samedi 1 décembre 2012

Parlons Bulldogs

Les Bulldogs de Hamilton ne sont pas très bons. Par bonheur, on peut parfois les voir passer à TVA Sports, ce qui m'a permis de développer, tranquillement pas vite, une façon de compter les chances et les mises en jeu lors de leurs matchs.

Voici certaines données colligées lors de la défaite de 4-1 contre Lake Érié, suivi de quelques observations...

ScoreChances +Chances -
-45
-35-6
-24-3
-13-2
01-3
Total18-14


AttaquantsChances+Chances-MenJ+Menj0Menj-
M. Blunden64737
G. Dumont65838
B. Gallagher65749
M. Bournival60432
P. Holland31333
A. Palushaj52433
S. Quailer34900
D. Boyce45920
A. Avtsin35921
K. Hagel45441
A. Berger43431
Z. Stortini43431
DéfenseursChances+Chances-MenJ+Menj0Menj-
J. Tinordi1141157
D. Ellis44872
N. Beaulieu34955
F. St-Denis41925
A. Corbin77521
S. Nash78614


JoueurChances
G. Dumont2
M. Blunden2
K. Hagel2
M. Bournival2
A. Palushaj2
P. Holland2
A. Avtsin2
B. Gallagher1
A. Berger1
Z. Stortini1
D. Boyce1
  • Sylvain Lefebvre, entraîneur des Bulldogs, ne m'a pas vraiment semblé prêter attention aux zones de mise en jeu depuis le début de la saison. Bournival et Geoffrion pilotaient les trios obtenant la part du lion, mais la distribution semblait laissée au hasard. À ma grande surprise, la distribution était beaucoup plus claire lors de ce match. Hasard? Ajustement tactique? Impossible à savoir.
  • Dumont, Blunden et Gallagher ont donc formé le trio de leveurs de fonte. Vu les circonstances, ça se justifie. Dumont ne m'a pas trop impressionné depuis le début de la saison, mais il prend du mieux et il a la réputation de savoir y faire en défensive, donc acte. Blunden est à sa place et Gallagher, malgré son statut de recrue, sait lui aussi se dépatouiller en zone défensive. Évidemment, ni Dumont ni Blunden ne sont très doués du côté attaque, ce qui laisse à Gallagher le (généreux) temps de glace obtenu en avantage numérique pour contribuer à l'attaque. Reste que le petit #17 n'est pas le meilleur marqueur du club par accident. C'est une peste, un joueur dynamique qui, s'il n'est pas terriblement imaginatif, sait se placer et aller chercher les chances. Il me rappelle Gionta, mais s'il est très agile, il me semble beaucoup, beaucoup moins rapide que le capitaine du CH. Un top-9 dans la LNH? Je n'en doute pas. Reste à voir combien de marche il montera. Dumont et Blunden me semblent être des spécialistes de 4e trio, sans plus.
  • Bournival a connu un très bon match aux chances, mais ça s'est beaucoup déroulé lorsque Lake Érié s'est replié. Le CH est paqueté au centre avec Plekanec, Eller, Desharnais et Galchenyuk, faudra donc voir si Bournival peut faire la transition à l'aile un jour. Pour l'instant, il fait un job fort honorable au centre, mais on le sent encore vert. Après la blessure de Geoffrion, on l'a vu imploser à quelques reprises. Holland et Palushaj sont des joueurs similaires; Palushaj est plus rapide, Holland plus "fabricant de jeu". Dans les deux cas, je doute qu'on ait autre chose que de potentiels très bon joueur de ligue américaine.
  • Steve Quailer arrive des rangs collégiaux américains et, à 23 ans, c'est un "projet". Il est grand et gros, a une certaine vitesse, on voit aussi qu'il sait zigonner avec la rondelle et peut tirer fort et vite, mais ça ne donne jamais grand-chose, outre une ou deux poussées par match. Reste que c'est un joueur qui ne fait pas d'erreurs et en début de saison, il me semblait ralentir beaucoup en deuxième moitié de match. Peut-être est-il en train de rattraper son conditionnement en s'acclimatant à une nouvelle ligue? En tout cas, rien pour écrire à sa mère, je ne le vois pas monter dans la LNH. On verra. Boyce est un vétéran de la LAH. Supposément fiable en défensive, peu imaginatif à l'attaque, c'est pas mal ça qui est ça. Avtsin est un des joueurs les plus intrigants du club-école: en zone neutre, en zone défensive et dans la portion de la zone offensive qui va de la ligne bleue aux points de mise en jeu, il est plutôt piment. Il est médiocre en positionnement défensif, et ce bien qu'on le voit clairement essayer de se rendre utile; on dirait simplement qu'il est constamment en train d'hésiter. De plus, il manque manifestement de confiance avec la rondelle. S'il reçoit une passe, il la renvoie immédiatement, ne la transporte jamais. C'est bien regrettable, parce que les aptitudes du bonhomme crèvent les yeux. C'est un des patineurs rapides du club, il mesure 6 pieds 3 et dans l'espace compris entre les points de mise en jeu en zone offensive et l'arrière du filet du gardien adverse, il peut tailler une défensive en pièce. Il peut prendre la rondelle pour attaquer la zone dangereuse comme il peut se faire oublier  pour mieux "apparaître" dans l'enclave, prêt à recevoir une passe (qui ne vient que rarement comme on n'a pas de bon passeur à lui adjoindre) pour décocher un plomb. Gallagher a plus de chance que lui de percer parce qu'il est déjà plus complet, mais si Avtsin perce, c'est un vrai top-6. Parce qu'il est arrivé dans la LAH à 19 ans (probablement une erreur), il a encore une autre saison à son contrat et à 21 ans, il a encore du temps devant lui. C'est pas fait, mais c'est un beau joker.
  • Hagel, Berger et Stortini sont de purs jambons. Ce match en particulier était le premier ou je les ai vus contribuer aux chances et la chose est entièrement attribuable au rempli total de Lake Érié. Sérieux, ils sont abominables et leur présence sur le club m'est inexplicable.
  • Joonas Nattinen ne jouait pas ce soir-là, mais je veux glisser un mot à son sujet. Son utilisation est ingrate parce qu'on lui a souvent demandé de centrer la 4e. Mais c'est un bon joueur défensif qui possède aussi de toute évidence de réelles aptitudes offensives. Tant avec Blunden et Geoffrion qu'avec Boyce et Avtsin, je l'ai vu contribuer de manière significative à faire pencher la glace du bon côté. C'est un pur feeling, mais avec Bournival et Gallagher, c'est lui qui, parmi les avants du club, me semble le plus susceptible de faire quelque chose dans la LNH.
  • Tinordi a l'air d'un dieu sur ce tableau, mais c'est un peu le hasard et le fait que Nash a manqué presque toute la deuxième moitié du match après s'être fait planter par un boeuf de Lake Érié. Tinordi a donc récolté beaucoup de glace alors que les Monsters se repliaient en attendant la fin. Reste que de manière générale, le grand T est un des défenseurs les plus utilisés du club à forces égales et en désavantage. Il se laisse encore souvent hypnotiser par la rondelle et c'est un défenseur défensif qui occupe l'espace plus qu'il ne frappe l'adversaire, mais de manière générale il se débrouille fort bien. On l'a comparé à Gill, ce qui cadre avec son style, mais son coup de patin est immensément supérieur à celui de l'ancêtre. On devrait le voir arriver dans deux ans. Ellis n'a pas eu de camp d'entraînement, mais depuis son arrivée il gravit tranquillement les échelons. On voit que sur ce match en particulier, Lefebvre l'a tenu loin des mises en zones défensives. Était-ce à dessein, je ne saurais le dire, mais c'était un des premiers matchs qu'il ne passait pas sur la 3e paire avec Corbin. Il me fait penser à Saint-Denis: ne semble pas exceptionnel en rien, mais il est toujours dans le coin et il peut tout faire dans toutes les situations.  Sachant qu'il a à peine 20 ans, c'est une excellente nouvelle. Comme Tinordi, on devrait le voir arriver dans deux ans.
  • Saint-Denis est égal à lui-même. C'est un défenseur au style conservateur, mais efficace dans toutes les phases du jeu, capable de jouer à gauche comme à droite. Je l'avais bien aimé l'an dernier, il est pas mal le #7 idéal: peu importe le joueur qu'il remplace, il peut adopter son rôle. Beaulieu est très, très jeune, pas encore 20 ans. On fait grand cas de ses carences défensives, mais on doit éviter de croire que c'est dû à un manque de compréhension du jeu défensif. Le #8 est un patineur exceptionnel, à vue de nez dans la classe de Subban. C'est aussi un excellent manieur de rondelle. Dur de dire si ça deviendra un bon passeur (les cibles sont plutôt rares), mais on parle d'un joueur qui couvre beaucoup de terrain. Je pense que, comme Subban, on prend pour une faiblesse défensive ce qui est en fait la nécessaire adaptation d'un surdoué. Ces patineurs exceptionnels couvrent tellement de terrain qu'ils peuvent approcher le jeu défensif de manière beaucoup plus agressive en le basant non seulement sur le jeu de position et le contrôle des distances, mais aussi en utilisant leur vitesse pour aller couper la glace aux attaquants. Alors qu'un défenseur conservateur sera plus facile à identifier lorsqu'il empêche l'adversaire de recevoir une passe, les Subban, Markov et peut-être Beaulieu utilisent leur vitesse et leur vision pour patrouiller les lignes de passes et dissuader l'adversaire de même tenter un jeu. Seulement voilà: Beaulieu n'est pas encore ajusté à la vitesse de la LAH, ce qui explique qu'on le retrouve parfois dans des positions particulières. Si tant est qu'on le laisse prendre ses marques, je pense qu'on a en main le parfait sbire pour Subban.
  • Corbin et Nash ne sont pas de très bons défenseurs et ne doivent pas être trop surtaxés. Nash, à 25 ans, semble avoir vu sa carrière lourdement hypothéquée par les blessures. Corbin, frais sorti du junior, mais jamais repêché, me semble simplement limité. On verra, mais Commodore va certainement prendre une place dans la rotation régulière, reste donc un poste à attribuer à Nash, Stejskal ou Corbin. Encore là, on verra.

mardi 16 octobre 2012

Expansion?

