dimanche 15 janvier 2012

Quiproquo

L'épopée Cammalleri était, heu, "spéciale" à voir aller. Tout ça provient d'une conversation à bâtons rompus entre Cammalleri, Arpon Basu du site LNH.com et François Gagnon du quotidien La Presse.

Comme l'avait noté Kevin Van Standelaar sur Eyes on the prize, les versions françaises et anglaises de l'histoire différaient passablement.

Voici, pour références, un lien vers l'article de François Gagnon (en français) et un lien vers l'article d'Arpon Basu sur nhl.com (en anglais).

Martin Leclerc, aujourd'hui journaliste pour nhl.com et blogueur à Radio-Canada, revient sur les événements dans un billet publié aujourd'hui.

Ces trois phrases m'ont vraiment pris par surprise:

"À partir de là, ça va mal pour tout le monde. Dans le premier article, on dépeint un loose canon qui tire sur tout ce qui bouge. Dans le deuxième, on présente un athlète qui réfléchit sur l’attitude mentale qu’il faut adopter pour connaître du succès.

Il y a quelqu’un qui ne rapporte pas fidèlement les propos de Cammalleri. Et il n’y a que trois personnes au monde qui savent lequel."
Curieux de voir si cette histoire va continuer à se promener ainsi dans le paysage médiatique.

6 commentaires:

Mathieu a dit…

Je comprends qu'il y ait un malaise après une histoire pareille.

Combiné à la déclaration de Sanscartier à la radio d'ici (qui parlait d'un "petit petit petit petit petit manque d'objectivité" de M. Gagnon, à un ou deux petit près...)

Eh bien, je pense qu'on vient de voir un triste exemple des dangers de l'influence des médias d'ici.

Cammalleri ne doit pas être mécontent d'être sorti de ce bordel, et le Ciel sait qui voudra venir jouer dans ces conditions.

HABraCHadabra a dit…

Comme toujours, dans cette histoire, on se focalise sur l'incident sans regarder le contexte...

Si les propos de Cammalleri avaient été tenus isolément, ils n'auraient pas eu un tel retentissement: d'aucuns auraient critiqué, certes, mais d'autres y auraient vu une marque de "leadership".

Le gros problème, c'est d'avoir ébauché ces savantes thèses dans la foulée de propos qui se prêtent bien moins à cette interprétation:

- sur son jeu ("I'm a better player now than I've ever been"),

- sur son temps de glace ("I'm not playing as much so I gotta get a little bit more work here in practice to stay in shape")

- face à son implication défensive déficiente sur un but de l'adversaire ("I wasn't sharp there. But it was my fifth shift of the game and it was the second period. Usually I've made 15 good plays by that point.")

Voilà des doléances qui relèvent beaucoup plus de la frustration personnelle que de l'analyse clinique des déboires de l'équipe. Le tout trace le portrait d'un joueur qui désavoue publiquement (à tort ou à raison) la philosophie de l'équipe et met son entraîneur sur la sellette. Comment s'étonner dès lors que ses propos aient pu être interprétés (sinon entendus) comme venant d'une diva mécontente plutôt que d'un observateur détaché?

Et si François Gagnon manque certes d'objectivité en la matière, que dire ici de Martin Leclerc, qui en remet une couche avec la malhonnêteté intellectuelle qu'on lui connaît...

Olivier a dit…

Cammalleri est-il une diva frustrée? À mon sens, oui, bien entendu.

Mais reste que La Presse a fessé très fort avec cette histoire-là; article principal sur cyberpresse, première page de l'édition du lendemain, deux chroniqueurs blogueurs (Cantin et Brunet) qui embarquent à fond la caisse derrière Gagnon...

Bref, le noyeau de ce que je souligne ici, c'est le travail des journalistes, pas la teneur ou le contexte des propos de Cammalleri. C'est très rare qu'on voit des journalistes, à plus forte raison des journalistes sportifs. Regarde juste Jack Todd, qui parlait de Fleury comme d'un "enabler" pour son ancien coach qui l'avait violé; une histoire indéfendable, et pourtant presque personne n'a pipé mot.

Et là Gagnon se fait "caller" par Leclerc? Parce qu'entendons-nous, c'est un peu ça qui se passe, là... Ça me surprend.

Vanhouse a dit…

Gagnon qui profite d'une traduction pour "ajouter" du jus vert sur un bobo, aucune surprise ça ce fait tout les matins.
Mais, moi ce qui m'a le plus frapper dans cette histoire, c'est Basu. On dirait que Basu a livrer l'histoire en navigant au-dessus de certains propos qui auraient pu être mal interprété. On dirait qu'il suit une ligne de partie

Un des 2 a certainement des enregistrements...
mais bon on s'en...

Olivier a dit…

@Vanhouse: non, c'est ça l'affaire, personne n'a d'enregistrements, c'était vraiment juste une jasette comme ça on dirait.

Duhatchek, dans le Globe and Mail:

http://www.theglobeandmail.com/sports/hockey/globe-on-hockey/what-did-mike-cammalleri-say/article2304104/

Vanhouse a dit…

Un autre article pour tourner un rond avec les autres...
on ne le sera jamais, sauf Basu et Cammaleri, Gagnon de toute évidence comprends à moitié l'anglais.