mardi 23 novembre 2010

Gomez III

On a cru que ce serait Price, son incapacité à soutenir la pression montréalaise; le grand beu est aujourd'hui parmi les meneurs au scrutin du match des étoiles. Au fil du camp, on s'est un peu attardé à Andrei Kostitsyn et à Pouliot. L'un a commencé la saison sur les chapeaux de roues, l'autre s'est trouvé une niche sur le troisième trio. Spacek a connu un départ difficile pour ensuite se replacer. Gionta aussi n'a presque pas marqué pour commencer, mais 8 points à ses 8 derniers matchs l'ont sorti du trouble (que le C sur son chandail contribuait certainement à retarder).

Premier de division, troisième de la conférence, quatrième de la ligue (7e aux pourcentages de points cumulés), le CH roule sur du billard depuis le début de la saison.

Il semble donc que l'heure soit venue de clouer Gomez au mur. Le fait est que le beau Scott n'est qu'égal à lui même; complet, mais pas trop, incapable d'acheter un but, excellent passeur et merveilleux pour monter la rondelle en zone adverse, cherchant toujours à se mettre en retrait pour donner la rondelle à ses ailiers.

Ce que j'avance ici est simple. Je le répète, Gomez est aujourd'hui égal à lui-même, sauf sur un point précis: il est colossalement malchanceux. Pareille malchance est acceptée pour un jeune comme Eller ("Ça va finir par rentrer!" disait, hier encore, Pierre Houde à RDS). Elle l'a aussi été pour Gionta, valeureux capitaine, petit joueur qui bataille devant le filet, le fils qu'on aurait aimé avoir, n'est-ce pas?

Gomez n'est pas un marqueur. Il est parfaitement jambon quand vient le temps de tirer au but, mais il ne prend pas beaucoup de tirs inutiles: à une distance moyenne de 30,4 pieds du filet adverse, il est, après Moen, Lapierre et Halpern, celui qui prend ses chances le plus près du filet adverse.

Mais il est d'abord et avant tout un passeur. Un passeur qui, l'an dernier, a obtenu un peu plus d'une passe et demie à l'heure jouée à 5 contre 5, suivant ainsi une moyenne habituelle pour lui au cours des dernières saisons. Gomez, depuis le début de la saison, a un grand total d'une passe à forces égales. Et encore, si je me fie au site de Gabriel Desjardins, il s'agit d'une deuxième passe. Ça va revenir. À moins, bien entendu, que Martin fasse une bêtise et coupe le temps de glace de Gomez.

Les chances, hier et aujourd'hui

Me posant des questions, suite à mon dernier billet, sur le lien entre les points recueillis par un joueur et le nombre de marquer obtenues par son équipe, j'ai décidé de fouiller un peu dans les données des chances de marquer que j'ai recueillies depuis l'an dernier. On y retrouve, je crois, d'intéressants constats sur la place de la chance dans la vie d'un joueur de hockey. Surtout lorsqu'on compare ça avec les données de la présente saison. Le fait est qu'à l'échelle d'une saison, les anomalies sont rabotées. À l'échelle d'un quart de saison?

Les données suivantes sont présentes dans les deux tableaux:

  • Chances+: Le nombre de chances de marquer obtenues par le Canadien à forces égales (4v4 et 5v5) lorsque le joueur était sur la glace.
  • TVF+: Somme des tirs au but, buts, tirs bloqués par l'adversaire et tirs manqués par le CH à forces égales lorsque le joueur était sur la glace.
  • Chances/TVF: Un ratio des chances de marquer sur le nombre de TVF. 30 chances de marquer sur 100 TVF = 30%.
  • Points: Le nombre de points obtenus par le joueur à forces égales.
  • Points/chances: Un ratio des points sur les chances de marquer. 40 points sur 400 chances? 10%.
  • Minutes: Le nombre de minutes jouées à forces égales.
  • Chances/60: Le nombre de chances à l'heure.
Voici d'abord les données pour la saison 2009-2010:


Je n'ai pas mis tout le monde. En fait, rendu à D'Agostini et ses 4 points à forces égales, je me suis dit qu'on avait une idée assez claire de ce qui se passe. Je n'ai mis les lignes doubles que pour aider à lire le tableau.