Sortie momentanée d'hibernation pour ce blogue (j'ai plein de boulot et y'a pas de hockey, alors...). David Staples, du Edmonton Journal, nous pousse un article ce matin (avec une photo de Bryan Fogarty? Me semblait qu'il était droitier?) :

«The idea that there should be a stronger Canadian component to the National Hockey League is one that is near and dear to the hearts of many Canadian fans. According to no less a source than the editor of The Hockey News, there is “strong speculation” that once the NHL lockout ends the league will grant that wish, expanding to Quebec and adding a second team in the greater Toronto area.»
La suite est ici:

http://blogs.edmontonjournal.com/2012/10/16/there-is-strong-speculation-the-nhl-will-announce-canadian-expansion-teams-once-the-new-cba-is-struck/

Ça serait habile. Le contrat de télé aux États-Unis comporte des clauses de baisse de revenus si le nombre de clubs aux ÉU baisse et les marchés de Québec et surtout Toronto sont certainement prêts à accueillir un club, du moins si on se fie à ce que Winnipeg a donné comme résultats. De plus, un commentateur sur Twitter soulignait que les frais d'expansion ne sont pas des "Hockey Related Revenues", ce qui veut donc dire que le 200-300 millions (mettons) cueilli par la ligue comme prix d'entrée dans la ligue n'aurait pas à être partagé avec les joueurs.

Sachant que la LNH vient d'annoncer que le lock-out lui aurait coûté 250 millions, admettez que le hasard ferait bien les choses, s'pas?

Pour ceux qui attendent encore les résumés de saison pour la défensive, je dois m'excuser bien bas de la chose: il n'y en aura pas. Les joies du journalisme amateur, je suppose.

samedi 28 juillet 2012

Lars Eller 2011-12

Lars Eller est arrivé au camp l'an dernier avec l'étiquette du "gars qu'on a eu en retour de Halak". Parce que Price est vraiment bon, la chose n'a pas gangrené et Eller a pu monter tranquillement les échelons. Commençant comme 13e attaquant, il aura mis une vingtaine de matchs à tasser Dustin Boyd de la 4e ligne. Après quelques séjours à l'aile et un stage prolongé sur la 4e ligne, l'arrivée de Desharnais en janvier 2011 permet à Martin d'installer Halpern à l'aile de Plekanec et Cammalleri, Desharnais entre Darche et Pouliot sur la 4e et de constituer le trio Moen-Eller-Kostitsyn comme 3e ligne. J'en ai souvent parlé, la constitution de ce trio marquait selon moi un choix de Martin quant à Eller: celui-ci devenait le dauphin et l'appui défensif de Plekanec, permettant ainsi aux deux autres trios de prendre des vocations plus offensives. Après avoir connu de beaux moments en 2010-11, le trio Eller-Kostitsyn-Moen aura repris du service sous Martin en 2011-12, avant d'être victime d'un accès de crétinisme de Cunneyworth.

Avant d'aller plus loin, résumons les derniers articles:

  • Pour Desharnais, on a constaté que ce dernier avait vu sa charge de travail augmenter tout au long de la saison. Protégé aux mises en jeu et aux adversaires affrontés par Martin, DD a produit offensivement, surtout à partir du moment où il fut jumelé à Cole et Pacioretty. Si les choses se sont corsées sous Randy (baisse des taux de mises en jeu, augmentation des minutes contre les meilleurs adversaires), ce trio a quand même su générer beaucoup de chances de marquer. C'est ce décrochage des pourcentages de chances obtenues (53-54% sous Randy) par rapport aux mises et aux TVF (49-50%) qui ressort des résultats du premier trio. Je ne crois pas qu'il s'agisse là de l'expression d'un talent particulier. Les dés sont ainsi tombés, c'est tout. Par ailleurs, ces chiffres ont selon moi souligné un aspect intéressant du petit #51: talent offensif réel, Desharnais n'est pas pour autant un leveur de fonte, un centre qu'on envoie contre les meilleurs éléments adverses pour les neutraliser et leur mettre des points. Utilisé dans ces situations avec les meilleurs ailiers du club, il s'est maintenu, sans plus. Ça n'est pas suffisant et ça me fait dire qu'il serait plus adapté à un rôle d'exploitation (protégé aux mises comme aux confrontations, comme sous Martin) ou encore devrait être muté à l'aile.
  • Un examen plus approfondi des performances de Cole et Pacioretty a confirmé ce que l'on voyait déjà dans les résultats de Desharnais sans ses sbires: ces deux-là tirent systématiquement le traîneau. Lorsque jumelés à Plekanec, ils dominent les meilleurs éléments adverses, ce qui m'a fait dire que de les coller tous les deux à Desharnais n'était peut-être pas la meilleure idée du monde.
  • L'examen de la saison de Plekanec a fait ressortir plusieurs éléments, dont 3 me semblent plus importants: Plekanec, si on lui donne au moins un bon ailier, peut faire de sérieux dommages, et ce même lorsqu'on l'enterre aux mises en jeu contre les meilleurs éléments adverses. En plus de Cole et Pacioretty, Gionta semble aussi être un ailier qui, jumelé à un bon centre, permet de lever de la fonte. Enfin, après Cole, Gionta et Pacioretty, le CH n'a pas d'autres bons ailiers du genre. Cammalleri est parti et Bourque n'a certainement pas démontré qu'il était aujourd'hui un ailier de minutes dures. Qu'il joue ou non avec Plekanec, les ratios de ce dernier restaient à plat. Mauvais signe.
À court d'un ailier et avec Desharnais qui n'est pas un vrai leveur de fonte, le top-6 du CH est en fait un top-4. Ça mettait beaucoup de pression sur le reste de l'alignement et, à moins d'un ajout tardif, la situation restera la même au début de la saison prochaine.

Or, le reste de l'alignement, c'est pour l'essentiel une façon fancy de dire Lars Eller. Après lui, le déluge.


Eller est durable, c'est déjà un gros point en sa faveur. Sa production de tirs est demeurée la même malgré une augmentation notable de la qualité des adversaires affrontés. Ladite augmentation de charge de travail ne l'a pas empêché de se maintenir quant à sa capacité à tenir l'avantage du territoire, et ce malgré une légère baisse de ration de mises en jeu en zone offensive. Ajoutons à cela qu'il a passé beaucoup moins de temps à l'aile (ce qui avait certainement dopé son score de qualité des adversaires affrontés en 2010-11) et globalement, on a un jeune centre qui progresse lentement mais sûrement.

Parce qu'il n'a pas passé beaucoup de temps avec des ailiers talentueux (Kostitsyn est le seul), on est encore un peu dans le noir quant à ses aptitudes offensives réelles. N'empêche, s'il progresse encore un peu, on parle d'un centre qui peut marquer 15 buts à forces égales sans jouir d'appui significatif de ses coéquipiers. Pas une vedette, mais un foutu bon joueur.

Comme pour tout le monde, les choses se précisent lorsqu'on regarde ce qui s'est passé sous Jacques et Randy.


Ce premier tableau nous indique que peu importe l'entraîneur, Eller est demeuré 3e centre. Peu de minutes contre le premier quart adverse et peu de départs offensifs contre ces mêmes meilleurs. Les choses se gâtent sensiblement sous Randy, reflet de la baisse de qualité des ailiers disponibles.


Sous Jacques Martin, Eller avait en fait deux rôles bien distincts. Simple centre de minutes molles lorsque séparé de Moen, il s'en tire fort bien, mais dispose généralement d'une bonne protection territoriale. Avec Moen, la charge de travail défensif s'accroît de manière bien précise: si ces deux-là ne jouent pas beaucoup contre les meilleurs adversaires, ils prennent néanmoins contre eux une solide dose de mises en zone défensive et réussissent au total à tenir le coup aux TVF. Ce qui traverse ce tableau, c'est la capacité d'Eller, surtout lorsque jumelé à Moen, à ne pas accorder beaucoup de tirs à l'adversaire. Sous Jacques Martin, l'équipe accorde en moyenne 55 tentatives de tirs à l'adversaire à l'heure. Qu'Eller se maintienne autour de 50 tirs accordés à l'heure est fort intéressant et ses résultats avec Moen sont encore plus intrigants. S'ils ne produisent jamais beaucoup ensemble, ce duo donne quand même l'impression de constituer une base solide pour un trio défensif.


