vendredi 26 février 2010

Pôvre Métro...

À force de lire à gauche et à droite, à force aussi de regarder des matchs de hockey, j'en suis venu à la conclusion que, hormis les habiletés d'un joueur, deux choses influencent son niveau de performances sur la glace: la qualité des adversaires et la position de départ de ses chiffres. Un grand joueur, Crosby mettons, peut partir toute la soirée durant sur des mises en jeu dans sa zone contre les meilleurs adversaires, il va trouver le moyen de se démerder. Pas besoin d'être Crosby d'ailleurs, Plekanec l'a fait de façon admirable depuis le début de l'année. La crème, pour faire simple, finit toujours par remonter à la surface, les bons joueurs finissent toujours par en donner pour leur argent à leur équipe.

Là où ça se complique, c'est avec les joueurs qui ne sont pas, comment dirais-je, « excellents ». Disons des joueurs qui ne sont pas du matériel à top6/top4. Ces joueurs-là ne sont souvent pas tant mauvais qu'inégaux; leurs aptitudes dans certaines facettes du jeu les ont menés à la LNH, leur capacité à ne pas trop se faire torpiller sur leurs faiblesses leur permet de se maintenir. Les commentateurs aiment à parler, pour les décrire, de joueurs de « profondeur ».

Je pars de ces considérations pour amener quelques éléments à un des débats les plus intéressants à se tenir au sujet du Canadien de cette saison: l'équipe présente-t-elle de si exécrables performances à 5 contre 5 parce que le groupe de joueurs assemblé par Gainey (et Gauthier) est globalement trop médiocre, exposé par les nombreuses blessures aux meilleurs joueurs? Où est-ce parce que l'entraîneur, fort de 1000 matchs d'expérience et d'un contrat négocié par Marcel Aubut, n'est pas pour autant foutu d'implanter un système de jeu digne de ce nom?

Je n'ai pas de réponses à ces questions. Mais si j'ai, dans mon précédent billet, choisi de montrer comment les tirs concédés et tentés, les buts marqués par et contre l'équipe varient énormément selon que l'équipe est à domicile ou non, c'est qu’on trouve là la base de quelques observations intéressantes. En gros, le CH est passablement respectable à domicile, abominable à l'étranger. Quoiqu'elle ait un nouveau noyau de joueurs et un nouveau coach, l'équipe n'en est pas moins franchement inférieure à forces égales à l'édition 2008-09.

Parce qu'il n'a pas, à l'étranger, autant contrôle sur les adversaires qu'affronte tel ou tel joueur, Martin s'appuie beaucoup, beaucoup plus lourdement sur ses bons joueurs pour se sortir de la zone défensive. En ce sens, je ne crois pas qu'il agisse différemment des autres entraîneurs de la LNH. N'empêche, le portrait est assez simple: plus un joueur est bon, plus il se retrouve dans le trou au niveau de la position de départ.

Dernier détail: le tableau présente, pour le temps passé par un joueur donné sur la glace, le total des Tirs vers le filet (TVF) par et contre le CH, le total des mises en jeu (MenJ), le différentiel des TVF pour et contre le CH (TVF +/-), la différence
des MenJ prises en zone offensive et défensive (MJO-D). À droite, on retrouve la différence des TVF+/- et MJO-D entre les matchs à domicile et l'étranger.



La grande inconnue est pour moi la variation de la qualité des adversaires affrontés à domicile et à l'étranger. N'empêche, on peut constater que certains joueurs ont eu à supporter une surcharge particulièrement importante: Plekanec, Cammalleri et Kostitsyn ont été généreusement enterrés par le coach et on ne doit pas s'en surprendre. La réputation de Joe col roulé n'est plus à faire et AKost ne s'est pas trop mal débrouillé à ce chapitre au cours des dernières années. Je n'ai pas les "splits" par mois, mais je soupçonne que Cammalleri voit ses chiffres particulièrement torpillés par le mois de décembre. Quand même, ceux qui se demandent pourquoi le #13 ne produit pas beaucoup à l'étranger ont peut-être ici un début d'explication.

Les chutes de production de Gionta et Gomez sont intrigantes; pas aussi prononcées aux TVF que Pleks et cie, malgré une diminution similaire des mises en jeu. Peut-être Martin devrait-il s'appuyer un peu plus lourdement sur eux? Peut-être que ce n'est juste pas possible. Faut bien marquer des buts, un moment donné...

Les deux derniers centres font franchement pitié. Faudra regarder à la fin de l'année a quel point Lapierre est victime de l'effet Laraque. Sur la glace pour un total de 200 TVF, le gros George a terminé -68! C'est pourri solide, ça! Sinon, Lapierre ne semble pas encore avoir trouvé le moyen de générer du temps de possession. C'est un peu dommage, parce que Métro, lui, semble bel et bien fini: Martin a manifestement décidé de lui donner l'essentiel des mises en jeu en zone offensives enlevées à Gomez et Pleks à l'étranger et le résultat est parfaitement catastrophique.

La liste des défenseurs nous montre enfin à quel point Martin s'est fié à son top 3 et à quel point la protection de Bergeron est passée par le sacrifice de Spacek. Outre le vieux Jaro, c'est Gorges qui retiens mon attention. Celui-là a, au quart du prix et en étant globalement plus efficace, tout simplement pris la place de Komisarek. Juste ça.

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