Pour peu que les joueurs aient eu du temps de glace, semble que le Chances/TVF tire du côté du talent. Si je peux mettre les mains sur les données d'autres équipes pour les chances, je serais curieux de voir si ça tient.

Outre Pyatt et D'Agostini, tout le monde va dans les 8% en montant pour ce qui est du rapport points/chances. Gardez ça en tête en regardant celui de la saison 2010-2011:


Le top-5 de l'équipe est assez clairement délimité par la colonne chances/60. Notez aussi la hausse généralisée du nombre de chances à l'heure. Au-delà des points au classement, le CH actuel s'est immensément amélioré et c'est très, très bon signe pour la suite des choses.

Gomez, Pyatt et Eller sont tout simplement suivis par un petit nuage noir pluvieux qui leur envoie des éclairs. À un moment donné, même si les gars ne sont pas reconnus pour avoir "du talent" ou être "des marqueurs", ils ont quand même fait la ligue. Ces trois-là sont malchanceux.

Mais au-delà de la chance, ce que Gomez et Eller contrôlent, ce sur quoi ils ont un impact plus direct (les chances) reste encourageant. Gomez a certainement baissé de régime depuis sa séparation de Gionta, mais Kostitsyn et Cammalleri ne sont pas des pieds de céleri, et Pouliot semble avoir monté une marche depuis le début de la saison.

1 commentaire:

Mathieu a dit…

Pleky et Gomez (qui ont fait la majorite de la saison derniere) s'enlignent vers des saisons de 400 chances+ au lieu de 300-335 -- une amelioration de 20 a 25%. O_O

Et les chances-? Je soupconne fort l'amelioration a ce chapitre d'etre a l'avenant, voire encore mieux.

C'est de la vraie amelioration ca. Je pensais bien qu'ils avaient "les
chevaux" pour faire bien mieux, mais je ne m'attendais jamais a un revirement de situation de ce genre.

Il s'est dit un paquet de choses sur Gomez. A ce stade-ci, il va falloir attendre qu'il sorte de son nuage noir pour convaincre qui que ce soit, j'en ai peur. Au point ou je m'attends qu'on dise qu'il est tellement poche qu'il irradie l'incompetence, laquelle affecte ses coequipiers. On n'est pas rendu la, mais ca s'en vient.

Reste que c'est quand meme encourageant de voir Martin refuser de parler de Gomez uniquement et d'insister sur le fait que le probleme en est un d'equipe. D'ailleurs, un bag skate a la suite d'une seule defaite par un petit but, chez une equipe qui est quand meme encore sur une cadence de 105 points, c'est bon signe. On est devenu exigeant pas a peu pres. Martin n'a pas du aimer les 40 dernieres minutes du Canadien.

Le bougre est en train de remonter dans mon estime, et pas qu'un peu. Je commence a me dire que oui, il connait le tabac, et l'an dernier n'etait qu'une aberration et/ou periode d'ajustement.

Pour revenir a Gomez, une chose qu'il a change -- il tire moins. Ca ne semble pas avoir reduit sa cadence de TVFs, ce qui implique que ce sont les autres joueurs sur la glace qui prennent les tirs. Considerant que Gomez est indubitablement nul pour le tir, c'est peut-etre pour le mieux.

Et Eller est *encore plus malchanceux* que lui. Tu as vu ses scores dans ton bilan de 20 parties. Ce kid-la va etre tres, tres bon. Et ce n'est pas une coincidence que le 4eme trio s'est fait planter justement un match ou il n'y etait pas...

Quant a Gionta, il s'est ecrit des choses bizarres sur lui dans le temps, comme "le C lui peserait-il trop"?