Les choses se gâtent sous Randy, on le sait tous. Les performances défensives d'Eller perdent beaucoup de leur lustre, surtout lorsque Moen tombe au combat. La charge défensive ici attribuée à Eller n'est pas nécessairement représentative d'un rôle particulier; m'est avis qu'on est ici simplement en présence du triste destin d'un centre de 3e ligne sur une équipe dépassée. Les 500 minutes passées sans Moen sont un modèle d'instabilité: 99 combinaisons différentes, dont 15 pour au moins 10 minutes de temps de glace.


Encore ici, sitôt qu'Eller est jumelé à au moins un joueur de qualité (Plekanec, Pacioretty ou Cole), les choses décollent. Mais autrement il n'y a pas grand-chose à voir. Blunden et Geoffrion sont tous deux grossièrement inadaptés au rôle de 3e trio, alors que la présence de Bourque semble encore ici toxique (et Leblanc n'aide pas vraiment...).

Ces données ne nous en disent pas aussi long sur les aptitudes d'Eller que sur l'état de délabrement avancé du fond d'alignement du CH en deuxième moitié de saison. Les ajouts de l'été sont visiblement destinés à combler ces carences, ce qui indique au moins que notre DG cherche à régler des problèmes réels et non des problèmes imaginés. C'est un progrès. Les solutions apportées (Armstrong et Prust) sont-elles les bonnes? À mon avis, non.

Heureusement, Trevor Timmins veille au grain. Si un ou des joueurs parmi les Leblanc, Palushaj et Gallagher forcent la porte du vestiaire en cours de saison, ça ne sera pas pour voler le job de Pacioretty, Cole, Desharnais, Gionta, Plekanec ou Eller. Si deux de ces 3 jeunes s'établissent, Eller en sera le principal bénéficiaire.

On croise les doigts.

vendredi 20 juillet 2012

Une saison en enfer: Plekanec en 2011-12

Ma démarche commence, je l'espère, à vous être familière. Il s'agit simplement de descendre le long de l'alignement, les centres d'abord, les ailiers ensuite. L'idée est de voir ce que chacun a eu comme charge de travail et comment ils ont ensuite réussi à (ou empêcher l'adversaire de) créer quelque chose à partir de là. Toujours on en revient aux charnières de la saison: le changement d'entraîneur, les performances d'un joueur avec ou sans ses principaux compagnons d'armes.

Dans le cas de Plekanec, c'est plutôt sordide sur la fin.


Plekanec est depuis maintenant quatre saisons le premier centre du CH. Ce premier tableau, tiré du site Behindthenet.ca, ne touche qu'au jeu à 5v5 et ne rend donc pas entièrement justice à Pleks. En plus d'être devenu un des principaux leveurs de fonte du club à forces égales, d'abord avec Carbo, puis sous Martin, Plekanec est aussi un authentique numéro 9: peu importe laquelle des trois zones, peu importe laquelle des trois situations (avantage, forces égales, désavantage), c'est lui qu'on envoie au feu et c'est lui qui s'en tire mieux que les autres. Ajoutons qu'en plus d'être merveilleusement durable (8 parties manquées en 5 saisons, dont 2 pour une suspension, si je ne m'abuse) et versatile, l'homme est aussi d'une rare adaptabilité: de Kovalev à Gionta en passant par Kostitsyn et Cammalleri, c'est autant de types différents de joueurs, souvent incomplets mais toujours doués, qu'il a su faire produire et ce malgré le fait qu'outre Gionta, aucun de ceux-ci n'était naturellement doué pour le type d'assignations qui sont le pain quotidien du #14.

En ce qui concerne la saison 2011-12, l'histoire de Plekanec change de ton avec le changement d'entraîneur.


Sous Jacques Martin, c'est le bagne ou les tranchées. 43%% de son temps de glace contre le quart le plus coriace du steak adverse, un braquage parfaitement brutal aux mises en jeu en zone défensive, braquage qui jamais ne se dément, peu importe contre qui on l'envoie... Et pourtant, Plekanec fait moitié-moitié avec ses adversaires au total! En fait, il se gave face aux fonds d'alignements et remonte quand même une grosse partie de la côte contre les autres. Du gros travail.

Sous Cunneyworth, l'effondrement est total. Moins sollicité aux mises, il écrase complètement contre les hauts d'alignements pour relever la tête contre les autres. Globalement, ses assignations sont désormais celles d'un deuxième centre.

Que s'est-il passé? Outre la faillite réelle qu'est Cunneyworth comme entraîneur, une partie de la réponse se trouve dans l'examen plus précis de ses réussites sous Martin.


Sur 416 minutes jouées à 5v5 sous Martin, Plekanec en passe 250 avec Gionta. Les pourcentages des deux petits sont toujours ronflants: presque 50% de temps de glace contre le premier quart, 30% de mises en zone défensive et pourtant, jeu égal au temps de possession et aux chances de marquer. Fait à noter, leurs performances ne souffrent outre mesure lorsqu'ils ne sont pas appuyés par Subban! Aux chances, TVF et mises, ils font 49%/51%/31% en 100 quelques minutes avec PK, 53%/50%/43% dans les 150 quelques minutes sans PK.

Autre fait à noter: j'ai souvent identifié la blessure de Gomez en novembre contre la Caroline comme le coup ayant été fatal au jeu à forces égales du CH. Après cette blessure, Plekanec ne passera qu'une vingtaine de minutes avec Gionta avant que celui-ci ne tombe aussi au combat. À voir leurs performances, lorsque réunis, à voir aussi à quel point Martin s'appuyait sur eux, il semble bien que la blessure de Gionta a définitivement coulé le CH sous Martin. Cunneyworth, à la base dépassé par les événements, n'a pu que regarder le bateau sombrer.

Plekanec, lui, s'est d'abord retrouvé avec Cammalleri comme principal ailier.


Cammalleri est un ailier doué, mais il n'a jamais été et ne sera jamais autre chose qu'un joueur ordinaire sitôt sorti de la zone offensive. L'intervalle entre la blessure de Gionta et son échange montre à quel point il formait désormais avec Plekanec un duo dysfonctionnel. Protégés aux mises, ils ont quand même coulé. Les chances ne sont pas flatteuses, mais sitôt séparé du #13, le #14 remonte la pente. Puis, après le départ de Cammalleri, c'est Bourque qui s'amène. Je me garde une gène parce que 93 minutes et 121 minutes, ça n'est pas beaucoup, mais disons que ça ne partait pas dans le bon sens.

Arrive ensuite Rene Bourque.


Rien de très glorieux. Des mises en zone défensive en masse, mais peu de glace contre le premier quart adverse. Pourtant, Pleks et Bourque peinent à décoller, au total, leurs ratios de TVF et de mises en jeu. Pis encore, contre les plus durs des adversaires, ils coulent à pic. Les principaux ailiers droits seront dans l'ordre Leblanc, Darche et White.

Plekanec est un foutu bon joueur, mais il a quand même besoin d'aide. Gionta est certainement capable de lui donner. Absent de nouveaux leveurs de fonte dans l'alignement, les succès du CH reposent donc lourdement sur la santé de Gionta. Si ce dernier n'est pas Plekanec, il n'en est pas moins normalement durable, jouant 65-75 matchs par saison. Mais encore faudra-t-il que Therrien déploie ces deux joueurs de manière à maximiser leur impact. Martin le faisait. Randy? On ne le saura jamais. Alors voilà, on attend.

Bourque? Comme troisième joueur, peut-être. Mais encore là, je doute qu'il soit si tant à l'aise dans le rôle qui finira immanquablement par revenir à Pleks. Les données de Behindthenet nous en disent un peu plus sur le genre d'utilisation faite de Bourque par les Flames au cours des dernières saisons:


Bourque a été productif grâce à des saisons de 12, 13 et 14 tirs à l'heure conjuguées à des taux de conversion toujours respectables sinon exceptionnels (le 12% de 2008-09 ressort). Il a de plus atteint ces plateaux en se mesurant systématiquement aux meilleurs adversaires. Mais on doit aussi noter que ce fut toujours avec le bénéfice de nombreux départs en zone offensive et d'un bilan franchement mauvais au différentiel des tirs. En ce sens, le gros Bourque semble avoir un profil correspondant plutôt aux assignations passées de Gomez, aujourd'hui celles de Desharnais. Avec Plekanec, le gros Bourque a sombré corps et biens.

À suivre...

jeudi 19 juillet 2012

Cole et Pacioretty


Stephan Cooper, contributeur au site Eyes on the prize et éditeur du site A winning habit, a publié dernièrement une entrevue que je lui ai accordée par courriel. Le lien est le suivant:



Il a par ailleurs publié sur les ratios individuels de tirs au but un article qui fait une excellente démonstration de l'importance de cet indicateur pour qui souhaite avoir une idée du potentiel d'un joueur n'ayant pas encore atteint la grande ligue.

