vendredi 26 février 2010

Dominic Moore

On peut penser qu'au début de la saison, l'état-major du Canadien a donné à Metropolit et Lapierre leur poste respectif en espérant que le premier soit encore capable de remplir un rôle qu'au pire on espérait voir le second capable de remplir. Centre défensif, troisième centre, name it.

Semble que ça ne soit pas arrivé. Arrives donc Dominic Moore, jouant ici pour son septième club depuis la fin du lock-out. Il a fait ses classes dans l'universitaire américain, puis 14 et 19 buts dans la ligue américaine, après quoi sa carrière décolle. Le type semble savoir comment prendre une mise en jeu et semble produire un minimum à 5 contre 5 lorsqu'il est jumelé à autre chose que des pieds de céleri. Ainsi, en 2009-10:

QualComp
TG/MJ +/-TVFPts/60TVFrel/60TVFrelCo%MJZoff
Lapierre11,47-0,06-0,010,91-12,5-8,847,50%
Métro11,56-0,060,021,181,3-1,1642,10%
Moore12,410,0030,641,452,9-2,442,10%


Moore, historiquement, serait donc apte à nager dans le profond (prendre beaucoup de mises en jeu en zone défensive) sans pour autant être aidé par son entraîneur. Les deux mesures de qualité des adversaires élaborées par Gabriel Desjardins (basées sur les +/- des adversaires ou encore sur leurs capacités à tirer au filet) nous indiquent que Moore a joué cette saison contre les bons éléments de l'adversaire sans pour autant se faire complètement enterré.

J'ai, dans mon dernier billet, signalé qu'à l'étranger Jacques Martin s'appuie encore plus lourdement qu'à domicile sur ses joueurs offensifs pour les situations défensives. Vu l'utilisation faite de Gomez et Plekanec, ce n'est pas peu dire. Mon hypothèse est qu'il procède ainsi parce qu'il craint que l'entraîneur adverse use du dernier changement pour coincer les Metropolit et Lapierre avec ses meilleurs éléments. Je considère que c'est là un comportement commun aux entraîneurs de la LNH. Cela me donne donc une façon de voir qui, des joueurs d'une équipe donnée, jouit de la confiance de son entraîneur. Voici un tableau reproduisant les données utilisées dans mon dernier billet, mais cette fois-ci pour les joueurs de centre des Panthers.

Un détail pour commencer: la position d'un joueur est établie par un script qui va, pour une partie donnée, consulter l'alignement officiel d'une équipe pour un match donné. Ainsi, Nathan Horton était au cours des 10 premiers matchs identifié comme joueur de centre et depuis comme ailier droit. Dominic Moore lui a toujours été identifié comme centre et est un des 5 joueurs ayant à cette position été sur la glace pour plus de 1000 tirs tentés à forces égales. Sachant que les Panthers sont -104 à domicile et -117 à l'étranger pour ce qui est du différentiel de mises en jeu offensives/défensives (sont pire que le CH, pas des farces...), ce qui ne laisse pas grand place pour cacher les pochetrons. Voici donc comment ça s'est passé en Floride:

NomTVFMenJTVF+/-MenJZo-ZdDiff Dom/Étranger
TVFMenJ
STEPHEN WEISS1759548-11-48-272
STEVEN REINPRECHT1535431-239-45-191-29
GREGORY CAMPBELL1174358-182-60-36-6
DOMINIC MOORE1138367-88-59-1813
KAMIL KREPS1073416-213-783110
SHAWN MATTHIAS528119-623-61
NATHAN HORTON2918413-4-232
MICHAEL FROLIK24678-40-4-32-16


Reinpreich et Frolik sont les joueurs de confiance, ce qui tombe sous le sens. Moore, à vue de nez, est un de ceux que l'entraîneur des Panthers a cherché à protéger depuis le début de la saison. On peut donc comprendre que les Panthers l'ont employé dans un rôle similaire à celui de Metropolit, soit de 3e centre pseudo-défensif: capable de prendre des tâches défensives, mais pas contre les meilleurs éléments adverses, donc pas mal moins utile à l'étranger. La différence entre lui et Metropolit, c'est que les mains plus favorables que lui donnait son entraîneur sur les glaces adverses semblent lui avoir permis de maintenir le niveau de performances affichées à domicile, alors que Métro, malgré une protection manifeste, coule à pic sur les glaces étrangères (et n'est déjà pas très fort à domicile). Est-ce que ça valait un deuxième choix?

2 commentaires:

Sch a dit…

Ce qui me turlupine surtout est de constater que bien que 2011 est supposément un mauvais draft, Leopold valait lui aussi un choix de deuxième. Surtout que Leopold gagne un salaire tout à fait acceptable (2 millions).

Olivier a dit…

Faut croire que le CH a décidé qu'il n'y aurait pas grand 3è centres disponibles d'ici la date limite.

Par ailleurs, les Panthers vont avoir pas mal de marge de manoeuvre sous le plafond cet été et n'ont pas beaucoup de mauvais contrat sur leur liste de paye. Si les proprio décident de dépenser, ça pourrait donner quelque chose d'intéressant.

Mais bon, ça n'arrivera pas.