mettre la patte sur le poste de 3e centre. Si valeureux soit Prust, il ne le dévissera pas et seules les blessures le garderont dans le top-9 lorsque Gallagher sera prêt à revenir. L'excellente 4e ligne du CH n'en sera que meilleure si à son tour il pousse Armstrong hors de l'alignement.

C'est probablement une situation similaire qui offrira une brèche à Subban dans le top-4 de la brigade défensive, plus tôt que tard. Avec la montée d'Eller dans le top-9, c'est l'autre grande zone d'amélioration que possède selon moi cet alignement. Diaz fait avec Gorges un travail remarquable, inespéré même. Et Therrien, de toute évidence, ne le "rétrogradera" pas au profit de Subban. Mais si tant est que les circonstances viennent donner une chance à ce dernier, il va s'engouffrer à son tour. Question de temps.