Max Pacioretty est, à ce sujet, un cas d'école.

Max Pacioretty


L'explosion de Pacioretty était déjà prévisible par ses taux de tirs au but dans la ligue américaine. Mais on voit plus précisément à quel point il monte une marche en 2010 et une autre en 2011. Seul un taux de conversion en buts absurdement bas a pu garder ainsi le grand ailier sous le radar, permettant à Gauthier de lui faire signer un contrat ridiculement cheap.

Notons quand même que pour un joueur qui tire de relativement loin, un taux de conversion de plus de 9% reste relativement élevé. À moins qu'il n'aie une autre coche à monter côté tirs générés, il a donc probablement atteint son pic de productivité. Et quel pic...


Le détail des confrontations nous permet de constater qu'avec ou sans Desharnais, Pacioretty a passé l'essentiel de sa saison dans les minutes dures. Si les chances générées n'ont pas suivi sans DD, je note quand même que les TVF décrochent toujours positivement des taux de mises en jeu. Est-ce un hasard ou le fait de jouer avec des centres qui peuvent transporter la rondelle en zone offensive, je ne le sais, mais sans Desharnais, Pacioretty remonte continuellement et agressivement la pente.


On sait par ailleurs que le trio Cole/Desharnais/MaxPac a pris des assignations beaucoup plus dures sous Randy. À regarder les seuls splits de Pacioretty, on constate que ce dernier, contrairement à Desharnais, était déjà lancé agressivement dans les minutes dures par Martin et ce sans pour autant bénéficier d'une grosse protection territoriale. Et toujours, les TVF qui décorchent du bon bord par rapport aux mises en jeu. Ce genre de décrochage est pour moi la marque d'un vrai leveur de fonte.

Revenons un instant sur ces 300 quelques minutes jouées par Pacioretty sans Desharnais. Dans le détail, on constate qu'il n'a vraiment pas joué avec des pieds de céleri:


Le trio Pacioretty/Gionta/Pleks n'a pas beaucoup joué ensemble, mais les résultats sont pour le moins sidérants et la même chose peut être dite si on remplace Gionta par Cole. J'aimerais beaucoup voir une saison de Pleks/Gionta/Pacioretty agressivement utilisé sur les mises en zone défensive. On a là, je crois, un authentique trio de leveurs de fonte.

Mais bon, je ne retiens pas mon souffle.

Erik Cole


Si Cole n'a pas les taux de tirs au but de Pacioretty, il semble que ce soit en partie parce qu'il tire de beaucoup plus près. Qu'importe. Le gros ailier droit est durable, menaçant et, on l'a vu avec Desharnais, capable d'appuis défensifs significatifs. Sa saison 2011-12 a de quoi rendre optimiste, le bonhomme vieillit bien et a développé une réelle chimie avec Desharnais.


Je dis réelle chimie, mais dans son cas comme dans celui de Pacioretty, ses ratios de réussite ne souffrent pas de l'absence de DD. Si les choses semblent demeurer semblables contre le premier quadrant d'adversaires, contre les autres il fait à l'image de Pacioretty (qui l'a souvent accompagné) et décroche systématiquement ses TVF de ses ratios de mises en jeu.

En fait, si je présente ces tableaux, c'est pour illustrer en quoi, à mon sens, Desharnais ralentit probablement Cole et Pacioretty sur un aspect crucial de leur capacité à contribuer aux succès de l'équipe, soit leur capacité à gagner la zone adverse.


Si Cole a connu une variation dans ses schèmes d'utilisation entre les règnes de Martin et Randy, ce n'est pas tant au chapitre de la difficulté des adversaires qu'au nombre de mises en jeu prises en zone défensive. Comme on l'a vu plus haut, il semble que jumelé à Eller ou Plekanec, il soit à même de surmonter ce genre de difficultés encore mieux que lorsque jumelé à Desharnais.


Les temps de glace des différentes unités sont relativement restreints, donc on doit prendre le tout avec un grain de sel. Mais quand même, ici comme dans le cas de Pacioretty, jumelé à Plekanec ou Eller, les résultats sont plus que probants.

Desharnais est un pur bonus, un joueur sorti de nulle part et un authentique mangeur de minutes molles. Ces gars-là sont utiles, même précieux. Mais d'en faire ce qu'on en a fait l'an dernier ne rend service ni à DD, ni à ses sbires. Si leur fiche, en fin de saison, était ronflante, celle de leurs coéquipiers était minable et l'équipe a coulé à pic. Therrien aura plus de joueurs de la LNH sous la main que Cunneyworth en a souvent eu, mais il n'aura vraisemblablement pas beaucoup plus de bons joueurs. L'utilisation optimale de ceux-ci sera donc d'autant plus cruciale.

mercredi 18 juillet 2012

Desharnais et ses sbires

J'ai discuté, il y a de ça plus de quatre mois, de ce qui déjà en saison apparaissait comme des différences marquantes entre les règnes de Jacques Martin et Randy Cunneyworth. Une relecture de ce billet vous donnera une perspective plus précise sur ce que j'écrirai ici. Voici un lien vers l'article:

http://enattendantlesnordiques.blogspot.ca/2012/03/jacques-et-randy.html

Ayant en main les données pour la saison complète, je me suis dit qu'il serait intéressant de tirer un bilan portant sur les performances des joueurs. Après moult flagossages, j'en suis venu à ajouter un élément à ma base de données: utilisant les scores "CorsiRelative" attribués à chaque joueur sur le site BehindTheNet.ca (il s'agit d'un indice portant sur la capacité d'un joueur à aider son équipe à déclasser l'adversaire aux tirs vers le filet), j'ai attribué un score de "difficulté" à chaque moment passé par l'équipe sur la patinoire et divisé le tout en quatre groupes de taille égale. Cela nous donne donc quatre niveaux de compétition.



On constate ainsi que, contre les meilleurs adversaires affrontés, le CH a été lourdement déclassé sur le plan territorial, peinant à passer le cap des 40% de mises en jeu en zone offensive et de tirs vers le filet. Les chances de marquer sont à un niveau un peu plus élevé, mais je ne suis pas certain qu'il y ait là autre chose que l'effet du hasard.

La différence entre les règnes de Martin et Cunneyworth est intéressante:



Sans trop revenir sur les deux époques, l'effondrement du CH se confirme par son incapacité à même déclasser les fonds d'alignement. On ne s'ennuie pas de cette époque...

Mais l'intérêt réel de ces données repose, selon moi, dans ce qu'elles nous disent des performances des différents joueurs. Le plus simple est d'y aller par les principaux centres ayant joué pour le CH l'an dernier. Parce qu'on commence par le haut (on est du monde poli, s'pas?) on commence par Desharnais.

David Desharnais


Vue de Behindthenet.ca, la progression de Desharnais à 5 contre 5 est manifeste: après avoir plus que tenu son bout comme quatrième centre, il s'est imposé comme centre offensif dès sa seconde saison. Ce premier tableau nous montre de belles choses (le maintien d'un certain avantage du territoire, notamment) et un élément plus inquiétant: Deharnais ne tire presque plus au filet, une réalité en partie masquée par un pourcentage de réussite (13,1%) difficile à reproduire avec constance. Quand même, personne ne le voyait là.

Si on cherche à comprendre un peu plus précisément comment les choses se sont déroulées, deux éléments permettent de tirer les choses au clair. Primo, Desharnais a passé énormément de temps entre les deux meilleurs ailiers du club. Secundo, le changement d'entraîneur a, on l'a vu, chamboulé les schèmes d'utilisation du club.


Ce tableau nous indique que Martin protégeait Desharnais de manière beaucoup plus directe que Randy ne pouvait le faire. Sous Martin, DD passe 28% de son temps de glace contre le quart le plus exigeant des adversaires affrontés. Sous Randy, ça passe à 35%. Plus encore, alors que Martin fait de Desharnais un spécialiste de la mise en jeu en zone offensive, Randy ne semble pas trop s'attacher à surveiller la chose. Pourtant, les pourcentages de TVF et de Chances de Desharnais restent, au total, stables tant sous Randy que Martin.

Sachant que l'équipe régresse en passant d'un coach à l'autre, on peut déjà soupçonner que Desharnais s'est amélioré au fil de la saison.


Mais outre son amélioration personnelle, on doit d'abord souligner l'importance que prennent ses deux ailiers. Le tableau ci-dessus nous offre une division des chiffres de Desharnais selon qu'il est accompagné de Cole ET Pacioretty ou non. Entendre par là que les données de la section  "Sans Pacioretty Cole" comprennent tout de même les situations avec l'un ou l'autre des deux joueurs.

Les 700 quelques minutes passées en compagnie de ses deux sbires sont de vraies minutes de centre #1, avec 37% du temps de glace contre les meilleurs éléments adverses. Les pourcentages de chances sont flatteurs, mais les TVF, eux, restent collés sur les ratios de mises en jeu. En d'autres termes, si ce trio a su générer nombre d'occasions de marquer, ils ne démontrent pas pour autant une réelle et constante aptitude à renverser la vapeur au niveau territorial. Ça me porte à croire deux choses:

  1. Si on rejoue la même saison de A à Z, on doit s'attendre à ce que le ratio de chances régresse vers celui des TVF et non l'inverse. Ça n'enlève rien aux montées à l'emporte-pièce d'Erik Cole, mais ça remet les choses en perspective.
  2. Si on retourne aux deux premiers tableaux, on constate que l'équipe est outrancièrement dominée territorialement parlant par le premier quart des adversaires affrontés. Le gros trio a fait mieux, mais principalement sur la foi de situations plus favorables aux mises en jeu. En ce sens, si leur capacité à générer des chances est intéressante, on ne parle pas non plus d'un authentique trio de leveurs de fonte. En ce sens, le retour d'un entraîneur (Therrien) qui semble comprendre la gestion des mises en jeu par zones sera probablement fort bénéfique à Desharnais et ses ailiers, quels qu'ils soient. Le tableau suivant en fait foi.



La qualité des adversaires affrontés par le trio DD/MaxPac/Cole a considérablement augmenté sous Randu, on le voit ici clairement. Les mérites de la méthode Martin (qui sera aussi, espérons-le, la méthode Therrien) sont ici bien illustrés: à 54% de TVF et plus de 60% des chances de marquer, ils ont généré une tonne d'opportunités offensives. C'était pour moi, au cours du premier tiers de la saison, une constante source d'émerveillement que de voir Cole et Pacioretty coller des matchs de 5, 6 voir  7 chances de marquer à forces égales. Entre la baisse des mises prises en zone offensive et la hausse du temps de glace passé contre les meilleurs adversaires, ces matchs-là sont devenus beaucoup plus rares après le temps des fêtes.

J'ai parlé plus haut d'une certaine amélioration de Desharnais au fil de la saison. Celle-ci est assez apparente lorsqu'on isole les 407 minutes qu'il passé sur la glace sans ses deux ailiers réguliers à la fois.



Mes requêtes ne sont pas encore au point, je ne suis donc pas capable de mettre Desharnais sans ni l'un ni l'autre. Sous Martin, c'est près de 100 des 250 minutes recensées que Desharnais passe avec Cole et... Cammalleri! Sitôt séparé de ces deux-là, Desharnais sombrait corps et biens, malgré les attentions de Martin:


Sous Randy, ce gouffre disparaît. Si au total les choses restent peu glorieuses, on n'est pas tant en présence d'un effondrement que d'un joueur qui, vaille que vaille, tente de survivre dans des conditions hostiles.

À considérer ces différents éléments, je ne vois pas comment Desharnais peut être envisagé comme autre chose qu'une solution de rechange, en attendant mieux. Sa véritable place est sur un trio offensif, c'est-à-dire un trio que l'entraîneur s'attache à gaver de mises en jeu en zone offensive et à peupler de joueurs talentueux.

À savoir s'il est le centre à mettre entre Pacioretty et Cole, deux ailiers qui excellent non seulement en zone offensive, mais aussi dans l'art de remonter le courant, je ne le crois pas. Je comprends ce qui a mené Martin à se les attacher comme premier trio, mais au bout du compte, je pense que les succès de l'équipe passent par la séparation de cette unité. J'entends préciser la chose dès le prochain billet, qui sera un exercice similaire centré sur Plekanec.

jeudi 5 juillet 2012

Les pieds nickelés

Bergevin, après avoir fait le tour des agents libres, a décidé de faire de la place aux jeunes plutôt que de donner des gros contrats aux joueurs autonomes de premier plan.

Si l'idée est de donner la chance aux jeunes de faire leur place, je suppose qu'on doit comprendre ça dans une perspective à long terme et que ça explique que les joueurs mis sous contrat sont tous, sans exception, des joueurs de la LNH. Mais ce sont aussi tous, sans exception, des joueurs qu'on peut aisément tasser sur la 4e ligne pour faire de la place à un jeune loup. Soit. Ce sont aussi des "guerriers", durs à leur corps, capables de se battre, etc.. Vous connaissez la chanson.

Observons un instant, en reprenant les tableaux utilisés il y a peu pour décrire les principaux agents libres disponibles, ce qui constitue aujourd'hui le fond d'alignement du Canadien.

Armstrong et Prust


  • Armstrong est tombé dans un trou noir quelque part à Toronto. À lire les chiffres, il était un authentique ailier de minutes dures à Atlanta, prenant sa large part de mises en zone défensive, contre les meilleurs, mais contribuant quand même à générer beaucoup de tirs au but. Petit détail: selon behindthenet.ca, ses coéquipiers les plus fréquents étaient Evander Kane en 09-10, Rich Peverley en 08-09 et... Sidney Crosby! en 07-08 (il a été échangé à Atlanta contre Marian Hossa). Armstrong, donc, a bénéficié de solides coéquipiers dans des tâches difficiles. Faudra voir, mais le gars est peut-être encore un très bon second pour des mangeurs de minutes dures. À Toronto, il a principalement joué avec des joueurs de fond d'alignements. Donc, outre les blessures, on a peut-être un passager sous la main. À 1 million, le risque est inexistant.
  • Prust a vu son rôle changer au cours des deux dernières saisons. Joueur de 4e trio au départ, Tortorella en a clairement fait un ailier de 3e trio défensif, comme en témoignent ses ratios de mises en zone offensive et ses indices de qualité des adversaires affrontés. Dans ces circonstances, en jouant essentiellement avec Boyle et Fedotenko, il s'est cantonné à un rôle défensif. Fait à noter, il se met alors à attirer plus de pénalités qu'il n'en prend, ce qui est bon signe. Un bon mangeur de claques, mais encore une fois un joueur de soutient, pas un meneur de jeu. Je ne sais pas pourquoi on persiste à le lister comme centre, le gars a dû prendre 12 mises en jeu au cours des 4 dernières saisons. Autre détail au sujet de Prust: il semble fort portable en désavantage numérique, ce qui en temps normal lui donnerait sa plus grande valeur. Vaut-il 2.5 millions pour 4 ans? Non, absolument pas. Surtout pour une équipe qui compte les Moen, White, Plekanec, Gionta et Eller dans ses rangs, tous d'excellents joueurs de désavantage numérique.
Moen et White

  • White présente un profil similaire à Prust, ce qui augmente d'autant ma perplexité face à la signature de l'autre. S'il donne 75% de ce que Prust donne à 25% du prix... Ben... White a été parfaitement brutalisé aux confrontations l'an dernier, en plus de se faire casser la face par Grudbanson en fin de saison. On peut se demander s'il n'y a pas en lui, quelque part, un équivalent en devenir de ce qu'est Moen.
  • Ce tableau nous indique la réelle qualité de Moen, soit un positionnement défensif impeccable qui lui vaut encore et encore la totale confiance de ses patrons. Si les 3 autres ont quelques saisons de 4e trio (7-8 minutes par match) sous la cravate, Moen lui a toujours ses minutes de top-9, et presque toujours des indices fort élevés de qualité des adversaires affrontés. De plus, Moen est versatile: il peut tenir le fort sur un gros trio et jouer aussi bien à droite qu'à gauche. Un vrai plombier de qualité. Je prends le temps d'indiquer ça parce qu'à mon sens, ni Prust ni Armstrong ne sont de son calibre et, en ce sens, j'ai des doutes sur ce que ça impose comme composition de fond d'alignement.
On pourrait croire à lire ce que je viens d'écrire que le feu est pris et que le club aura beaucoup de difficulté à vivre le fait que Bergevin ait choisi de laisser passer un an sur les contrats enclume le temps que la nouvelle convention soit signée et analysée. Le choix attentiste de Bergevin est le bon, selon moi. Son choix de plombier est plus douteux. Mais ça n'est pas aussi dramatique qu'on peut le croire de prime abord. Honnêtement, cet alignement est un joli test pour Therrien. Un beau rouleau de corde pour se pendre s'il fait le con, mais il a de quoi faire.

À suivre.

samedi 30 juin 2012

Les tontons flingueurs

Quelques bons francs tireurs vont tenter leur chance sur le marché des joueurs autonomes demain midi. Je me suis dit qu'il serait intéressant de les comparer à ce qu'on a déjà sous la main.

Commençons par nos trois ailiers de premier plan, Gionta, Pacioretty et Cole. Les données sortent de l'indispensable behindthenet.ca ; à droite du tableau, on retrouve le rang occupé par le joueur parmi ses coéquipiers jouant à l'avant et ayant participé à un minimum de 20 parties dans une saison donnée. Outre ces rangs, je vous invite à prendre note des colonnes Tirs/60 et %Tirs.




  • L'ascension météorique de Pacioretty saute ici aux yeux. Oui, ses rations de mises en zone offensive ont augmenté avec le temps ainsi que la qualité de ses coéquipiers, mais le fait est que  15 tirs à l'heure, c'est excellent. La classification de la qualité des adversaires affrontés cette dernière saison ne lui rend pas justice, selon moi. Martin l'a clairement protégé en début d'année puis, lorsque réunit à Cole et Desharnais, ce trio a pris des charges de plus en plus importantes et Pacioretty a mis un certain temps à s'y adapter. Mais il ne fait aucun doute dans mon esprit qu'il y a eu progression et qu'une exposition plus sérieuse aux adversaires coriaces ne lui nuira pas outre mesure.
  • Cole a eu, au cours de la saison, des séquences parfaitement torrides quant aux chances de marquer. Il faudra y revenir plus en détail, mais au total, on constate que s'il a connu une certaine résurgence comparativement aux saisons précédentes, le bénéfice semble en partie imputable au niveau de compétition plus faible rencontré cette saison. On ne doit pas s'attendre à beaucoup plus de lui (c'est déjà un excellent contributeur!) et une certaine régression peut être en vue. Reste qu'une chose ressort, par rapport à Pacioretty, qui renvoie aux différences de styles des deux joueurs. Cole aime couper au filet, passer sous le défenseur, alors que Pacioretty  affectionne plutôt les maraudages et les attaques du haut de l'enclave, d'où il peut pleinement utiliser son puissant tir. Résultat: 3 tirs de plus à l'heure pour Pacioretty, mais une distance moyenne inférieure de près de 7 pieds pour Cole! On voit que les pourcentages de réussite de Pacioretty ont longtemps été très bas avant d'atteindre le 9% la saison dernière. On ne doit pas attendre du 67 des taux de réussite de 10% chaque saison.
  • Gionta apparaît ici comme un véritable métronome, tant aux distances qu'aux taux de tirs générés à l'heure. Si son ratio de tirs a connu une baisse significative cette dernière saison, je l'attribue entièrement au fait que Martin a choisi de les enterrer, lui et Plekanec, en zone défensive contre les opposants les plus coriaces. Dans ces circonstances, qu'il soit encore à 13 tirs à l'heure est rassurant. Gio vieilli bien. S'il nous donne 70 matchs l'an prochain, c'est une grosse partie du puzzle qui se trouve résolue.
À ces 3 ailiers, on ajoutera peut-être un quatrième larron, qui sera appelé à combler le vide laissé par un certain Mike Cammalleri, vide que Kostitsyn a parfois été appelé à combler. Retour rapide, donc, sur Kostitsyn et Cammalleri, en ajoutant un 3e nom qui risque de circuler par moments, Latendresse.


  • Latendresse n'a que 3 saisons à son compte, puisqu'il n'a pas franchi le cap des 20 matchs au cours des deux dernières campagnes. Quand même, je note que son passage à Montréal et sa première saison au Minnesota l'ont vu augmenter sensiblement puis maintenir son ratio de tirs au but sans toutefois être terriblement protégé aux mises en jeu. En fait, on constate qu'il a été utilisé dans un rôle plutôt défensif en 2007-08 (42% de mises en zone offensive), puis dans un rôle plus neutre l'année suivante, sans pour autant aller voir du côté des minutes dures en matière d'opposition. En ce sens, la progression enregistrée aux tirs tentés est nette et un bon signe. Sans atteindre les ratios de Pacioretty et Gionta, ni non plus abaisser les distances au niveau de Cole, le gros Gui semblait quand même apte à contribuer offensivement. Sa dernière grosse saison l'a vu taper le jackpot aux taux de réussite, mais a aussi confirmé sa capacité à tenir son bout au temps de possession dans les minutes de top-9. Cette capacité de Latendresse à asseoir le jeu en zone offensive (notamment par son aptitude à dominer dans les coins) était un point saillant de son jeu, un élément mal compris par Martin et son équipe. Si Bergevin veut donner du poids au trio d'Eller ou Plekanec, le gros mérite certainement un essai.
  • Les stats consolidées ne sont pas flatteuses pour Cammalleri. Il semble, au final, avoir réchappé sa saison sur le taux de réussite des tirs, mais l'effondrement aux tirs tentés est bien réel. Cammalleri continuait, aux fêtes, à obtenir sa part de chances de marquer, et on peut soupçonner que la baisse de production aux tirs peut être imputable en partie à son passage au centre à Calgary. Quand même, signé à 6 millions par saison il y a 3 ans (alors que le plafond tournait autour de 60 millions), Cammalleri nous donne une bonne idée de ce que le CH aurait à débourser, en pourcentage du plafond, pour aller chercher un des gros marqueurs présentement sur le marché. Si son volume de tirs a toujours été robuste sans être exceptionnel, c'est son "finish" qui l'a souvent sauvé. De plus, sur 5 saisons, le gars ressemble plus à un joueur de 65 matchs qu'à autre chose.
  • Le gros Kostitsyn, vu sous cet angle, a un profil intéressant. Pas le plus gros producteur de tirs et, à ce titre, victime lui aussi d'un effondrement brutal cette saison. Rompu aux minutes dures depuis 3 ans, on voit qu'au mieux il y a tenu son bout au temps de possession, sans plus. Pas un meneur de jeu, mais un utile tâcheron de top-6, quoi. Je suis très curieux de voir où il aboutira.
Ça nous laisse donc 3 ailiers à considérer. Rick Nash, disponible par la voie des échanges, Alex Semin et Zach Parisé par la voie des agents libres. Est-ce qu'un de ces joueurs est susceptible d'intéresser le CH à commettre 10-11% de son plafond salarial?



  • Corey S. de nhlnumbers.com a souligné que les Blue Jackets étaient, en 2009-10 et 11-12, une équipe lamentable en possession de rondelle, mais fort honorable au cours des trois autres saisons. Rabattu aux mises et à la qualité des adversaires affrontés en 09-10, Nash a vu son taux horaire de tirs tentés tomber au niveau d'un bon ailier de top-9, tout en restant parmi les meilleurs de son club au temps de possession. Outre cette saison-là, on peut voir qu'il continue à afficher une production de tirs robuste, franchement supérieure à ce qu'on attend d'un ailier offensif ordinaire. Graissé aux mises en 10-11 (57% de départs offensifs), il a même touché le 16 tirs à l'heure. Nash n'est peut-être pas Ovechkin (qui lui-même n'est plus Ovechkin, mais passons) et il est certainement payé très cher, mais il appartient indubitablement aux grosses pointures de la ligue. Toute équipe qui fait son acquisition tassera avec profit un des ailiers de son top-6 et de son avantage numérique pour lui faire une place et le CH ne fait pas exception. Reste à voir ce que Howson demande en retour. De plus, signé jusqu'à l'âge de 34 ans (il en a 28), il est durable et on peut attendre encore 3-4 bonnes saisons de sa part et la fin de son contrat ne devrait pas être trop pénible à regarder aller.
  • Parise est un cas intéressant. Ayant mené comme capitaine son équipe jusqu'à la finale, il est nimbé d'une certaine aura. De plus, tant aux points qu'aux microstats, ses 3 saisons précédant sa blessure au genou étaient splendides: favorisé ou non aux mises en jeu, il a produit des tirs au but en quantité industrielle (plus que Pacioretty!). Sa production a lourdement chuté l'an dernier, mais il a aussi coupé la distance moyenne de ses tentatives, approchant le score de Cole. Appelé à jouer contre les meilleurs, il traîne continuellement parmi les meilleurs de son club au temps de possession. De plus, contrairement à Semin et Nash, Parise joue en désavantage numérique. Bref, un joueur complet, qui s'il n'est probablement plus le joueur dominant d'avant sa blessure, reste un authentique leveur de fonte capable de contribuer dans les 3 zones, dans les 3 situations. À 8 millions, ce serait un prix énorme à payer, mais vu d'ici, on parle de l'ailier parfait pour accompagner Plekanec. Alors si ce n'est que de l'argent...
  • Semin n'a pas la versatilité de Parise, ni la durabilité de Nash et Parise, mais en matière de volume de tirs et de capacité à maintenir le temps de possession dans des rôles offensifs, on voit quand même la trace du marqueur de haut niveau. Gavé de mises en zone offensive, il est capable de tenir des volumes remarquables. La dernière saison l'a vu connaître une basse marquée de ce même volume de tir, alors prudence. Mais quand même, on parle ici d'un joueur dont l'actuelle trajectoire se compare très favorablement à celle d'un Cammalleri. Sachant qu'il peut jouer à l'aile gauche (on l'avait muté à droite pour jouer avec un certain #8), je suis curieux de voir combien il obtiendra. Qu'on aime ou non sa réputation, Semin est un talent rare dans la LNH.

vendredi 29 juin 2012

La veille de Noël

Je ne pense pas que le CH sera très actif sur le marché des joueurs autonomes. Non seulement l'alignement actuel est-il presque complet, mais en plus, l'équipe est en "reconstruction" et de nombreux espoirs vont faire leurs classes cet hiver à Hamilton. C'est donc bien l'an prochain, me semble-t-il, que Bergevin aura une idée plus claire de ses besoins et des moyens dont il dispose pour les combler.

J'ajouterais que le marché de cet été risque d'être passablement difficile. Voici, tirée de CapGeek, la liste des équipes avec les montants engagés à ce jour.


20 des 30 clubs sont sous l'actuel plancher salarial, qui tourne autour de 55 millions. Bien des clubs, donc, doivent dépenser. 7 clubs doivent engager en moyenne plus de 2 millions par joueur (avant d'atteindre la limite des 23 joueurs sur le grand club) pour atteindre les 55 millions...

Les Parise, Suter, Carle et autres Semin vont passer à la caisse. De plus, on peut s'attendre à des contrats à long terme.

Si on donne 1 million à Emelin, que des joueurs comme Diaz et St-Denis signent leur offre qualificative, si on signe Price à 6,5 millions comme l'indique MacKenzie et Subban autour de 5 millions par saison, le club est relativement complet.

Avec 8 défenseurs signés, la question est de savoir si Bergevin souhaite essayer Emelin comme quatrième défenseur. Diaz, St-Denis, Khaberle et Weber donnent pas mal de choix à Therrien côté personnel pour la 3e paire. Je pourrais comprendre que Bergevin décide de signer un défenseur pour pousser Emelin en 3e duo, mais autrement, un quelconque vétéran de 3e paire me semble un pur gaspillage.

Reste l'attaque. À mon sens, Bergevin n'a pas besoin de bouger très fort. Le marché n'est pas à son avantage et les attentes au sujet du club sont franchement basses. Aussi bien en profiter, non? Son pire ennemi reste malgré tout le marché Montréalais, qui canalise et impose par le truchement du monde médiatique, une représentation parfaitement absurde de son club de hockey. La Sainte Trinité Desharnais/Cole/Pacioretty à ne jamais séparer, Gomez dans la ligue américaine pour libérer de l'espace sous le plafond, Nokelainen qui gagne des mises en jeu, Ryan White qui se bat tout le temps parce qu'il a du courage... Ma vraie crainte au sujet de Therrien réside dans le fait qu'il vient du monde médiatique montréalais et est par conséquent susceptible d'en appliquer les recettes les plus épaisses.

Pour moi, il tombe sous le sens que Desharnais est probablement plus à sa place à l'aile qu'au centre, que Gomez est encore  parfaitement capable de jouer au centre d'un troisième trio et que Pacioretty et Plekanec, les deux meilleurs attaquants du club, doivent jouer ensemble. Vu de mon perchoir, donc, les trous dans l'alignement sont les suivants:


Et encore, si Bergevin signe un gros ailier droit capable de compter 20 buts dans les minutes dures qu'on envoie porter la boîte à lunch de Pleks et Pacioretty, ça permet de réunir Gionta à Bourque et Gomez, ce qui donne un deuxième trio correct et permet à Eller, Cole et Desharnais de trucider les fonds d'alignement adverses. On parle d'un joueur de 3-4 millions, donc, pour avoir un top-9 versatile et complet. Et pendant ce temps, les petiots prennent du galon à Hamilton et profitent des blessures pour montrer ce qu'ils ont dans le ventre. Pas besoin de donner un contrat de 12 ans à Parise, là.

Cet alignement que je propose est certainement à des années-lumières de ce qui se trame au Centre Bell et c'est pourquoi j'ai bien hâte de voir Bergevin aller.

mercredi 6 juin 2012

La garde prétorienne

Vais être totalement honnête avec vous, gang. J'ai complètement déconnecté du hockey depuis la fin de la saison. À un moment donné, faut savoir prendre du recul et se refaire un zen avant d'y retourner. Concrètement, pour moi ça veut dire que j'ai l'intention de recommencer à publier régulièrement du stock après le premier juillet. Je n'écarte pas la possibilité de quelques petites rechutes d'ici là, mais on aura alors eu le repêchage, les premiers jours du marché des agents libres et la décision d'embaucher Therrien pour nous donner un premier vrai tableau de ce que Bergevin a en tête.

À lire à gauche et à droite, repiquant ainsi sans honte ni scrupules les idées d'autrui, il y a quand même déjà certains éléments qui me semblent ressortir. Détail déprimant: j'ai perdu toute capacité de synthèse, ce qui implique que j'exprime maintenant en 1500 ce qui en prenait autrefois 300. Mes excuses les plus plates.

  • Bergevin s'est entouré de vieux potes, ce qui fait sens d'un point de vue politique. Le Canadien est une vieille et puissante (je parle de cash, là) organisation, employant un grand nombre de personnes, autour de laquelle gravite encore plus de monde. Le CH est probablement une des plus imposantes organisations, numériquement parlant, de la LNH. Tiré dans cette fournaise, un DG se doit d'abord et avant tout de s'entourer d'une garde prétorienne. Je crois que c'est ce que Bergevin a fait en allant pêcher des gars comme Marchment et Dudley.
  • Franchement, ses vieux potes me semblent aussi être de la vieille école la plus absolue. Dudley est celui de qui on a le plus entendu parler et s'il est représentatif de l'approche de l'équipe Bergevin 1.0, Mike Blunden a de bonnes chances de faire le club l'an prochain. Plus précisément, l'approche de l'organisation me semble s'orienter vers une certaine représentation idéalisée du bon vieux hockey, du genre à se donner comme priorité de bâtir une équipe "grosse, robuste, rapide et talentueuse". Une équipe constituée de 20 clones d'Eric Lindros à 23 ans est effectivement hautement souhaitable, mais parfaitement irréalisable. En ce sens, le club me semble s'éloigner d'une perspective plus analytique, qui identifie une équipe en saison non pas à un parc de bovidés d'exposition, mais plutôt à un ensemble de processus à optimiser pour maximiser les chances d'atteinte des objectifs les plus élevés. Si elle semble bassement gestionnaire de par son vocabulaire, cette perspective se manifeste selon moi surtout par une réelle volonté d'identifier clairement les contingences pour ainsi les enlever du plan de travail, pour se consacrer à ce qui peut réellement améliorer l'équipe que l'on a présentement en main. Ce ne sont que des impressions et, comme je l'ai dit, ce dont le club semble s'éloigner présentement constitue selon moi une tendance mondiale et irréversible.
  • S'il me semble parfaitement concevable que Bergevin s'en éloigne par traditionalisme et surtout par choix politique (et l'accent sur la tradition *est* un choix politique) et si ce constat me chagrine, je crois aussi que le DG du CH va embarquer dans le train plus tôt que tard, ne serait-ce que par simple pression compétitive. Je garde par conséquent l'esprit ouvert et je ne m'attends pas à voir se révéler à moi, après les 3 premiers mois de son règne, la substantifique substance de sa conception de ce que doit être un club de hockey. Joueurs comme gestionnaires, je considère que les hommes de hockey réussissent tous de la même façon: lorsqu'ils arrivent à un nouveau niveau de compétition, ils tablent à plein sur ce qui les a amenés là, sur leurs forces. Puis, au fur et à mesure qu'ils prennent leurs marques, ils s'adaptent, se transforment et se développent. S'ils sont incompétents, ils ne réussissent tout simplement pas à se trouver une force sur laquelle miser, à franchir la première étape. C'est ce qui fut la perte de Cunneyworth: sans autorité sur son club, sans préparation, sans mandat, il ne faisait au bout du compte pas grand-chose, ne m'a jamais laissé l'impression d'établir quoi que ce soit qui lui soit propre au-delà d'un schéma de jeu de puissance désespérément inefficient. Ce qui me fait dire qu'il ne fera probablement pas carrière dans la LNH. Pour ce qui est de Bergevin, je crois que c'est après la date limite des transactions de la saison 2012-13 qu'on aura une vraie idée de ce qu'il sait faire. À ce niveau-là, les gestes publics sont si peu nombreux que ça prend le temps que ça prend avant d'avoir une idée de ce qui se passe.
  • Je pense que l'embauche de Therrien est, si on accepte mon raisonnement, parfaitement compréhensible et même habile. Therrien a de l'expérience et de nombreux contacts dans les médias francophones, ce qui devrait normalement constituer de réels atouts sur le plan des relations publiques. Mais si on garde à l'esprit la situation "politique" de Bergevin, je pense que ce côté "médiatique" n'est que la pointe de l'iceberg. Âgé aujourd'hui de 48 ans, Therrien a près de 500 matchs d'expérience dans la LNH, il connaît le tabac et saura donc prendre en main le club. Mais surtout, surtout, à 48 ans, alors qu'il devrait être au faîte de sa carrière, Therrien est désespéré. RDS, pour un ex-coach, ça n'est pas le purgatoire, c'est l'enfer: on n'en revient pas. Ce que Bergevin donne à Therrien, donc, c'est sa seule, unique et dernière chance de faire carrière comme coach dans la LNH. Si Gauthier s'est débarrassé de Martin, c'est (mon hypothèse, ok?) parce que ce dernier en menait large, très large et que le DG en avait assez de se faire asticoter (Gauthier n'est pas Gainey). Bergevin, lui, aura comme coach un garde prétorien puissamment motivé. Et contrairement à Gauthier avec Cunneyworth, Bergevin n'est pas dans une position où il se doit de téléguider son coach: ce dernier a de l'expérience et saura se démerder. C'est utile dans la gestion de tous les jours (surtout que le gars ne s'obstinera jamais trop fort) et c'est encore plus utile le jour ou tu dois le sacrer dehors. Bergevin a donc évité de refaire l'erreur de Gauthier. J'imagine peut-être des affaires, mais je pense que c'est habile.
  • Therrien, donc. Mathieu, commentateur émérite de ce blogue (il y a écrit presque autant que moi, ne nous leurrons pas), faisait le commentaire suivant sur Twitter: "Therrien is not only ineffective, he's also a bad fit: a disciplinarian indifferent to tactics for a hard-working but unstructured club.". Si je me fie au conservatisme initial de Bergevin, Therrien héritera donc d'une équipe qui est encore fondamentalement celle du tandem Martin/Gauthier. Le constat de Mathieu me semble recouper ce que j'ai lu ailleurs sur Therrien, en remontant jusqu'à Claude Julien qui, après avoir succédé à Therrien à la barre du Canadien, expliquait en substance que le problème du club était alors que s'il travaillait fort, il travaillait mal, prônant un jeu déstructuré où les joueurs couraient partout, dépensaient des tonnes d'énergies pour finalement pas grand-chose. Therrien, en ce sens, ressemblerait diablement à Cunneyworth. La grosse différence d'avec Cunneyworth, c'est que Bergevin aura, s'il y pense, le luxe de s'assurer de lui donner des adjoints qui le complètent; Therrien n'est surtout, surtout pas en mesure de faire un plat de la chose. C'est une fois ceux-ci nommés que l'on pourra commencer à se faire une idée de ce que Therrien va imprimer comme mouvement au club. Un bon tacticien dans son équipe serait un bon départ. Pas besoin d'avoir Jacques Lemaire comme assistant-entraîneur, là. Bien que ce dernier l'ait déjà fait pour Vigneault. Et que le CH aurait les moyens de le payer 5 fois le salaire de son coach. Et que Therrien serait juste trop content de voir ainsi boostée sa carrière jusque-là morte et enterrée. Bah, on jase, là...
  • Le traditionalisme et l'approche "old boys network" n'interdisent pas une réelle compétence, mais elles n'en mettent pas moins le club dans une position initiale qui ressemble à un début de porte-à-faux par rapport à la direction prise par le sport professionnel en général. Mais je pense qu'on surestime le dogmatisme de ce mode de pensée parce qu'on y a généralement accès par le truchement des médias traditionnels, souvent un terreau fertile pour bêtises de tout acabit. Les commentaires de Julien sur l'inefficacité du club sous Therrien étaient notamment en réponse à une théorie old-school qui circulait alors dans les médias: le club écrasait systématiquement en 3e période parce que composé de joueurs trop petits qui, parce que trop petits, se fatiguaient plus rapidement. L'insondable bêtise de la chose s'accompagnait d'une autre stupidité canonique: si Therrien s'est fait mettre à la porte du club en 2003, c'est parce qu'il "n'était pas l'homme de Gainey". Je soulignerai simplement que Gainey, archétype de l'ex-joueur old-school plogué dans le old-boys network devenu DG qui s'entoure de ses potes partout où il va (helloooo Carboooo!), Gainey, donc, s'était empressé de remplacer Therrien par un coach tout entier dévoué au jeu systématique et structuré.
Si tant est qu'on ne fasse pas l'erreur de donner deux gérants d'émotion qui laissent la tactique à Therrien, je ne suis pas trop inquiet. Alors voilà, reste à attendre la suite des choses.

mardi 24 avril 2012

Vigneault ne viendra pas à Montréal

L'élimination hâtive des Canucks était un de mes scénarios de rêve. Se faire sortir aussi rapidement, espérais-je, convaincrait certainement le DG des Canucks de congédier un excellent entraîneur?

Malheureusement, Mike Gillis est loin, très loin d'être un imbécile. L'article suivant soulève un point de sa conférence de presse montrant à quel point les Canucks, comme organisation, sont loin, très loin devant les fossiles comme Gauthier et Gainey.

http://canucksarmy.com/2012/4/24/gillis-hodgson-and-advanced-stats

lundi 9 avril 2012

Rendre service à son ennemi juré...

Qui sait vraiment ce que Patrick Roy a dans le ventre? Des gens qui suivent le junior de près pourraient peut-être nous en dire un peu plus sur son approche de la game, si tant est qu'ils sachent se tenir loin des clichés.

Mais il semble bien que si le CH va chercher Roy et que les Coyotes se ramènent à Québec, le Canadien pourrait bien par là rendre un fier service au nouveaux Nordiques. Si tant est, bien entendu, que le proprio garde l'actuel couple DG/Entraîneur en place et se contente de leur donner des cours de français (les gars ne sont pas imbéciles, sont parfaitement capables d'apprendre).

Je dis ça de même, après avoir lu un texte référé par Mathieu (commentateur et occasionnel collaborateur de ce blogue) au sujet de Dave Tippett. L'extrait suivant m'a frappé, le reste de l'article est ici pour ceux (et celles! doit ben y avoir quelques filles qui lisent ce blogue, non?) que ça intéresse:

"Yet Tippett's rating system and treasure trove of data has helped close the competitive gap. It makes him look at hockey players differently. When he's watching tape or scouting opponents on television, he does so with the sound muted, so he's not exposed to conventional hockey wisdom."Sometimes, when I watch games at home (as a fan), I'll chuckle at some of the things being said about the players," he said."
En gros, le peu que Tippett révèle de son système ressemble à ce que Christopher Boucher fait, soit une recension des différents événements survenus pendant un match permettant d'évaluer où se déroule le jeu. La philosophie sous-jacente, démontrée par l'exemple des deux défenseurs, repose sur l'idée que les apparences sont parfois trompeuses.

Combien de journalistes ont chanté les louanges, encore et encore, de Komisarek parce qu'il bloquait une tonne de tirs? Badigeonné de la même pommade, Gorges a souligné que c'était la marque d'un joueur qui passe beaucoup, peut-être trop de temps dans sa zone, un fait qu'il considérait comme négatif.

Si on peut trouver un coach qui s'entend avec le #26 sur ce point...

dimanche 8 avril 2012

21222: Toronto 1 Montréal 4

Ça s'est relativement bien terminé, je suppose. En regardant retomber la poussière, on pourra à tout le moins se consoler de deux bonnes nouvelles.

vendredi 6 avril 2012

21206: Montréal 1 Caroline 2(F)

Je n'ai rien à dire.

Rien.

Scoring Chances for NHL Game Number 21206

TeamPeriodTimeNoteMTLOpponent
CAR119:38263051677276812192830595v5
MTL114:51672230516772766121928305v4
CAR18:162630457681815283036534v5
CAR16:25172225303760413253037535v5
MTL14:5345304557627981615283036535v5
MTL14:4781304557627981615283036535v5
MTL14:3472263051677276612192830595v5
MTL10:1951263051677276612192830595v5
MTL218:24672230516772795162530365v4
CAR217:07142627306271415253039535v5
MTL215:3057 but263045577681516303944535v5
MTL211:1725252630376076613272830375v5
CAR210:011426273076412192530594v5
CAR210:00but1426273076412192530594v5
CAR28:32252630516076415253036535v5
CAR27:45304557627981812193044595v5
MTL26:3072263051677276513273037445v5
MTL26:2951263051677276513273037445v5
CAR26:15305162677279612162830395v5
MTL26:0525252630376076413252730375v5
CAR25:021426273062412192530594v5
MTL23:43141426273076615283037534v5
CAR20:391722304557811219252830595v5
CAR20:07263051677276615283036535v5
CAR318:07141722273071515303644535v5
CAR313:581722304557811525303644535v5
CAR312:46263051677276612192830595v5
CAR310:581730457981412152530364v5
MTL39:24451430456279812192830594v5
CAR38:02223051627276516253037395v5
MTL35:1179173045577981616283037395v5
CAR33:48304557627981415253036535v5
CAR32:42143051677279561230365v4
MTL30:3426172627305179561630365v4
MTL30:221414305167727951625305v3
CAR30:081430516772795162530595v4
MTL44:2667305167727951625304v3
MTL43:092714172227304253036534v4
MTL43:082714172227304253036534v4


#PlayerEVPPSH
14T. PLEKANEC9:07226:21026:3023
17C. CAMPOLI15:13344:12103:4501
22T. KABERLE13:31255:49200:0000
25B. STAUBITZ7:00220:00000:0000
26J. GORGES18:45750:20106:5414
27R. BOURQUE9:40224:13106:2613
30P. BUDAJ42:09121311:304211:0225
37G. DUMONT6:07210:00000:0000
45M. BLUNDEN9:37440:02004:0012
51D. DESHARNAIS15:45465:42420:3600
57B. GEOFFRION10:08440:02000:0000
60A. PALUSHAJ7:18220:00000:0000
62F. ST-DENIS14:11250:08004:4511
67M. PACIORETTY14:01447:03320:0000
71L. LEBLANC8:17024:01000:0000
72E. COLE13:32457:15320:3600
76P. SUBBAN12:46754:24103:0513
79A. MARKOV10:50335:13323:3511
81L. ELLER11:04440:02003:5602


PeriodTotalsEVPP5v3 PPSH5v3 SH
1534210000100
2795610001300
3481512101100
4302010000000
Totals1920121342102500